dimanche 25 octobre 2026

Même plus peur

 


Il aura fallu huit minutes de menaces d'un arrogant (celui-là même qui méprise tellement  l'Histoire qu'il a osé voir le premier attentat raciste en France vendredi dernier à Trappes) pour refoutre le populo dans la rue samedi dernier.
Malgré huit jours de bourrages de crâne, de propagande des "journalistes policiers marchands de calomnie" (cinquième couplet ci-dessous) de tentatives de dissociation entre révoltés, c'est raté. La trouille au bide pour un bon nombre, les gens ont repris la rue, que ce soit sur des parcours honteux négociés avec les préfectures ou d'autres purement interdits.
Pour ne pas parler des minables édiles multipliant les couvre-feus.
Contre toute attente, à Toulouse lycéens, teuffeurs, mémés aimant la castagne, banlieusards, ariégeois, individus de noir vêtus et surtout surtout un max de travailleurs (qui sont parfois tout ce qui précède aussi). Tout ceux avec qui on a causé ont assuré que dans leurs boites, ça discutait ferme et que la pseudo allocution de Macron a foutu la plupart en rogne. 
Comment ne pas être pris d'une énorme tendresse à croiser une jeunette de 15 ans environ porteuse d'une pancarte "Légaliser le shit, fumer du schmidt" (y'a outrage, là).
Autres consignes mémorables : "J'ai peur voilà pourquoi je manifeste", "La voilà ta république  en marche, connard", "Ouin, ouin, c'est l'ultra gauche" ou encore sur un Titanic qui coule accompagné d' "encore un coup de LFI"... 
Et la foule hurler "Macron, serres les fesses, on arrive à toute vitesse".
Désolé Etienne, ça va peut-être pas suffire

Tout ça fleure la fin de règne honteuse (comme d'hab).
On dira que ce fut une victoire sans présager de la suite.
Tout cela valait-il une main arrachée aux Arènes, une autre à Clermont-Ferrand et un oeil bousillé à Poitiers ? 
Quartier des Arènes, Toulouse, 16h30
Et que dire de ces lâches en brassard blanc paradant sous protection policière dans un centre-ville déserté à Toulouse, Montpellier, Nice où ces joyeux défenseurs du petit commerce faisaient des saluts nazis en croisant la BAC (voilà, pourrez pas dire que z'étiez pas prévenus) ?
En attendant, dans un avenir qui semblait désespérant, ce rayon de soleil d'octobre nous aura au moins apporté un peu d'humanité.  
Faute de mieux.

Un petit rappel utile de la camarade Francesca (apologiste de factieux) :

   

Affiche patriotique (les "vrais Français étant une géométrie variable) adressée à le police en 1944

 

vendredi 2 octobre 2026

The Kids are alright !

 

2 octobre, près de Déodat de Séverac, Toulouse
Jeudi 1er octobre

J'ai d'abord cru à des grenades.
Mais non, c'étaient pétards et mortiers maniés par des lycéens qui apprenaient à prendre la rue.
Suffisait d'aller se balader entre les lycées St Sernin (barricadé) et Ozenne (rues bloquées) avec un bon millier de mômes déambulant entre les deux, complètement inorganisés à un point que c'en est attendrissant.
Une AG improvisée au portail de St Sernin, des minois masqué-e-s ou pas, des slogans plutôt marrants (-de violeurs, + de ventilateurs, Asex mais l'État me baise quand même, Mais où la police trouve-t-elle tant d'énergies ? Macron nique ta prof, pas la mienne et pas mal de Free Palestine) des profs plutôt lourdés mais pas plus affolés que ça, des mouvements de foule sur simples rumeurs, des feux de Bengale, et pas de flics avant deux heures plus tard.
Et surtout, qu'est ce que les jeunots se marrent ! Ils apprennent à toute blinde.
Vendredi 2 octobre
Aujourd'hui c'est le jeu du chat et des souris : interdiction de tout rassemblement et feux d'artifices contre lacrymos. Nos vaillants défenseurs de l'ordre n'aiment décidément rien tant que terroriser ou humilier les jeunots
Et voilà qu'après le coup de la manipulation par LFI (ben oui, y'a des politicards récupérateurs mais franchement tant de paternalisme et de négation de l'autonomie des concernés donnent envie de gerber) on nous fait le coup de la violence des émeutiers. Ben tiens... Pour des poubelles cramées* !
Comme s'il restait le choix. Comme si les pétitions, cahiers de doléance, plate-formes du ministère, négociations polies avaient jamais changé quoi que ce soit. Comme si la première violence n'était pas d'envoyer les éborgneurs à des gosses ! 
Alors pour mieux expliciter notre pensée, rappel d'une chanson québécoise  de 2012 (c'est fou ce que le temps passe).
Aux dernières nouvelles on en est toujours là.


Et puis, comme promis dans le titre, une reprise des Who de 1976 (c'est fou, etc.) en concert au Marquee

* Nos condoléances aux familles des sorcières poubelles !