* Un scène involontairement jubilatoire est quand la belle entreprend l'éducation politique du voyou qui jusque là s'en foutait royalement. Ce qui donne un dialogue avec des arguments du plus haut comique : "Cipriani, on l'a tué, comme on tue tous ceux qui sont dangereux pour le système. Comme on a tué Mattei, Kennedy, Trotsky, Che Guevara..." (Si ! Tous flingués par la loge P2 ! Le saviez-vous ?)
vendredi 27 octobre 2023
Cinoche d'antan : complotisme et Morricone chez Sollima
vendredi 8 juillet 2022
Quand Souchon s'essayait à l'anglais
Et puisqu'on a causé aux plus nostalgiques, peut-être les plus jeunes ne savent pas que le même gars commit quelques morceaux aux paroles honorables, là encore loin du grand dadais, dont ce Poulailler's song de 1978 (en face B de Allô Maman bobo, on sent le label qui ne voulait pas trop se risquer, tout de même) capté dans on ne sait quel concert en on ne sait quelle année et qui reste horriblement actuel.
mardi 31 mai 2022
Rayon vieilleries : Noël de sang et de larmes
mardi 22 juin 2021
Billie Joe et Marie-Jeanne, mais de quoi que ça cause ?
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| Bobbie Gentry sur le Tallahatchie Bridge (Miss.) | I |
jeudi 22 octobre 2020
Archives du scopitone (9) Les Escrocs
Tandis que couvre-feu s'étend sur le territoire, on se réfugie lâchement dans le passé et une certaine insouciance
Un faux scopitone à la mode rétro qui nous vient tout droit de 1994.
Mobs et bistrots, java et cuirs, marques aujourd'hui disparues, c'était l’œuvre des Escrocs dans La mobylette.
jeudi 3 septembre 2020
Vetty, l'amour à St Étienne
Exhumons un phénomène étrange aujourd'hui oubliée.
Normalement, quand on a une voix pareille, on fait dans la chanson pour gamin. Mais non, Yvette Levis, alias Vetty, (née à Lyon en 1941) rêva de brûler les planches dans la grande tradition de la chanson populaire rigolote et quelque peu absurde.
Elle débuta en Suisse, à la Chaux-de-Fond en 1961 puis fut remarquée dans un jeu télévisée animé par Guy Lux et Bruno Coquatrix, y gagnant trois semaines d'ouverture pour Gilbert Bécaud à l'Olympia. Puis, elle fut embarquée dans la tournée de Claude François.
En 1969, elle enregistra son unique disque, un EP 4 titres (Riviera 231328) dont le plus connu est ce Johnny, si tu viens à Saint-Étienne (la lyonnaise est parfois moqueuse) ode à l'amour écrite par Jacques Martin.
Sa voix, disons particulière, la fit ensuite bosser dans une série télévisée pour enfants avant de jouer une pièce de Vavclav Havel au Théâtre National de Strasbourg. Entre 1975 elle tourna avec Maurice Fanon et Jacques Mailhot.
Et puis, on n'entendit plus parler d'elle.
La loufoquerie d'une certaine époque...
Ici en janvier 1966
vendredi 27 décembre 2019
Du côté des chômeurs
Pendant qu'une crapuleuse réforme des retraites a mis le pays en grève, nos ignobles gouvernants ont passé en douce une autre réforme, celle du chômage, qui a des effets pour le moins drastiques.
Derrière ces "aménagements", comme disent ces faux-culs, (avoir travaillé 6 mois sur les 24 derniers au lieu de 4 sur 28, avoir au moins 910 heures pour des droits rechargeables, salaire journalier prenant en compte les jours non travaillés, ce qui fait une belle baisse aux intérimaires, 30% de dégressivité après 6 mois d'allocations) il est clair qu'il s'agit d'envoyer le travailleur au turbin à n'importe quel prix (pour lui) et condition.
Ce n'est pas encore fait, ce sera pour début avril.
