dimanche 29 septembre 2019

Deuil national, mon oeil


Il faut une respectable dose de veulerie pour oublier de mentionner toute une partie de la vie et de l’œuvre de Jacqou le Croqueur, ci-devant souverain de France.
Quoi qu'il en soit nous, aux côtés des proches et parents des Kanaks assassinés à Ouvéa, des victimes du duo dynamique Pasqua / Pandraud et pas seulement Malik Oussekine, de celles des coups tordus dans divers pays d'Afrique, des proches d'un ministre noyé dans 20 cm d'eau, on en passe et des pires, ne nous associerons jamais à la célébration d'une personne qui ne fut jamais respectable, représentant tant la figure de la trahison que cette haïssable Cinquième qui n'en finit pas.
Puisqu'il semble qu'il faille de la nostalgie, la notre se résumera à ces bon vieux Parabellum. Les moins de 30 ans sont priés d'aller chercher la signification du mot "minitel" sur Wikipedia.

L'aut' matin j'me suis réveillé
Dans l'mond' d'la libre entreprise
Pour changer c'était la crise
La déprime pour toute prime
Dans le frigidaire
Plus qu'une boîte de Géant Vert !
J'fais appel à Saint Minitel
En tapant 36-15 Haine

D'un ton chiraquien
On m'a répondu "Soyez branché !
Cher collègue, pratiquez zazen !
Cher collègue pourquoi tant de haine ?




Afin de mieux illustrer l'ambiance putride et nationale, un 45 tour des Mumps de New-York en 1977 dont la face A s'intitule fort à propos Crocodile tears.


Puisqu'on en est là, annonçons que les Vanneaux de Passage d'octobre seront consacrés au Retour à l'envoyeur et autres réponses agacées.
Ce sera le lundi 6 à 17h30 sur les 92.2 de Radio Canal Sud.


jeudi 26 septembre 2019

D'après Alfred Jarry


 J'ai l'honneur de vous annoncer que pour enrichir le royaume je vais faire périr tous les Nobles et prendre leurs biens. (Ubu)

En écrivant son œuvre maîtresse, Ubu roi, en 1888, le génial Alfred Jarry aurait-il deviné qu'il anticipait ainsi les traits de caractère et la conduite à venir d'un nombre respectable de chefs d'état qui régneraient cent vingt ans plus tard ?
Ne tournons pas trop vite notre regard vers Manhattan, l'Oural, le Sertao, Tel-Aviv, la City ou la Cappadoce. Plus près de chez nous, certains qui ne veulent pas en avoir l'air empruntent bien des traits à ce tyranneau capricieux, réservoir autoritaire de tous les vices.

 Annonçant le Théâtre de l'absurde, chéri des dadaïstes, puis des surréalistes, le héros de cette pièce massacrant avec bonheur tant Macbeth qu' Oedipe aurait été inspiré au jeune Jarry par un professeur de physique de son lycée de Rennes.
Pièce scandaleuse devenue classique, elle comporte quelques moments chantés comme cette Chanson du décervelage, entonnée pour accompagner le massacre des Nobles de Pologne.   
Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols du Pince-Porc et de la Chambre-à-Sous, où on les décervellera.
La musique est de Charles Pourny, les paroles de l'auteur et cette interprétation est en charge du Chœur et Orchestre de cymbalum de Pataphysique.



Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervelle sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler,
Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !



On trouvera ici une suite de chansons inspirées de la pièce par Maurice Jarre et Rosy Varte. Merci à Rafael.

Évidemment, ce personnage haut en couleur inspira la chanson. La plus connue étant certainement celle du Batave de Haute Garonne, Dick Annegarn, originellement écrite sur son premier album Sacré géranium (1973).


Chanson plaisamment reprise par ce cher Arno sur l'album hommage au précédent Le grand dîner en 2006.

 

On ne saurait clore cette évocation sans citer un des groupes de rock les plus barrés d'une décennie qui pourtant n'en manqua pas. Formé par David Thomas à Cleveland en 1975 sur les ruines d'une bande de furieux, Pere Ubu persiste aujourd'hui à trimballer sa musique indéfinissable.
Mais ceci est une autre histoire qu'on racontera un de ces quatre.

lundi 23 septembre 2019

Berthe Sylva, sortez les tire-jus !


