mardi 31 décembre 2019

This is England (ciné club de réveillon)


Pour la fin de l'année, un petite fantaisie cinématographique.
Blousons noirs et bottes de cuir : Tunnel of love est un court-métrage complètement kitch de Robert Milton Wallace (1997). Ou les tribulations énamourées d'un rocker en Norton dans le Londres des années d'avant.
La musique est de Joe Strummer et Pablo Cook (qui officiaient dans ces mêmes eaux chez Kaurismäki dans I hired a contract killer) ce qui ne gâche pas notre plaisir.


Et les Revillos (ou Rezillos, ça dépend de l'année) groupe d'écossais déconneurs d'Édimbourg menés par Fay Fife et Jo Callis, en play-back dans Motorbike beat.



Allez, on vous la souhaite bien plus honorable que la précédente.
Marcel, remets-moi le p'tit Minervois !

vendredi 27 décembre 2019

Du côté des chômeurs


Pendant qu'une crapuleuse réforme des retraites a mis le pays en grève, nos ignobles gouvernants ont passé en douce une autre réforme, celle du chômage, qui a des effets pour le moins drastiques. 
Derrière ces "aménagements", comme disent ces faux-culs, (avoir travaillé 6 mois sur les 24 derniers au lieu de 4 sur 28, avoir au moins 910 heures pour des droits rechargeables, salaire journalier prenant en compte les jours non travaillés, ce qui fait une belle baisse aux intérimaires, 30% de dégressivité après 6 mois d'allocations) il est clair qu'il s'agit d'envoyer le travailleur au turbin à n'importe quel prix (pour lui) et condition.
Ce n'est pas encore fait, ce sera pour début avril.
Le chômage ayant été chanté, surtout depuis 1929, Les Vanneaux de Passage du mois de janvier ausculteront la culture de l'inemploi et des licenciements le lundi 6 janvier à 17h30 sur le 92.2 fm de Canal Sud.

À propos de discours dominant de faux-culs, la Chanson du DRH d'Arnaud Cathrine et Florent Marchet issu de leur spectacle Frère animal.


Rennes, 2012

lundi 23 décembre 2019

Vidalie : on a chanté les affreux

Vidalie par Doisneau (1960)
C’est pour moi l’auteur le plus important que j’ai eu la joie d’interpréter  
(Serge Reggiani)

En ces jours de bons sentiments, retrouvons un prolifique auteur que fut Albert Vidalie (1913-1971). Pour mémoire, ce dilettante grand connaisseur d'argot et pilier de bistrot émérite, écrivit une dizaine de romans, une demi-douzaine de pièces et une douzaine de scénarios pour le cinéma ou la télévision, on l'a déjà abordé.
Auteur de chansons, il fut surtout reconnu pour Les loups sont entrés dans Paris  (1967) qui, outre devenir LE succès de Reggiani, connut une grosse popularité en mai 68. 
Amoureux des marginaux et des faits-divers croustillants, il reprit à son compte la tradition des complaintes criminelles (allez donc écouter son chef d’œuvre qu'est La complainte du Bon Pasteur) en y brossant une galerie humaine digne des grands romans du XIXème. 
S'appropriant le tragique du soldat déchu des refrains post-napoléoniens, il n'hésita pas à mettre en scène un mercenaire dans Les Affreux  (musique de son complice Louis Bessières) ici par Reggiani en 1968 à Bobino


Plus immonde personnage, il donna à  Germaine Montero La complainte de Sir Jack l'éventreur (1958) ici accompagnée par l'ensemble de Philippe Gérard.

jeudi 19 décembre 2019

Toujours en grève : un hommage aux Groovies

Les Neurotics à leur début
Adoncques, la récente disparition de Roy Loney nous remit en tête les trépidants Flamin Groovies de Frisco, groupe qui fut tout autant inspiré par les Rolling stones à ses débuts que par les Beatles pour la suite.
L'amour du mersey beat magnifié par les quatre de Liverpool se fit particulièrement sentir après le départ de Loney du groupe, lorsque Cyril Jordan reprit plus ou moins la barre.
Malgré un côté plus suave, les Groovies sortirent quelques titres plus qu'honorables. En est témoin ce Shake some action de 1976.