Le chômage ayant été chanté, surtout depuis 1929, Les Vanneaux de Passage du mois de janvier ausculteront la culture de l'inemploi et des licenciements le lundi 6 janvier à 17h30 sur le 92.2 fm de Canal Sud.
À propos de discours dominant de faux-culs, la Chanson du DRH d'Arnaud Cathrine et Florent Marchet issu de leur spectacle Frère animal.
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| Rennes, 2012 |
mercredi 26 juin 2019
We the people / Delphine, la reprise inattendue
Encore une reprise complètement improbable.
We the people (En toute simplicité) fut un groupe garage à tendance psychédélique basé à Orlando (Floride). Le nom vient du fait que ses membres provenaient de différents combos, the Coachmen, the Trademarks, the Nation rocking shadows, the Offbeats et avaient décidé de former une sorte de super-groupe de luxe. Actifs de 1966 à 1970, ils ne connurent de leur vivant qu'un succès d'estime malgré le fait que leur chanson Mirror of Your Mind soit devenue un tube local le temps d'une saison.
Réapparus dans les compilations des années 1980, ils sont depuis repris par plusieurs groupes de revival garage.
Mais la chanson qui retient notre attention aujourd'hui est In the past (1966).
Comme on l'entend, We the People avait une arme sensée leur assurer la conquête des radios : un instrument fabriqué par le grand-père d'un de leurs proches. Baptisée «Octachord», cette curiosité, entre sitar et mandoline, produisait ce son accompagnant magnifiquement la vague psychédélique de 1966.
Par quels chemins tortueux, Delphine Bury, nom de scène Delphine, chanteuse originaire de Charleroi se retrouva-t-elle à adapter cette chanson en 1967 pour son troisième 45 tour quatre titres sorti par Decca en France et en Belgique ? Nul ne sait.
On constatera que des petits malins s'étaient procuré les bandes du groupe de Floride et avaient juste collé la voix de la jeunette par dessus.
Ce qui donne La fermeture éclair, chanson un chouïa moraliste destinée à mettre en garde les jeunes filles contre les appétits libidineux des ogres masculins.
Après tout vu l'état de la contraception à l'époque...
On s'en doute, Delphine ne connaîtra pas le succès.
Même en sortant un autre 45 tour qui reprenait Les prisons de sa majesté de sa collègue Clothilde, notoire déjantée dont on vous avait causé à l'époque.
On ne sait ce qu'elle est devenue depuis.
samedi 25 mai 2019
Valérie Lagrange
Son amitié avec Pierre Barouh et Francis Lai lui a fait essayer la chanson pour un album assez original en son temps : Moitié-ange, moitié-bête.
Outre un duo avec son compagnon, le comédien Jean-Pierre Kalfon et une reprise de Mouloudji "La chanson de Tessa", on y trouve son premier tube : "La guérilla" écrit pour elle par Gainsbourg
Puis elle enchaîne quelques films et joue quelques concerts avec son futur mari Ian Jelfs, plutôt folk, puis glissant vers un reggae un peu punk sur les bords à partir de 1977.
Au début des années 1980, elle a un succès retentissant : Faut plus me la faire. Chanson devenue disque d'or, qui constitue une tentative de Pat Benatar à la française, le solo de guitare étant assuré par Steve Hillage, ex-membre de Gong et futur producteur de Rachid Taha.
Puis, elle tourne avec un groupe de luxe : The Ruts DC, anciennement The Ruts, un des groupes post punk les plus doués de son temps temps, brutalement stoppé par la stupide mort par overdose de son talentueux chanteur, Malcolm Owen.