Voici une chanteuse réaliste, gloire de l'entre-deux guerres, dont la spécialité était d'arracher des larmes au public tout en vivant une vie de joyeuse luronne. Du moins tant qu'elle l'a pu.
Née Berthe Faquet en 1885 à côté de Brest (ou, selon d'autres sources, dans le Lot-et-Garonne), fille d'un marin et d'une couturière, elle aurait été placée comme femme de chambre dès son enfance et aurait eu un gosse à 16 ans. Du moins, c'est ce qu'elle racontait à la presse. On sort les mouchoir.
Elle aurait fait ses débuts vers 1908 au Casino de Montmartre puis à celui de Montparnasse. En 1916, son premier succès est un morceau de Vincent Scotto, La tourneuse d'obus. Elle fait aussi des galas pour les poilus.
Enregistrement de 1913, Mon vieux pataud (Le Peltier, Valsien) ici avec des images du film Ni vu, ni connu ( Yves Robert, 1958 )

 

Sa grande renommée arrive au milieu des années 20 en devenant permanente du Caveau de la République et en passant régulièrement en direct sur les ondes de Radio Tour Eiffel. En 1928, c'est la gloire avec Les roses blanches (Pothier, Raiter) puis Le raccommodeur de faïence (Decoq, Soler) vendu à 200 000 exemplaires, fait incroyable vu le peu de radios et de gramophones existant alors, sans parler des disquaires.
Elle tourne alors avec Fred Gouin, le chanteur aux 450 78 tours, avec qui elle a une relation amoureuse passionnée et passablement arrosée. 
Parfois comparée à la grande Fréhel, son répertoire, essentiellement éploré, prête aujourd'hui plutôt au sourire.
Elle est pourtant encore présente dans la mémoire collective avec (outre Les Roses) Ferme tes jolis yeux (en duo avec Gouin) La légende des flots bleus et ce chef d’œuvre du pathétique flamboyant qu'est Du gris (Bénech, Dumont, 1925) en général faussement attribué à... Fréhel !


Élue "chanteuse préférée des jeunes filles" en 1936, elle se réfugie à Marseille en 1940. Elle y meurt l'année suivante rongée par le vin et la misère. Sa maison de disque se contentera de financer les obsèques au cimetière Saint-Pierre. Et un Fred Gouin inconsolable d'aller déposer sur sa tombe une immense gerbe de roses blanches.
Le plus étonnant est que ses enregistrements remastérisés continuent à se vendre tout à fait honorablement.
Vous pouvez remiser les mouchoirs.

vendredi 20 septembre 2019

Remets-moi Johnny Kidd


Tout le monde a en mémoire ce vers de Bashung dans Gaby oh Gaby
(Bergman, Bashung 1980) J'sens comme un vide / Remets-moi Johnny Kidd.
L'occase de se pencher sur ce fondateur du british rock et rhythm 'n blues.
Comme beaucoup de rockers britanniques, Frederick Heath (1935-1966) a débuté par le skiffle (style américain campagnard bluesy à base d'instruments bricolés jouée par des jug bands) avant de se convertir à la musique du Diable.
En 1959, il s'affuble d'un bandeau et monte Johnny Kidd and the Pirates, s'entourant d'excellents musiciens et reprenant des titres RnB méconnus de Bo Diddley ou Arthur Alexander.
Et en 1960, c'est le légendaire Shakin' all over qui va non seulement assurer sa renommée à vie mais sera repris par Vince Taylor, les Who, Iggy Pop, les Flamin Groovies, Suzi Quatro, etc., etc.
Pour l'anecdote, le très respecté Mick Green est supposé être le guitariste alors qu'à l'époque la guitare des Pirates est alors encore tenue tenue par Alan Caddy. Et encore selon certaines versions c'est le musicien de studio Joe Moretti, qui accompagnait également Vince Taylor, qui aurait officié sur le 45 tour. 


Johnny tourne alors avec Gene Vincent, Jerry Lee Lewis, Vince Taylor, puis avec des petits jeunes, les Rolling Stones et le plus célèbre groupe de filles de l'époque, les Ronettes. Spécialiste des EPs 4 titres, il n'enregistre un vrai album qu'en 1966 avant qu'un accident de la route ne mette fin à son existence.
Devenu membre du très select clan des rockers morts bêtement avant 33 ans, son influence sera revendiquée par de nombreux groupes ou individus comme Noel Redding et Jimi Hendrix. Notre Wilko Johnson adoré proclame à tous les vents que son style de guitare est directement inspiré par Mick Green (décédé en 2010). D'ailleurs le nom de son premier groupe vient d'un morceau du Kidd : Dr Feelgood.