Par là-dessus, une grève persistante mais pas encore générale nous remit à l'esprit un hommage en forme de parodie teigneuse.
Comme leur nom l'indique, les Newton Neurotics sont issus de Harlow (Essex) une de ces villes (déjà plus si) nouvelles reconstruites sur les ruines laissées par le Blitz des années quarante, à deux pas de l'autoroute M 11 Londres / Cambridge.
Que faire quand on est punk, qu'on s'emmerde dans un bled pourri et que Thatcher vient d'accéder au pouvoir pour mener à bien une autre vague de ravages ?
Steve Drewett, Colin Dredd (mort en 2015) et Simon Lomond n'hésitèrent pas : ayant autant assimilé les Clash que les Ramones, de 1979 à 1988, ils se répandirent en malédictions contre les Tories et leur politique, invitant à leurs concerts des poètes qui déclamaient entre deux titres ou une section de cuivre lorsque le cachet le permettait.
Une de leur spécialité était reprendre une chanson connue pour en actualiser les paroles.
On retrouve les Groovies sur leur live de 1987, Kickstarting a backfire nation, judicieusement transformé en Take strike action (foutez-vous en grève) qui reste finalement pas mal d'actualité.



lundi 16 décembre 2019

Chers disparus



Comme on a pu le constater cette semaine, la faucheuse ne se met jamais en grève.
Tout a été dit, en mieux au sujet d'Anna Karina, on vous passe donc les "égéries de la nouvelle vague" et autres "fraîcheur libertaire" (si, on l'a entendu !) pour un duo de 1967 avec le grand manipulateur de jeunes filles à la voix toujours à la limite du juste




Et la veille, disparaissait le feu follet de San Francisco. À 73 ans, Roy Loney, cofondateur des légendaires Flamin Groovies en 1965 avec Tim Lynch, Ron Greco et Cyril Jordan a lâché la rampe. 
Non seulement ces gars ont maintenu vive la flamme d'un rock 'n roll joyeux et primitif au milieu de la grande décadence post hippie mais le Roy avait derrière lui une carrière tout à fait honorable suite à son départ du groupe (qui, à notre avis, ne s'en est pas relevé) en 1972. Particulièrement avec les Phantom Movers. 
Ici, avec les Groovies (Lp Flamingo, 1970) dans Headin' for the Texas border

  

Et en 1978 dans Love is a spider




dimanche 15 décembre 2019

La bataille d'Euskalduna


Il est des grèves dont le souvenir hante encore les mémoires quarante ans après. Ailleurs, on a transformé des mines en musée ou des sidérurgistes en Schtroumpfs de parc d'attraction. À Bilbao il a fallu, pour évacuer ce conflit qui mit la ville à feu et à sang, détruire les chantiers navals Euskalduna pour édifier à leur place l'immonde musée Guggenheim  (14 euros l'entrée, on voit à qui ça s'adresse).
Après avoir laissé le personnel, dûment amnistiés, de la dictature franquiste en place, les socialistes espagnols vont parachever l'inclusion du pays dans l'Union européenne par un ensemble de restructurations industrielles.
Les chantiers navals du Nord (La Corogne, Gijón, Bilbao) doivent donc être sacrifiés. À Bilbao, en 1984, ce sont 19 000 travailleurs qui doivent être foutus à la rue, ravageant la capitale biscaïenne.

La colère des ouvriers sera à la mesure de la brutalité étatique et patronale.
Le pont de Deusto, qui traverse la ville devient un fortin des insurgés et les derniers mois de 1984, verront Bilbao en état de siège.
Le 24 novembre, la police tire à balle réelle, tuant un gréviste, des dizaines de flics quittent l'affrontement sur des brancards.
En décembre, une grève générale est déclarée d'abord en Biscaye, puis dans toute l'Espagne.
Étudiants, lycéens, autonomes, ouvriers voisins se joignent aux combats et Bilbao vit désormais sous un nuage de gaz lacrymogène.
Les troubles vont durer jusqu'en 1988, à tel point qu'on évoquera la première, puis la deuxième, puis la troisième bataille d'Euskalduna.
En juin 1987, deux trains seront carrément enflammés sur les voies ferrés de l'agglomération.
Pour calmer les ardeurs des Basques, dès juin 1985, Garde civile et police nationale sont remplacées par la Hertzantza, police autonome basque avec un résultat sensiblement ressemblant.
L'attitude crapuleuse de potentats politiques locaux signant des accords qu'ils savent pertinemment ne pouvoir honorer ne sera pas pour rien dans la fureur des prolos.
Après des années de combat, l'intersyndicale (ELA-STV, UGT, CCOO) signe un accord signant la mort des chantiers en juin 1988.
Une fois de plus, il ne s'agissait pas de défendre l'outil de production mais sa communauté ouvrière.
Une affiche du syndicat basque d'extrême gauche LAB résumait parfaitement cette situation : on y voyait un ouvrier, les bras croisés devant les chantiers en flamme avec cette interrogation: Zer gehiago egin dezaket ? (qu'est ce que je pouvais faire d'autre ?)