En ouverture de l'album "Chez moi", enregistré en Angleterre par Mick Glossop, Showbiz :
Elle fera quatre albums dans les années 80 avant d'être lourdée par sa maison de disque et se consacrer à l'humanitaire et à son compagnon gravement malade. Elle a fait un retour, en 2003, sous le patronage de Benjamin Biolay.
ps : on aimerait comprendre pourquoi cet humble site est bloqué par la mairie toulousaine et donc inaccessible dans les bibliothèques. Sa seigneurie, mètre-étalon de la médiocrité, se serait-elle sentie insultée ou désobligée ? Z'ont que ça à foutre les veilleurs municipaux ?
lundi 22 avril 2019
Louis Chédid lucide
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| Étienne Léandri, ci-devant collabo devenu exécuteur des basses œuvres de la Cinquième |
Si possible sans avoir l'air d'y toucher.
Abordant un monde de truands en col blanc, ou du moins à façade respectable, il écrivit donc ce Chat noir, qu'il a enregistré en Juin 2010 avec son fiston.
Du crime vécu comme une start-up.
lundi 1 avril 2019
Faux, plagiats, détournements, confusion, les Vanneaux d'avril
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| Jean Gabin dans l'Imposteur de Duvivier (1944). Dans ce mélo patriotique, la voix de Gabin est celle de Robert Dalban, officiellement pour cause d'engagement dans les FFL. |
El Vez Go, Zapata, go !
Régis Barly Faux beatnik
Foster Jenkins La reine de la nuit
El compa sacra Falsos amigos
Georgius Monsieur Bébert
Thomas Jensen Les faux-monayeurs
Zangalewa Waka, waka
The Kinickebokers Lies
Plastic Bertrand Ça plane pour moi
Milli Vanilli Girl you know it's true
Andrew Loog Oldham The last time
K-rime Menottés
Henri Salvador Mama goteu goteu
Castelhemis L'armée
Julio Sosa Cambalache
Ragga sonic Mythos
Monique Leroux-Bray L'hymne à l'amour
Mouse & the Traps Public execution
Si vous y tenez, vous pouvez, écouter ou télécharger en cliquant là.
Vu qu'on l'a raté à l'antenne, voici Les flics arrivent de Guy Peterman, un heureux détournement de Surfin' Hootenany de Al Casey.
dimanche 25 novembre 2018
Le camarade Eddy conspue le capitalisme aliénant
Péremptoire, un fanzine de ma jeunesse proclamait, en son éditorial, Nous ne serons pas les Eddy Mitchell de notre génération !
Même s'il est vrai qu'on préférera toujours plutôt être Louise, Monsieur Eddy a finalement fait une carrière discographique et cinématographique plutôt moins pire que bien d'autres.
Au moins et contrairement à beaucoup de ses semblables, notre Schmoll de Ménilmontant sut pratiquer une chanson gentiment contestataire bien AVANT mai 68, se dotant ainsi d'une image de crooner et rocker sceptique pessimiste capable de rallier des blousons noirs de la Porte de Montreuil comme des cadres en plein malaise, comme on disait à l'époque.
Prenez sa chanson "sociale" par excellence, Société anonyme de 1966 (avec ici une apparition de Lulu) :
Monsieur John Warsen, du blog Je suis une tombe, nous fait remarquer que le gars avait auparavant commis une adaptation du No particular place to go d'un Chuck Berry qui, s'il n'avait cure du prix de l'essence, galérait avec sa ceinture de sécurité.
Cette reprise l'ayant rendu lyrique (John, pas Eddy), on se fait une joie de citer la fin de son article :
Chuck meets Guy-Ernest ? Sérieux ? Dont acte :
vendredi 21 septembre 2018
On a chanté Bonnot (2) deux versions
Ces hommes prennent des risques désespérés et quand ils sont pris, ils ne se trahissent pas les uns les autres car leur scénario ne les y appelle pas. C’est une idée qu’ils ont d’eux-mêmes.
Bonnot était cerné. Tant de monde pour tuer un seul homme. Derrière les forces de l'ordre se pressait une rangée de badauds retenus par les gendarmes. Il y avait des femmes et des enfants parmi eux. Ils étaient venus là comme des chacals pour le regarder mourir.
