En 1966 sort le premier disque 30cm de Jacques Marchais, (référence BAM C 419). A cette occasion, il est invité à l'émission "Vient de paraître" du 28 juin 1966, où il chante "Le vélo", paroles de Jean Moiziard, musique d'Hélène Martin, accompagnement de Jean-François Gaël et Bernard Pierrot. Cette chanson avait été créée par Hélène Martin elle-même dans son premier 30cm, paru chez Lucien Adès en 1964.
Voilà qui nous venge par avance du Tour de France et de ses pharmacies à deux roues.
Dans les années 80, le foutoir commercialo- opportuniste que fut le dit "rock alternatif" allait du meilleur (Thugs, Hot Pants, etc...) au totalement inutile (on ne citera personne par bonté d'âme).
Prix de la meilleure pochette de l'année 1984 (n'est-ce pas qu'ils sont trop beaux pour être vrais ?) , ce premier 45 tour trois titres de Parabellum restitue ce que ce groupe avait de meilleur, de plus vivifiant.
A l'époque c'était un trio formé de Schultz (estimable Alsacien au physique de catcheur) Roland (RIP) et Camboui aux fûts avec l'aide de Fabrice, dit "Le Géant Vert", parolier et faiseur de pochettes inspiré, oscillant entre un humour très Hara-Kiri et la fascination de la belle époque, celle qui va de Fantomas à la Bande à Bonnot, des Apaches des fortifs aux pantalons rouges avec lesquels nos biffins se firent allonger par milliers dès août 14 (voir la chanson "Papa" sur le premier Lp du groupe)
On vous a déjà passé un extrait de ce premier 45 dans l'article sur "Les rois du rock" ( 31 mai 3013)
Réparons ici une injustice. Sans créer une concurrence artificielle Fréhel / Damia, il est temps de se pencher sur le cas de Louise-Marie Damien, dite Maryse Damia, dite DAMIA (5 décembre 1889 Paris XIII - 30 janvier 1978 Celle- Saint -Cloud) Fille d'un agent de police vosgien établi à Paris, elle fugue à 15 ans pour aller s'embaucher au théâtre du Châtelet. C'est là que Roberty, mari de Fréhel, la remarque, lui donne des cours de chant et aura par la suite une liaison peu discrète avec elle. Ses débuts sont relativement lents mais, petit à petit, sa réputation de diseuse pas comme les autres
se répand. - Durant la guerre de 14-18, elle chante au front puis elle
rencontre Loïe Fuller, avec qui elle part en tournée, qui lui enseigne
la science des éclairages et de la lumière mais surtout celle de la mise
en scène. À son retour, le personnage de Damia est
né. Elle le conservera longtemps, jusqu'en 1956 où, l'âge de 64 ans,
elle remplit sa dernière salle, avec un certain Jacques Brel en première partie, vêtue de l'éternel fourreau noir (conseillé par Sacha Guitry) dont
Juliette Gréco s'inspirera. Selon la chanson qu'elle interprète, elle danse, s'assied par terre,
passe et repasse dans le rayon du projecteur braqué sur elle, ouvre ses
bras. - Tout est choisi en fonction de ce qu'elle peut faire sur scène. Sa grande période va du début des années trente au début des années quarante où elle enregistre, coup sur coup, "C'est mon gigolo" ,"Le grand frisé" , "Tu m'oublieras" , "La chaîne" , "La ginguette a fermé ses volets", "Sombre dimanche" (que Georgius ne manqua pas de parodier avec son "Triste Lundi" ou "Tout fout l'camp" parfaite chanson d'avant l'apocalypse qui vient ...
Comme Fréhel, on la croisera aussi au cinéma : c'est elle, la Marseillaise dans le Napoléon d'Abel Gance (en 1927) - Elle est de la distribution de Tu m'oublieras en 1930 et de Sola en 1931 sous la direction de H. Diamant-Berger. On la voit brièvement dans La tête d'un homme de Julien Duvivier en 1933 et dans Les perles de la couronne
de Sacha Guitry (et de Christian-Jaque) en 1937 et on la revoit,
vieillie, en 1956, en mendiante dans le cent soixantième remake de Notre-Dame de Paris, celui de Jean Delannoy en 1956 avec Gina Lollobrigida et Anthony Quinn. Elle mourra le 30 janvier 1978, suite à une chute dans le métro, ce qui va tellement bien au personnage...
On se sent un peu obligé de rajouter la version en spectacle des Frères Jacques pour ceux qui l'auraient ratée sur le tube...
Toute en économie de moyens, un léger jeu de lumière, un petit canon... quel talent !
En ce jour, irrémédiable, de fête de la musique, n'allez pas flâner n'importe où... Cela pourrait être fatal.
En 1938,
Jacques Trisch, étudiant en lettres et trois élèves des Beaux-Arts
rencontrés dans un camp de vacances forment un groupe vocal avec pour
ambition d'animer les fêtes des camps de vacances dans un
esprit très «Front populaire». Le groupe s'appelle « Quatuor vocal des Compagnons de Route » (c'est clair ?). Cette même année, ils sont engagés par Agnés Capri dans son cabaret et enregistrent un disque. Le groupe est partiellement dispersé par la Segonde Guerre. Il demeure Jacques Trisch (basse) et Marcel Quinton (baryton). En 1942 se joint à eux Pierre Jamet (ténor), fondateur de la chorale des Auberges de Jeunesse, ami de Jacques Prévert.