Côté reprises en français, on a cité Bashung, mais il y eut aussi Dick Rivers et on vous a ailleurs passé la version de Shakin' par Marie-France et Bijou.
Ce Diable en personne avait été créé en 1962 par Les Fantômes.
Actifs de 1961 à 1965, Thomas Davidson, Charles Bennaroch, Dany Maranne et Jacques Pasut auront une certaine renommée en accompagnant Eddy Mitchell, Petula Clarck et même Gene Vincent en tournée française.


 




mardi 17 septembre 2019

Les Fleaux, jeunesse québecoise


C'est arrivé en 1966 au Québec.
Ils s'appelaient les Fleaux (sans accent) mais on disait aussi les Flos selon la période. André, Alain, Richard et Maurice vivaient à Lachute, comté d'Argenteuil. Tony Roman, fondateur du label de rock garage Canusa, de passage dans leur patelin, les vit en concert et fut charmé ce jeune groupe "parce qu'ils se débrouillaient bien et aussi parce que les gens trouveraient ça cute".
Précisons qu'au moment d'enregistrer Ma Lili Hello (reprise anecdotique de Pierre Perpall) leur premier titre pour une compilation Canusa, les Flos avaient 11 ou 12 ans de moyenne d'âge. Une tentative de coup commercial avec des bébés rockers, en somme.
Qui restera sans lendemain.
Rebaptisés en Fleaux, nos gaillards n'enregistrèrent qu'un unique 45 tour avec le titre sus-cité en face B et en face A, la raison de leur présence ici : à notre connaissance l'unique version en français du titre aux mille reprises, de ce sommet du rock garage, j'ai bien sûr cité Gloria des Them (écrite en 1964 par Van Morrison).
Chantée par une bande de moutards pré-pubères avec des paroles délirantes (Elle faisait cinq pieds quatre / elle me traitait en homme), bien entendu issues du cerveau du boss, Tony Roman.
Que sont-ils devenus ? Mystère...
On peut retrouver le titre sur l'anthologie Rumble (Quebec Garage Beat 66-67)


 

Un grand merci au blog de Félix B. pour son érudition.

samedi 14 septembre 2019

Feu Marquis de Sade

Marquis de Sade reformé fin 2017
Même s'il faut reconnaître que Marquis de Sade ne fut jamais de nos groupes préférés, ces Rennais valaient autrement mieux qu'une étiquette de "jeunes gens modernes" quelques peu réacs fabriquée par une presse de branchouilles parisiens ou de qualificatifs comme de "Joy Division" à la française par d'autres journaleux accrochés à leurs lieux communs.
Issus d'une réunion des Rats d'Égout et de Penthotal, Philippe Pascal (chant tragique), disparu ce 13 septembre Frank Darcel, Anzia (guitares), Thierry Alexandre (basse) et Éric Morgen (batterie) ont au moins eu le mérite d'ouvrir une génération à l’expressionnisme allemand, au dadaïsme et à la musique de Kurt Weill.
Certes, on a pu leur reprocher une certaine sophistication frôlant la grandiloquence, une froideur dépressive, un manque de second degré évident. Mais dans la catégorie que faire après le punk ? , ils ont également su développer une musique bien plus originale que la vague cold wave qui ravageait alors nos province (à l'exception notable de Kas Product de Nancy) sans chercher à faire la moindre concession. Il restera deux albums qui ont plutôt bien vieillis. C'est déjà beaucoup.
Quant à Philippe Pascal, toujours frôlant le pathétique, il nous aura tout de même impressionné par sa présence scénique.
Un petit souvenir qui passait au juke box de mon bistrot en 1980, le 45 tour Rythmiques


Et un extrait du deuxième album Rue de Siam (1981) Brouillard Définitif qui mélange allégrement les prisonniers de la RAF aux déportés KZ des camps nazis.