On recommande ce bouquin ainsi que tous ceux écrits par ce charmant et plus tout jeune écossais. C'est tout pour aujourd'hui.
jeudi 14 décembre 2017
Stella et ses deux vies
Stella Zelcer est née en 1950 à Paris. Elle a enregistré son premier disque à 13 ans.
En tout, elle en a commis une quinzaine, entre maxis et LP entre 1963 et 1968. Un de ses album est même sorti aux USA.
Ses 44 chansons ont été enregistrées et écrites son jeune oncle Maurice Chorenslup, sur le cas duquel on reviendra à l'occasion.
Donnant un peu d'air frais décalé dans la niaiserie "yé-yé" de l'époque, elle parvient à placer quelques titres dans les hit parades.
Mais, dixit elle-même, cette vie facile et superficielle de chanteuse à succès n'était pas conforme à celle de musicienne qu'elle imaginait. Elle met donc volontairement un terme à sa carrière solo en 1968 (comme par hasard). Elle a alors 17 ans.
En 1969, elle rencontre puis unit sa destinée à celle de Christian VANDER, leader provocateur et ambigu du groupe MAGMA en cours de formation. Stella ZELCER est devenue Stella VANDER et œuvre dans l'ombre du groupe en s'occupant notamment... des éclairages avant d'en devenir choriste permanente en 1972. Dès lors, il y aura toujours des chœurs féminins dans MAGMA.
lundi 11 décembre 2017
Quand Nicoletta s'essayait à... du Screamin' Jay !
Même censuré en radio, le titre lui assure une belle renommée à l'étranger. Il sera ensuite repris par Nina Simone, Creedence Clearwater Revival, The Animals, Them, Buddy Guy, Brian Ferry, Natacha Atlas, Joe Cocker, Nick Cave, Marilyn Manson, Iggy Pop, etc, etc...
Ce qui donne à penser que le lascar savait parfaitement faire swinguer les droits d'auteur.
Mais une des reprises les plus inattendues est peut-être cette adaptation en français, chantée par Nicole Grisoni, alias Nicoletta, en 1967. En ces années, la dame s'essayait au blues et au gospel et ce grand séducteur de Guy Marchand lui avait mitonné ce Ça devait arriver qui n'a pas dû gonfler démesurément le portefeuille de notre Hawkins farceur.
On ne peut que déplorer de n'avoir pas eu la même jouée par le furieux Hector, digne variante locale du gueulard originel.
Pour se remettre de l'orgue, notre Sreamin' Jay au grand écran : cette séquence est tirée de Rage in Harlem, médiocre adaptation de la Reine des pommes du divin Chester Himes.
mardi 5 décembre 2017
En décembre, la bosse du commerce
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| Commerce équitable 1941 |
Hier soir, nous vous avons donc refourgué à vil prix
Job Lagadec T'as plein d'argent, t'es commerçant
Boris Vian Le petit commerce
Christine Sèvres Dans les grands magasins
Jean Ferrat Prisunic
Adrienne Pauly La fille du Prisunic
Les Matchboxxx Fauché comme toi
Gilbert Bécaud L'orange du marchand
Juliette Les petits métiers
Les Voleurs de poules L'épicier
Bourvil Les crayons
Jacques Pills Marché rose
Georgius Monsieur Bébert
Expression D Dealer pour survivre
Énigme
Java La boulangère
La Bolduc Oui, on en a des légumes
Danialou Sagbohan Commerce triangulaire
Jacques Debronckart Le klepto
On peut donc charger, écouter jusqu'à plus soif à cette adresse.
Le temps d'écoute sera autant de consacré à ne pas acheter quoi que ce soit.
Et on s'excuse auprès de Mme Bolduc qui vient bien de Gaspésie et pas d'ailleurs. Émotion, quand tu nous tiens !