En 1985, Hertzainak chante cette résistance par la chanson Eutsi gogor ! (Résiste ferme) sur leur deuxième 33 tour.
Feu et fumée sur le pont de Deusto,
boulons contre balles en caoutchouc (...)
Le sac qui hier
contenait un sandwich
est aujourd'hui plus lourd (...)
Fous le feu, reconvertis-toi,
Fous-leur le feu, reconvertis-les !
Bleus de chauffe, casques et foulards...


 

L'année suivante, Kortatu appelait à incendier les rues. A la calle...


Et une BD du génial Ivà

mercredi 11 décembre 2019

Lo sentimos, estamos en huelga

Quand prolo énervé, prolo bloquer route.
Service minimum entre deux marches aussi éléphantesques que trop policées.
Ce coup-là, on grève en castillan.
A la huelga est un vieux classique syndicaliste du Chilien Rolando Alarcón. Il est ici tropicalisé par les Équatoriens de Cumbia proleta qui lui donnent une deuxième jeunesse.




Au Mexique, toute usine, commerce ou autre boite en grève se signale par des drapeaux rouges et noirs. Lorsque la façade de l'entreprise en question n'est pas entièrement repeinte par les travailleurs concernés.
Banderita roja y negra de José Molina leur rend un hommage. C'était dans son dernier album De Chiapas con amor (1995)


dimanche 8 décembre 2019

Singing in the strike

Piquet de grève (Australie, 1973)
Il nous est parfois arrivé de chanter dans les manifestations cet étrange slogan "Ils ont raison, bien qu'ils soient trotskystes" manière de se moquer gentiment du groupuscule de devant qui avait, à l'occasion, quelques intéressantes.
Puisqu'on semble s'installer dans la grève, ressortons ici deux "groupes" britanniques à tendance trotskystes .
Les éphémères Redskins de York (1982-1986) groupe de soul et rock monté par Chris Dean, Nick King et Martin Hugues pour propager la bonne parole auprès de la classe ouvrière (deux membres étaient carrément permanents du Socialist Worker Party). Ils eurent le bon goût de se séparer avant d'avoir à faire de déchirants choix de carrière.
Et puisque il semble que "Oui, on peut le faire!", leur It can be done (1986) avec une image VHS garantie pourrie.



Et ce trublion de Billy Bragg, autre ménestrel gauchiste adaptant un chant de grève américain de Florence Reece (écrite lors de la grève des mineurs de Harlan County, 1931) au conflit de 1985 qui fut et reste un haut fait et une terrible défaite des prolos britanniques. Which side are you on ? (T'es de quel bord, ta ?).

jeudi 5 décembre 2019

Belle journée en perspective

Banalité de base : le problème n'est pas le 5 mais bien le 6 et le 7 ainsi que le 9, etc.



Tract récolté sur le très recommandable site Lisez véloce :