N'allez pas me racontez que c'est du direct.


mercredi 11 septembre 2019

Hommage aux Chiliens


À l'occasion du quarante-sixième anniversaire du coup d'état mené par l'infâme clique de généraux chiliens téléguidés par les humanistes de Washington, on a une pensée particulière pour les camarades de la poblacion La Victoria à Santiago.
Non seulement ce quartier a passé les dix-sept années de dictature en résistance ouverte, réalisant au passage l'improbable unité d'action entre toutes les fractions "radicales" de l'époque, quitte à y joindre les plus récentes, mais bon nombre de ces bons bougres continuent le combat dans un pays toujours malade.
Victor Jara assassiné par les militaires le 13 septembre 1973 avait célébré ce quartier de prolos teigneux. Herminda de la Victoria est ici repris par le groupe Attaque 77

 

Et comme pas mal d'entre eux sont aujourd'hui engagés aux côtés des Mapuches, une autre de Victor Jara qui leur va comme un gant : Plegaria a un labrador, repris par les Reincidentes.






lundi 9 septembre 2019

Souvenir du Maestrazgo

photo Agustin Centelles

C’est à Calanda que se situe un évènement assez extraordinaire, je pense (je ne sais pas si d’autres villages l’ont connu) , je veux parler de la proclamation publique de l’amour libre. Un beau jour, sur ordre des anarchistes, le crieur public s’avança sur la place principale, emboucha une petite trompette, sonna puis déclara :
- Compañeros, à partir d’aujourd’hui, l’amour libre est décrété à Calanda !

Je ne crois pas que cette proclamation, accueillie avec la stupéfaction qu’on imagine, ait eu des conséquences remarquables. Quelques femmes furent agressées dans les rues, sommées de céder à l’amour libre (dont personne ne savait bien ce que c’était) et, sur leur très vif refus, relâchées. Mais les esprits demeuraient troublés.
Passer de la rigidité sans faille du catholicisme à l’amour libre des anarchistes n’était pas une mince affaire. Pour remettre en ordre les sentiments, mon ami Mantecon, gouverneur d’Aragon, accepta d’improviser un discours, un jour, du haut du balcon de notre maison.
Il déclara que l’amour libre lui paraissait une absurdité et que nous avions autre chose à faire, ne fût-ce que gagner la guerre.

Luis Buñuel Mon dernier soupir (1982)

Une reprise d'Oum Kalthoum pour honorer le maître.


jeudi 5 septembre 2019

Il était une fois en Ulster : SLF

Le 45 tour
L'hypothèse du retour de l'absurde frontière qui tranche l'Irlande en deux, outre ses éventuelles sanglantes conséquences, nous ramène quelques décennies en arrière.
On ne vous apprendra rien en rappelant que cette contrée a été le berceau d'innombrables et d'émérites musiciens.
Belfast 1978
Évoquons ici une bizarrerie : être punk en Irlande du Nord à l'origine.
Pour mémoire, le quotidien d'un adolescent sans avenir social de Belfast ou Derry était alors partagé entre le devoir d'élever des barricades et de s'éduquer aux bastons de rues tout en faisant allégeance aux valeurs républicaines généralement catholiques ou à des valeurs orangistes hystériquement paranoïaques.
Le tout, si possible, en évitant les bombes ou balles tirées par l'UDR ou la Red Hand d'un côté, l'IRA ou l'INLA de l'autre. Quand ce n'étaient pas celles venant de l'armée britannique censée arbitrer le match (quoique dotée d'un coupable penchant pour un camp) ou celles des brutes du RUC (police locale aux mains des loyalistes).
Comme l'a écrit quelqu'un* : La situation d'un punk nord-irlandais en 1976-78 est comparable à celle des zazous pendant l'Occupation sauf que les Allemands n'avaient pas inventé le jazz des caves de St-Germain-des-Près. Alors que les Anglais qui occupent toujours l'Irlande du Nord, eux, ont inventé leur punk. Pour un jeune Irlandais amateur de rock, mieux valait appréhender les choses en prenant un maximum de recul.
Belfast 1978 (là c'est l'IRA)

