mardi 9 janvier 2018

Herbe Tendre de Janvier, chantons sous la pluie




Inutile de préciser que nous n'avions absolument pas prévu les tourmentes, tornades et inondations de ces derniers jours. Disons que, puisque c'est tombé à verse, on s'est réfugiés qui près d'une radio, qui près d'un ordi, afin de voyager de rayons de soleils en nuages noirs, de gros flocons en canicules.
Il est donc tombé ce soir :
Brigitte Fontaine                 Il pleut
Bobby Lapointe                   L'été où est-il ?
Claude Nougaro                  La neige
Brassens                              Le vent
Catherine Sauvage              Le noël des ramasseurs de neiges
Allain Leprest                      Il pleut sur la mer
Henri Godon                        Tempête de neige
Les Frères Jacques              Il fait beau
Compagnons de la chanson Ce sacré vieux soleil
Lys Gauty                             Un soir d'hiver...tard
Jean Sablon/ Django            Rendez-vous sous la pluie
Jacques Brel                         Les carreaux
Shane Mc Gowan                 Sous le soleil exactement
Higelin (Jacques)                  L'hiver au lit à Liverpool
Oxmo Puccino                      Soleil du nord
Noir Désir                            La chaleur
Jacques Yvart                       Chanson de la tempête
Charles Trenet                     Chanson d'automne
France Gall                          L'orage
Gillot-Pétré                           Fréquence météo
Ricet Barrier                        Isabelle, voilà le printemps

 Comme d'hab, retrouvez cette émission à l'adresse habituelle.

Remarquons, au passage, que la pluie n'est pas toujours bienvenue en Kabylie, surtout si elle est métaphore de guerre civile. Idir, Pourquoi cette pluie ?

  

Et encore, un croquignol né en 1968, qui utile toujours son orgue Bontempi des 70's. Nous avons nommé Monsieur Orange dans Il pleut des bombes :

vendredi 5 janvier 2018

Joseph Vacher, assassin de bergers

Surnommé "Le tueur de bergers" ou "Jack l'éventreur du Sud-est", le vagabond Joseph Vacher (1869-1898), auquel on impute une trentaine de meurtres, serait certainement expulsé des mémoires, hormis celles de quelques amateurs de chroniques judiciaires ou de tueurs en série primitifs sans le film de Bertrand Tavernier Le juge et l'assassin (1976).
Rebaptisé Joseph Bouvier, pour l'occasion, Michel Galabru y trouve un de ses meilleurs rôles, glapissant des répliques tirées des lettres réellement écrites par Vacher lors de sa détention.
Né dans une famille misérable et mystique, sujet à des crises de folie, Vacher exclu d'une école religieuse pour "immoralité" restera traumatisé par une opération médicale. Sa période militaire ne fera que renforcer son sentiment de persécution, souvent bien réel.
Après avoir commis deux tentatives de suicide, une pour protester contre la décision de ne pas lui accorder du galon, l'autre après avoir tiré sur une cantinière ayant refusé de l'épouser (il en gardera un infection permanente à l'oreille droite) Vacher est réformé en 1893. Entre deux séjours en hospice, il sillonnera son errance de cadavre de jeunes gens.
Vacher et Fourquet

Arrêté pour outrage à la pudeur en Ardèche, Vacher tombe entre les mains du juge Émile Fourqet qui, entre flatteries et manipulation, parviendra à lui faire confesser une quinzaine de crimes.
Le procès de Vacher sera un champ de bataille d'experts aliénistes. Selon le docteur Bozonnet : « Le nommé Vacher, détenu, vingt-huit ans, est atteint de débilité mentale, d’idées fixes voisines des idées de persécutions, de dégoût profond pour la vie régulière. Il présente une otite suppurée et une paralysie faciale, consécutives à un coup de feu. Il affirme aussi avoir deux balles dans la tête. La responsabilité de Vacher est très notablement diminuée. » Pour le docteur Lacassagne : « Vacher n'est pas aliéné. Il est absolument guéri et complètement responsable des crimes qu'il a commis et avoués. »
En conséquence, le forcené sera guillotiné le 31 décembre 1898.