En sus (merci François), le groupe Odeurs en rajoute sur les grandes surfaces. Et ça a plus de trente ans. Comme la musique l'indique.
mardi 25 juillet 2017
Schmoll adapte Creedence, Leadbelly et se plante
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| Vie quotidienne au pénitencier d'Angola |
À l'origine une chanson folk, country-blues du début du XXème siècle populaire chez les prisonniers du Sud des États-Unis, coutumiers du "chain gang" (groupe de forçats condamnés au travail forcé attachés entre eux).
Sa première occurrence apparaît imprimée en 1905, le premier enregistrement connu est de Dave "Pistol Pete" Cutrell, cow-boy chantant, en 1926.
Comme c'est généralement le cas pour les chants du peuple, les paroles varient au gré des interprètes.
Car, c'est bien le bluesman Leadbelly ("ventre de plomb") qui va non seulement donner ses lettres de noblesse à Midnight special mais proposer une explication du titre aux Lomax, venus enregistrer au pénitencier d'Angola. Enterré en cet enfer pour avoir défouraillé dans une rixe de bar, Leadbelly affirme que le Midnight Special est le train de Houston, plus ou moins mythique, qui doit emmener les bagnards loin de ce trou à moustiques paludiques. D'ailleurs si un gars l'entend passer à minuit, il sortira immanquablement dans l'année.
Le bluesman utilisera sa séance d'enregistrement avec les musicologues pour demander sa grâce au gouverneur. Par ailleurs John et Alan Lomax l'ont abusivement crédité de cette chanson. Suite à cette séance, de 1933, la complainte deviendra populaire chez les bluesmen (Big Bill Bronzy, Otis Rush, Sonny Terry, etc.), folkeux (Pete Seeger, Les Paul, Bob Dylan, etc.) et rockers (Little Richard, Van Morrison, the Beatles, Eric Clapton, etc.). Sans oublier les variantes zydeco ou calypso du début des années 1960.
Une des versions les plus populaires est certainement celle du groupe californien Creedence Clearwater Revival sur l'album Willy and the poor boys (1969) Démonstration :
L'anecdote étant narrée, il ne reste plus qu'à passer à ce qu'il faut bien nommer le très réussi ratage de notre crooner et cinéphile de Belleville, Monsieur Eddy, Schmoll national, qui en fit un gospel mou et erratique sur son disque de 1977 "La dernière séance".
Rien qu'à cause de l'émission éponyme, il te sera beaucoup pardonné, Claude. Et on a parfois bien du mérite...
dimanche 16 juillet 2017
L'autre Nobel en chansons
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| L'auteur en jeune homme (merci à Rimbaud) |
On a tout d'abord bien rigolé lorsqu'on a appris que le Prix (avec un grand P comme dans la respectueuse) avait été attribué à un zigue qui a toujours détesté s'exprimer en public, victime d'une timidité maladive, bafouillant dès qu'on le regarde qui se voyait donc obligé d'y aller de son petit discours devant le gratin de l'académie suédoise.
Voyez-donc, en illustration, ce brillant extrait d'Apostrophes (1985) dans lequel la cuistre malpolie de service coupe notre nobelisable plutôt embarrassé.
On ne va pas ici vous résumer la carrière du type aux 29 romans et aux 8 scénarios (dont Lacombe Lucien de Louis Malle) plus quelques pièces de théâtre, il y a d'excellents sites pour ça. Ni revenir sur son lourd passé familial à l'heure où il est du dernier chic, au sein de la république des lettres, d'avoir eu des parents collabos. Quoiqu'un paternel comme celui-là, on comprend que ça vous fournisse le prétexte à une demi-douzaine de bouquins.
Comme de bien entendu, on va plutôt s'arrêter sur l'auteur de chansons.
En 1967, il en écrit une vingtaine mises en musique et interprétées par Hugues de Courson, futur Malicorne. La reconnaissance de l'écrivain donnera à une maison de disque (Ballon noir) l'idée d'en ressortir certaines sur l'album Fonds de tiroir en 1979. Bide incontestable.