Il manque au groupe une quatrième voix, celle de contre-ténor, qu'à celà ne tienne,
l'emploi sera tenu brièvement par Raymond Leibowitch (professeur de
stomatologie), André Schlesser, Jean-Marie Périsson (chef d'orchestre à l'Opéra de Paris),
Michel Hamel (ténor professionnel) ; enfin, en 1949, Georges Thibaut
(Maître de Chapelle de Saint-Germain-des-Prés) rejoint le groupe et y
demeurera jusqu'aux adieux. A la Libération, le groupe avait monté un spectacle musical, « Le Gueux au Paradis » qui avait obtenu un certain succès. Louis Jouvet s'enthousiasme : « Avec les Compagnons de Route, la chanson française retrouve son accent d'origine… » et Darius Milhaud reconnaît leur talent : « Un
voyage à travers le folklore avec les Compagnons de Route nous permet
d'apprécier les qualités musicales de ce jeune groupement plein
d'entrain et de vie. »
À partir de 1947 se succèdent les saisons
dans les meilleurs cabarets et les tournées internationales. Ils
enregistrent chez Polydor puis Philips. Pour ses premiers
enregistrements d'après-guerre, le groupe a pris pour nom « Les Quatre
Barbus de la radio », mais il le simplifie rapidement pour s'appeler
simplement, à partir de 1949, « Les Quatre Barbus ». C'est à cette époque que se fixe leur style scénique : une tenue
simple avec un blouson sur un maillot de marin, un chapeau (de style
varié selon les spectacles et les années) et surtout une barbe (parfois
vraie, souvent fausse). La mise en scène est des plus simples,
l'accent étant surtout porté sur l'interprétation musicale. Leur style
les rapproche et les met en conccurence avec les Frères Jacques. Et c'est parti pour une trentaine disques de chansons réalistes, gaillardes, rives gauche, traditionnelles, de marins, de forçats, de détournements signés Piere Dac / Francis Blanche, de la Commune de Paris (parfois sous le pseudonyme de "Groupe 17") et même un 33 tour de "Chansons anarchistes" tous deux édités par le SERP (maison d'édition plutôt spécialisée dans les chants militaires et appartenant à...Jean-Marie Le Pen qui ne rechigne donc pas à aller chercher le pognon dans la poche des gauchistes) Le groupe fera ses adieux en 1969 A part une compilation parue en 1997, rien n'a été réedité en cd.
Là une archive de la télévision Suisse pour leur séparation : http://www.rts.ch/archives/tv/information/carrefour/3439835-les-quatre-barbus.html
Après la version de Gainsbourg que nous avons passée lors de la dernière émission, voici deux variantes intéressantes de ce chef-d'oeuvre de Jean-Roger Caussimon qu'à peu près tout le monde -Ferré, Barbara, Léotard, les Frères Jacques, Catherine Ringer, Gainsbourg donc...- a chanté.
Une version de Philippe Clay que l'on peut retrouver ici .
Et une deuxième ci-dessous qui, je vous l'accorde, vaut surtout par la qualité des linogravures du sieur Blanpain.
Merci à mon pote Gigi qui me le fit découvrir au sein d'un lycée rural qui n'avait rien trouvé de mieux que d'être jumelé avec le régiment de hussards du coin (et vive l'école publique, laïque et obligatoire qui forma ainsi des générations d'antimilitaristes !)
Allez, trêve de nostalgie :
Plume, né Michel, Latraverse voit le jour le 11 mai 1946 à Montréal. à la fin des années 1960, il forme, en collaboration avec Pierre Léger, dit Pierrot le fou, et Pierre Landry, dit le docteur Landry, le groupe la Sainte-Trinité. Il s'associe ensuite à Steve Faulkner (1972-1975). Le duo se produit pour la dernière fois à la Chant'Août, à Québec. Il entreprend alors une carrière solo (1976) et devient l'un des représentants les plus significatifs de la contre-culture québécoise. Au cours d'une tournée européenne (1979-1980), il présente un spectacle au Festival du printemps de Bourges et reçoit le Prix du premier ministre de France (Prix international de la jeune chanson) et le Prix pop-rock, accordé au meilleur parolier québécois. Il se produit avec Offenbach (1983), association qui donne le microsillon À fond d' train. Après s'être consacré à sa biographie filmée, Ô rage électrique, Plume présente son Show d'à diable (1984), où il fait ses adieux officiels mais non définitifs au monde de la scène. Il se consacre alors à la peinture et à l'écriture.. Il publie la majorité de ses textes de chansons et fait également paraître un recueil de contes.
Tiré de La Chanson québécoise de la Bolduc à aujourd'hui, Roger Chamberland et André Gaulin, Nuit Blanche éditeur, 1994
Sa chanson la plus célèbre :
On trouve une sautillante version de cette chanson dans le disque qui accompagnait les "Ecrits de Marius Jacob" aux éditions l'Insomniaque.
La musique de Plume constitue un danger sur la route : parce que le plumeur qui l’écoute peut commettre des fautes d’inattention et parce que le conducteur « emplumé » finit par ressentir de la fatigue, une envie de dormir, des maux de tête.
Est-il possible, en effet, de sortir un disque de Plume, de l’écouter, d’ouvrir le tourne disque sans quitter la route des yeux tout en gardant les mains libres pour toute manœuvre d’urgence à effectuer?
D’autre part, l’habitacle d’un véhicule contient un volume d’air restreint. L’oxyde de carbone dégagé par la musique de Plume s’ajoutant au gaz carbonique de la respiration, atteint rapidement un taux de concentration élevé. Passant dans le sang, il réduit l’oxygénation du cerveau et engendre un état proche de l’ivresse, manifesté par les symptômes suivants : fatigue, somnolence, maux de tête. Il y a alors diminution de l’attention et de la concentration du conducteur, ralentissement de ses réflexes.