Les foies jaunes
Le père Ubu de la C.G.T et le bureaucrate-en-chef de Force Ouvrière se dégonflent déjà. Ces bons syndicalistes ont l’audace d’annoncer, quelques jours avant la grande grève du 5 décembre, qu’ils sont prêts à tout annuler au moindre geste du gouvernement. Beaux joueurs, Martinez et Veyrier ne tentent pas le plus petit bluff. Ils n’essaient même pas de se donner un air d’intransigeance pour peser sur les négociations. On les voit à plat ventre avant les premiers coups. Ce très mauvais poker est incompréhensible pour ceux qui s’imaginent encore qu’ils veulent gagner la partie.
Si les syndicats vont à la bataille, c’est uniquement poussés par la base, elle-même chauffée par le courage des Gilets Jaunes. C’est une concession faite pour tenter de reprendre la main sur le conflit social, qui s’est manifesté pendant une année entière hors de leur orbite — ce qui est en soi une humiliation. Les foies jaunes n’ont qu’une seule peur : que la majorité des travailleurs suive le mauvais exemple d’une contestation incontrôlée qui prenne acte de leur anéantissement.
Une fois que les centrales syndicales estimeront avoir retrouvé leur assise, à grand renfort de grèves et de manifestations symboliques, elles feront tout pour empêcher la victoire du mouvement. Les bureaucrates préfèrent cent fois un échec de la contestation à une réussite qui leur échappe. Or, on a vu avec les Gilets Jaunes qu’il faut un conflit violent et hors de contrôle pour obtenir la moindre concession du gouvernement Macron, voire le seul ralentissement de ses destructions. Il n’y aura de réussite que si elle échappe aux syndicats. Ils espèrent donc échouer.
Voilà pourquoi, depuis le début, les bureaucrates sont effrayés par l’enthousiasme que la grève suscite. Voilà pourquoi ils ont fait le choix de ce fameux 5 décembre, quinze jours avant les vacances de Noël, pour être certains que le mouvement soit coupé dans son élan et se réduise à un tour de manège. Voilà comment s’expliquent leurs déclarations conciliantes avant même le début du conflit. Le sabotage a déjà commencé : ils veulent faire de la lutte un enfant mort-né.
Il faut donner vie à leur cauchemar. Ce n’est pas encore la fièvre révolutionnaire, mais tout le monde sent que la température monte. Si l’autonomie des Gilets Jaunes rencontrait la grève, elle deviendrait sauvage.

lundi 2 décembre 2019

Les Vanneaux sectaires

Tous les chemins mènent au Mandarom


Entre cinglés, escrocs, paranoïaques et apocalyptiques gourous, les Vanneaux ont voyagé dans un monde de croyances messianiques.
De la religion vécue comme une start-up.

Church universal and triumphant      Invocation for judgement and destruction of rock'n roll
René Binamé                                      L'opium du peuple
La Secte Phonetik                              Bienvenue dans la secte
Manson Family                                   Always is all forever
Charles Manson                                 Look at your game, girl
Lake Ayers                                          About the cult
Claude Marti                                      Montsegur
Trust                                                   Les sectes
Claude Celler                                      Sacrée sale gueule
Jim Jones Choir                                   Welcome
SOS Family                                         Je t'en prie Cathy
Les Enfants de Dieu                           Redeviens un bébé
L. Ron Hubbard                                 Thank you for listening
La Polla Records                                La secta
Papa Legba                                        Haitian meditation music
Tim Maia                                            O camino do bem
The Plateros                                       Lord of all
Israel Vibration                                  Same song
Shok Asahara                                    Lord's death county song        

La plaisante liste de ces divers illuminés peut s'entendre à c'te bonne vieille adresse.

Fermons le ban sur le triste sort et les affres d'un sataniste repenti, le Requiem pour un démon d'OTH.

 

Et ce pauvre George Harrison en plein Hare Krishna, en 1970, dans Mais oui venez my sweet lord, vous asseoir à ma table (pour une fois qu'on vous met un tube...)




dimanche 1 décembre 2019

Du Wagner et des Clash

Dieu que la guerre est jolie
Il arrive souvent qu'une réplique particulièrement pertinente ou bien sentie passe de l'écran à la rue. Il arrive aussi, mais plus rarement, qu'elle inspire une chanson.
C'est le cas de la sentence d'anthologie proférée par Robert Duvall en colonel "I like the smell of napalm in the morning" Kilgore du septième de cavalerie dans Apocalypse now de Francis Ford Coppola (1979).
Si à l'époque de sa sortie le public et la presse francophone retinrent surtout l'attaque au son de la Chevauchée des Walkiries ( "chaque fois que j'écoute Wagner j'ai envie de rayer un village de la carte" aurait pu commenter un autre réalisateur) la sortie de cet amoureux du surf qui programme son attaque sur l'horaire des marées ponctuée par un Charlie don't surf !* définitif devint une expression populaire chez les anglo-saxons.
Une séquence (raccourcie) du glorieux cabotin. 

 

Et sa reprise par The Clash dans leur disque mal aimé Sandinista ! (1980). Une chanson qui tient finalement bien la distance ne serait-que par ses paroles prémonitoires et le chant de Mick Jones.