Toutefois, en 1968, certains morceaux, à l'accent quelque peu Gainsbouriens, avaient connu un beau succès chantés par François Hardy (Étonnez-moi, Benoît), Régine (L'aspire à cœur) ou Myriam Anissimov (À tout petits petons).
En 1993, le groupe Casse-pipe reprendra deux chansons du couple Modiano / De Courson, sur son premier album Chansons noires Tome 1. Parmi elles, La coco des enfants sages, ici en version originale tirée de l'album méconnu. Pour l'anecdote, les chœurs sont pris en charge par les filles d'Hugues de Courson Anaïs et Leïto.
Remettons-en une couche avec le duo Radiomatic (Pascal Parisot et Fredda) reprenant le classique de Françoise Hardy en twist énergique.
dimanche 18 juin 2017
Mort Shuman et Bakounine
De 1958 à 1965, ce petit gars de Brooklin fait équipe avec l'ex chanteur, bluesman et parolier Doc Pomus pour pondre une bonne centaine de chansons aux Drifters, Ray Charles, Elvis Presley, Janis Joplin, Ben E KIng, the Coasters, etc.
Et puis, le bonhomme s'étant lié d'amitié avec Brel et Eddy Mitchell, il s'installera en Europe pour la suite que l'on sait.
Un beau fleuron de la production des forçats de la partition par des Animals tardifs.
En musardant sur le ouèbe (ouais, y'en qui ont du temps à perdre) on tombe parfois sur des élucubrations* étonnantes.
Nous reproduisons partiellement cet article de Jean-Christophe Angaut sur le site des Ateliers de Création Libertaire : Bakounine et le Lac Majeur.
Une amie m’a récemment transmis une question : il semblerait que la chanson Le Lac Majeur, interprétée par Mort Shuman, contienne une allusion à Bakounine, mais celle-ci est peu évidente… Sur le moment, cela m’a un peu surpris, sans doute parce que je n’avais qu’un souvenir très lointain de ce qui était pour moi un morceau de variété sentimentale des années 1970, ensuite parce que, réécoutant la chanson, l’allusion, en effet, n’apparaît pas d’une manière flagrante. Alors je me suis un peu documenté et j’ai d’abord découvert que la chanson avait été écrite par Étienne Roda-Gil, ce qui est un début de piste.
| Roda-Gil |
Fils d’anarchistes espagnols, il fut militant libertaire dans sa jeunesse, avant de devenir le célèbre parolier que l’on sait. Il écrivit d’ailleurs l’une des chansons les plus connues de ces dernières décennies, en hommage à l’insurrection makhnoviste d’Ukraine lors de la guerre civile de 1918-1921, la fameuse Makhnovtchina (composée sur un air qui servit de chant aussi bien pour les armées blanches que pour les bolcheviques), titre présent sur la compilation éditée par Jacques Le Glou en 1974, Pour en finir avec le travail.
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| Perron et Bakounine à Bâle (1869) |
Dans un livre en anglais sur Mort Shuman sur lequel je suis tombé en faisant ma petite enquête (Graham Vickers, Pomus & Shuman: Hitmakers Together and Apart) on trouve l’éclairage suivant, qui viendrait de Mort Shuman lui-même : “Assurément, on ne pouvait attendre de personne qu’il remontât au germe initial de l’inspiration de la chanson de Roda-Gil qui, selon Mort, était une anecdote à propos de Bakounine, qui vola toutes les recettes collectées pour un congrès de parti à Moscou et emmena sa femme au bord du Lac Majeur où il fit tirer un grand feu d’artifice en son honneur, ce qui suggéra à Roda-Gil l’image de la neige tombant sur l’eau”. Le récit attribué à Mort Shuman contient bien des inexactitudes qui en compromettent la crédibilité : il n’y a jamais eu de congrès de parti, encore moins à Moscou, pour lequel des fonds auraient été levés et que Bakounine aurait détournés - et ce dernier n’eut pas besoin d’emmener sa femme à un endroit où ils vivaient ensemble depuis cinq ans. Néanmoins l’histoire possède un fond de réalité, et il n’est pas impossible que l’interprète ait brodé à partir des quelques informations transmises par son parolier.
