samedi 18 janvier 2020

Collectif Mary Read


Le collectif Mary Read (du nom de la célèbre pirate) s'est formé il y a un peu plus d'une quinzaine d'années à St Étienne.
Monté par deux MC, Calavera et Trauma qui avaient sorti des démos dès 2001, ce duo est devenu collectif en étant rejoint par Nergal et Mina en 2002 et 2006.
Issus tout autant du rock que du hip-hop, ils sont partis écumer les petites scènes en restant proche de la mouvance punk / DIY*
Ils avaient pour habitude, lors de leurs concert à l'étranger (Pologne, Espagne, Allemagne) de traduire leurs paroles et de les distribuer imprimées.
Aux dernières nouvelles Mina serait retournée au chagrin et Calavera à son bistrot.
N'hésitez pas à reprendre la route, camaros...
Une chanson en hommage aux gueux des mers.



* Do It Yourself : autoproduit, quoi.

mercredi 15 janvier 2020

Lounès Matoub et les chansons qui tuent


Lounès Matoub était un emmerdeur. Un énorme emmerdeur. Ça (et aussi son sale caractère) l'a certainement tué en ce 25 juin 1998.
Né en 1956 dans les montagnes kabyles des environs de Tizi-Ouzou, il est issu d'une famille pauvre dont le père est émigré en France.
Renvoyé de tous les collèges, il a huit ans quand les troupes de Ben Bella entrent en conflit ouvert contre les hommes de la Willaya III de Hocine Aït Ahmed. L'accusation de" séparatisme berbériste" est alors le prétexte pour le nouveau pouvoir algérien à mener de nombreuses purges et assassinats. S'ensuivra une politique d'arabisation forcenée menée sous Boumédienne qui a piqué les clefs du palais à Ben Bella.

Épris de poésie, de châabi et de chants traditionnels amazigh, guitariste autodidacte, ce bagarreur tâte de la prison et du mépris anti-kabyle lors de son service militaire.
C'est en France en 1978 qu'il fraye avec les gloires de la chanson kabyle que sont Idir, Slimane Azem, Hnifa.
Il sort également son premier album, Ay izem anda tellid ? (Ô lion où es-tu ?) annonciateur de ce qui sera désormais ses thèmes de prédilection, la célébration des héros trahis de l'indépendance, l'amour de la langue et culture kabyle ainsi que de la liberté d'expression et un mépris sans nom pour les différents (sic) pouvoirs en place et les bigots.
De l'art et la manière de se faire des ennemis mortels.

 Tighri n taggalt (La révolte de la veuve, 1996)


Au cours des émeutes de 1988, il encaisse cinq balles de la part d'un gendarme alors qu'il distribuait des tracts. Six semaines et quelques opérations plus tard, il se produit au stade de Tizi-Ouzou devant une foule enthousiaste.
En septembre 1994, il est séquestré pendant une quinzaine et jugé par un groupe islamiste qui finit par le relâcher face à l'ampleur de la mobilisation populaire. Ce qui n'empêche pas certains de douter de la véracité du rapt, les islamistes faisant alors rarement quartier.
En plus de ses blasphèmes habituels, son Hymne à Boudiaf, assassiné par ceux-là même qui lui avaient juré un retour protégé lui vaut à la fois la haine des islamistes et des généraux. Il est ici sous-titré en français.


Il se surpasse encore dans la provocation en détournant l'hymne national dans son ultime album Lettre ouverte aux... (1998)

 

Le 25 juin 1998, la Mercedes de Lounès Matoub qui regagne son village est mitraillée. On relèvera 78 impacts sur la carcasse et le chanteur, touché par plusieurs balles, est extrait de l'habitacle pour recevoir les tirs de grâce. Malgré de graves blessures, on épouse et sa belle-sœur, grièvement blessées, survivront. 
Des émeutes éclatent alors dans toute la Kabylie au son du fameux "Pouvoir assassin !"
Qui a tué Lounès Matoub ? Le GIA comme ça a été officiellement claironné ? Un Mouvement des Officiers Libres fantomatique ? Une camarilla de généraux qui cherchaient à déstabiliser le président Zéroual en profitant des troubles ? Et qui s'en seraient publiquement vantés ?
Comme dans toute bonne affaire algérienne, le brouillard demeure mais tous les sus-cités avaient de bonnes raisons à sa disparition. 
Outre la France, Lounès a tourné au Canada et aux États-Unis en 1993. Il existe 13 rues portant son nom en France, dont une à Paris. 
Ce site lui est consacré.

ps : le camarade Chéri-Bibi nous transmet cet extrait du Cercle de Minuit de 1994 illustrant à merveille l'intransigeance du Kabyle énervé.
Surtout face à un tel parterre de crapeles propres sur eux. Particulièrement Malika Boussou, issue du sérail et prête à mordre.

dimanche 12 janvier 2020

Wieder streik !


La grève continue. Et les manifestations où ça cavale aussi.
En hommage aux camarades cheminots et traminots. Une petite vidéo en allemand d'une de leurs dernières grèves.
Croyez-pas ce qu'on vous rabâche, les conflits sociaux existent bien outre-Rhin. 