C'est donc dans ce contexte de franche rigolade que s'épanouissent quatre amis issus des ghettos républicains Jake Burns (chant, guitare) Henri Cluney (guitare) Ali Mc Mordie (basse) et Brian Falcon (batterie).
Ils abandonnent leur groupe de hard / glam rock Highway star pour trouver un exutoire à leur rage en virant punk, à l'instar de nombre de leurs collègues britanniques. Avec l'aide de Gordon Ogilvie, parolier puis manager, cette bande des quatre monte Stiff Little Fingers (rien à voir avec un doigt d'honneur, c'est une référence aux postures des snobs de la haute) enregistre une démo pourrie aussitôt envoyée à John Peel, le célèbre DJ de la BBC et celui-ci la programme aussi sec.
Le côté excessivement énervé de la chose avec des paroles moitié incompréhensibles dues au phrasé local de Jake qui hurle en bouffant ses mots ne constitue pas un vrai obstacle. Après tout ce n'est pas si dommageable, l'Angleterre vit une campagne d'attentats de l'IRA et la chanson Suspect device propose simplement de devenir soi-même un colis piégé. C'est du second degré, on est encore loin des premiers attentats suicide.
Décidant de joindre à leur musique d'excités une description au vitriol de leur existence en Ulster, leur deuxième single Alternative Ulster, (1978) deviendra vite historique.
ils y décrivent une existence désespérante sous occupation et leur refus de marcher au pas** dans une guerre interminable, le titre de ce 45 tour est en soi une provocation, quand on est républicain on se doit de dire Northern Ireland, pas Ulster.
Ici, ils le jouent en concert (bidonné).



Leur sens aigu de la provocation est encore mieux illustré dans la face B de leur 45 tour suivant Bloody sunday. Loin du prêchi-prêcha de U2, cette chanson n'illustre pas le Dimanche sanglant de Derry (massacre perpétré par l'armée de sa gracieuse majesté en 1972) mais un Putain de dimanche à Belfast où, comme on ne va pas à la messe, on s'emmerde à cent livres de l'heure.
On frémit à l'idée de la réception de cette chanson dans le Bogside.


Comme ils l'avaient annoncé dans leur titre Gotta gettaway les Stiff finirent par se barrer de cet environnement désespérant pour aller tenter leur chance à Londres. Ayant mis de l'eau dans leur punk, ils ne deviendront toutefois jamais des rock stars. Juste une légende. Et comme disait fort à propos tonton Joe Strummer La différence entre une star et une légende, c'est qu'une légende, elle, n'a pas un rond.
Aux dernières nouvelles ils tournent encore. C'est l'excellent Bruce Foxton, ex-Jam qui officie désormais à la basse.

Les kids s'emmerdent le dimanche
* Histoire du punk en 45 tours. Géant vert (Hoëbecke 2012)

** Le rédacteur de ces lignes se souvient d'un entretien avec les Stiff Little Fingers lors d'un de leur passage par chez nous à cette époque. Naïvement enthousiastes, à l'époque, pour la cause unioniste irlandaise, nos apprentis rédacteurs de fanzine s'en revinrent munis d'une description apocalyptique du racket pratiqué par les paramilitaires des deux bords sur leur propres quartiers. Ils conclurent finalement sur ce titre : SLF, d'honnêtes pacifistes.
Pour ne pas déchoir, le soir de ce concert, la rue où jouait le groupe eut un air de Belfast de pacotille avec ses charges de CRS et quelques cocktails molotov.

lundi 2 septembre 2019

Les Vanneaux de septembre ont les foies

La peur d'un accident industriel finalement réalisée (Toulouse 2001)


Comme prévue, notre rentrée fut placée sous le signe de la Grande peur.
On fera mieux le mois prochain.


Ennio Morricone                         Peur sur la ville
Bérurier Noir                              J'ai peur
Lee Hazlewood / Duane Eddy     Girl on death row
I Am                                            Dangereux
Taulard                                       Fuir
The Ruts                                      SUS
Bauhaus                                     Terror couple kill the colonel
Pékatralatack                             Black bloc terroriste
Mickey 3D                                   La France a peur
Hugo Tsr / Nappage Nocturne   Voisin d'en haut
Kendrick Lamar                          Fear
Joy Division                                 Dead souls
La Polla Record                          El avestruz
Pink Floyd                                   Fearless
Vera Lynn                                   We'll meet again
Stupeflip                                      Terrora
Catherine Sauvage                      La complainte de Fantômas
Don Choa                                    Dr Hannibal
Creedence Clearwater Revival   Walk on the water
The Coasters                               Run, Red, run

Ça peut donc se télécharger, se podcaster, s'écouter .

Un dernier coup de paranoïa : un petit coup de flicage et de surveillance démocratique bien avant internet et les réseaux sociaux.