| Carlo Cafiero |
L’anecdote du feu d’artifice est véridique : Bakounine en fit tirer un par son ami Celso Cerrutti, en l’honneur de sa femme de retour d’Italie. L’anecdote est rapportée par James Guillaume dans L’Internationale. Voici ce qu’écrit Bakounine à propos de cette soirée du 13 juillet : « Lundi 13. Arrivée d’Antonie, que Ross, parti hier dimanche, a rencontrée à Milan, avec toute sa famille, papa et les enfants. Arrivés à onze heures et demie. Enchantés. Soir illumination et feu d’artifice, arrangés par Cerrutti. Le soir, tard survient Carlo Cafiero. » L’anecdote n’en serait qu’une de plus sur la vie de Bakounine si elle ne prenait place sur la toile du fond du désastre de la Baronata et des relations de Bakounine avec Cafiero, qui se détériorèrent précisément durant ces quelques jours de juillet 1874 - sans que l’on sache si l’épisode du feu d’artifice, dont on imagine qu’il s’agissait d’un divertissement coûteux, a pu jouer son rôle dans le sentiment qui semble avoir grandi chez Cafiero que l’argent qu’il destinait à la lutte révolutionnaire se trouvait bien mal employé en étant investi dans la Baronata (on est libre d’imaginer, par exemple, qu’il goûta assez peu le feu d’artifice, au moment où il arrivait à la Baronata avec de l’argent, des armes et de la dynamite pour une insurrection à venir).
| Insurrection de Bologne, 1874 |
* 1593 "Ouvrage exécuté à force de veilles et de travail" (première des deux définitions du petit Robert)
jeudi 15 juin 2017
Une scie espagnole tentée en français
Le 45 tour, Porque te vas ? que la jeune Ana Torrent s'envoie de manière obsessionnelle avait été écrit par José Luis Perales et chanté par Jeanette (Jeanette Dimech, de son vrai nom) réalisant ainsi un splendide bide.
Et le film en fera LA chanson de l'été 1976.
À tel point que je soupçonne bon nombre de ceux qui s'en souviennent d'avoir bêtement rêvé la résurrection de l'infâme BPS (Brigade politico-sociale) afin qu'elle saisisse tous les disques et mette fin à cette rengaine.
Mais trêve de mauvais esprit.
Née en 1951 d'une mère canarienne et d'un père belgo-maltais, Jeanette avait entamé une modeste carrière de chanteuse folk itinérante avant de se fixer en territoire ibérique et connaître quelques succès mineurs. Et puis ce faux reggae lancinant, digne des grandes heures de l'Eurovision, et le film qui s'ensuivit, lui assurèrent une gloire qu'elle ne connaîtra plus jamais après.
Comme le show-biz est d'une gloutonnerie sans pareille, Jeanette a aussi interprété une traduction en français de la chanson, pour les besoins de la version française du film sous le titre Pourquoi tu vis ? (rien à voir avec les paroles espagnoles, donc).
Toutefois c'est la version originale qui sera assez vite utilisée pour les diffusions en cinéma ou à la télévision.
On tente tout de même le coup en français, y'a pas de raison qu'on ait été les seuls à avoir été gavés à l'époque.
Pendant ce temps les groupes "d'ici" reprenaient résolument la version espagnole.
Un exemple honorable, les Chihuahua, menés par Napo Romero. Les lignes défilant sur cette VHS authentifient la date d'enregistrement : 1991.
Il doit exister, par ailleurs, plus d'une quarantaine de reprises qui vont des punks argentins d'Attaque 77 à l'insupportable Arielle Dombasle.
On vous laisse creuser pour exhumer vos préférées.









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