Et en yiddish, alors ?
En 1910, les ouvriers et de l'horlogerie de New-York, majoritairement juifs récemment immigrés, déclenchent la "Grande révolte": huit semaines de grève. Parallèlement, 20 000 travailleuses de la confection leur emboîtent le pas.
On écrit "travailleuses" car les protagonistes de cette shirtwaist strike étaient à 70% des femmes juives ou italiennes dont la plupart n'avaient pas 20 ans.
De cette lutte ouvrière demeure Der zig fun di klokmeyers (la lutte des horlogers) paroles de Morris Rund (lui-même membre du syndicat des boulangers). La musique est reprise du refrain américain populaire Take a Car.

jeudi 9 janvier 2020

Requiem pour là-bas


Australie au 5 janvier
The Saints (Chris Bailey, Ed Kueper, Ivor Hay, Kym Bradshaw) étaient, à l'origine un groupe d'énervés s'étant formé à Brisbane (Queensland, Australie) en 1974, époque où le choix musical local oscillait entre de la country anémique, du métal ou les cornemuses de l'orchestre de la police du coin.
Non content, de sortir un des tout premiers 45 tour catalogué punk (I'm stranded) ils ont écrit dans leur album suivant Eternally yours (1978) une chanson qu'on entend aujourd'hui d'une drôle d'oreille.
Extrait de Orstralia
Tout le monde se prélasse au soleil / et tout le monde se fout de tout , alors éclatons-nous. (...) Tu peux étendre ton linge / ici, il fait toujours beau.
Refrain: On n'a pas de problèmes, pas de guerres / on n'a donc plus besoin d'un cerveau.

À l'heure où ce pays, vaste comme un continent brûle, il y a là comme un ton, comment dire, prémonitoire. Si on nous avait dit alors, on l'aurait pas cru....


Everybody lazin' in the sun ...

lundi 6 janvier 2020

Janvier : Vanneaux chômeurs

1934


Entre désespoir social et répugnance du travail, notre sélection haineuse du jour :

Les Escrocs                           Assedic
Les Olivensteins                    Fier de ne rien faire
Mon éléphant                        Quand j'étais chômeur
Poésie Zéro                            Chômage
Zufgangenhause                    Arbeiloser marsch
DDT                                       Monogorod inache
Macka B                                Unemployment blues
Sexy sushi                             Je refuse de travailler
Les Colocs                             Bon yeu
Femi Kuti                              No work, no job, no money
Richard Desjardin                 Le chant du Bum
Les chômeurs kabyles           Pouvoir assassin
Dupain                                  La complainte du vieux travailleur
Springsteen                           Ghost of Tom Joad
Maldita Vecindad                  Gran circo 
Didier Super                         À bas les gens qui bossent
Neurotics                              Living with unemployment
Tracy Chapman                     About a revolution
M. Eddy                                 Il ne rentre pas ce soir 

Comme de coutûme, ça se retrouve, en écoute ou en téléchargement à ce lien.
Et pour en rajouter une couche du rap antique (de son album Métèque et mat de 1995)



et puis un rappel de l'Onc' Pluplu qui touche enfin son keuch'




samedi 4 janvier 2020

La Chanson Boum du Mac


Le 22 juin 2014, l'émission d'Hélène Hazéra rendait hommage à Pierre Mac Orlan.
En novembre 1951, Pierre Mac Orlan a enregistré sur Paris Inter une série d’émission avec Germaine Montero, un petit feuilleton mis en ondes par Albert Riera intitulé alors " La chanson de mes villes". Chacune de ces sept émissions est consacrée à une ville que Mac Orlan a fréquentée dans sa jeunesse, et se conclut avec la création d'une chanson écrite par Mac Orlan, mise en musique par l'accordéoniste V. Marceau et le guitariste Henri Crolla.
Voici donc un abrégé de ces émissions où Mac Orlan commente et explique ses chansons, document à peu prés unique dans le domaine chansonnier.
Elles renvoient à la période juste avant la Grande Guerre, dont le décor, la plupart du temps, a été englouti sous les bombes. Germaine Montero les enregistra plus tard pour le disque, avec d'autres mais ici ces interprétations dépouillées* témoignent de la force d'émotion particulière du son radio



* Mélodies et paroles diffèrent souvent des versions habituelles.

mardi 31 décembre 2019

This is England (ciné club de réveillon)


Pour la fin de l'année, un petite fantaisie cinématographique.
Blousons noirs et bottes de cuir : Tunnel of love est un court-métrage complètement kitch de Robert Milton Wallace (1997). Ou les tribulations énamourées d'un rocker en Norton dans le Londres des années d'avant.
La musique est de Joe Strummer et Pablo Cook (qui officiaient dans ces mêmes eaux chez Kaurismäki dans I hired a contract killer) ce qui ne gâche pas notre plaisir.


Et les Revillos (ou Rezillos, ça dépend de l'année) groupe d'écossais déconneurs d'Édimbourg menés par Fay Fife et Jo Callis, en play-back dans Motorbike beat.



Allez, on vous la souhaite bien plus honorable que la précédente.
Marcel, remets-moi le p'tit Minervois !