Les mêmes vus par Tavernier

Le trait de génie de Tavernier et de son scénariste, Jean Aurenche, est d'avoir remis ces sordides fait-divers dans leur cadre historique, entre souvenir des massacres de la répression de la Commune et hystérie patriotique de désir de revanche. De traiter de crimes d'artisan avant les crimes de masse...
Comme souvent chez Tavernier, la bande-son est soignée. Un gag : l'air édifiant Sigismond le strasbourgeois est interprété par un ancien gorille de De Gaulle reconverti en ténor.
Jean-Roger Caussimon se charge des autres chansons dont La complainte de Bouvier l'éventreur.



et La Commune est en lutte qui achève le film sur une évocation des conflits ouvriers qui émaillèrent cette drôle de fin de siècle. Exécutée par Isabelle Huppert (Rose dans le film).




mardi 2 janvier 2018

Janvier et le temps qu'il fait

It's a hard rain that has fallen (New Orleans 2005)
Quand on n'a rien à se raconter, on parle de la pluie et du beau temps. Il paraît que l'abject personnage qui joue au con à Washington confond climat et météo. Et on n'aura plus d'eau d'arrosage car il n'a pas plu à la bonne saison. Que le nucléaire nous sauverait du réchauffement. Ben tiens... Que les tempêtes vont se multiplier, voyez l'Iran. Promis, je ne fous plus un pied dehors sans un ciré, etc.
Au vu du temps squatté par le temps qu'il fait, à venir et malgré les pressions atmosphériques, l'Herbe Tendre du 8 janvier (ben oui, vous ne pensiez tout de même pas que...) s'attaquera donc à ce sujet fourre-tout.
Rencard à 17h30 sur le 92.2 de Canal Sud.
Pour patienter, quelques considérations météorologique d'un pas encore nobélisé en 1963.


dimanche 31 décembre 2017

Dimey conclue l'année

Qui de plus indiqué que Bernard Dimey pour clore une année déplorable ?
Pour ne rien vous cacher, on se sent assez en accord avec l'humeur manifestée dans ce Quand on n'a rien à dire.
C'est posé par-dessus l'air de Flambée montalbanaise de Marcel Azzola.



(...) Quand on n'a rien à dire, on parle du Mexique. De l'Amérique du Nord où tous les gens sont fous. Du Pape et du tiercé, des anti-alcooliques. Du cancer des fumeurs ou des machines à sous.
Des soldats, des curés, d' la musique militaire. De la soupe à l'oignon, de l'île de la Cité. Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire, on arrive au sommet de l'imbécilité.

jeudi 28 décembre 2017

Marcel Martel : c'est Noël, nom de diou !

Marcel Martel
Pour finir l'année, le camarade Eliott nous a exhumé cette curiosité de 1958.
Marcel Martel (Né et mort à Drummondville, Québec, 1925-1999) fut un auteur-compositeur et interprète de chanson country western québécois qui sévit des années 1940 à 1980.
Issu d'un milieu modeste, il grimpa sur scène à 12 ans en jouant du violon, de l'accordéon et de la guitare avec son père. Dès l’adolescence, il composa ses propres chansons et forma le trio les Lone Rangers. Musicien, animateur radio, il est considéré comme l'un des pionniers de la musique country au Québec. C'est le père de la chanteuse Renée Martel, qui a repris quelques-unes de ses compositions. Sa vie aura également été marquée par une tuberculose qui finira par avoir sa peau.
Un rock du Père Noël



Sa chanson la plus connue, Un coin du ciel, dont les accords nous rappellent vaguement le corrido mexicain Cancion mixteca, écrite après un de ses interminables séjours en hôpital.


lundi 25 décembre 2017

Jazz et gangsters, le mariage idéal ?


Un livre surprenant. Quatrième de couverture :
Que seraient devenus Duke Ellington, Louis Armstrong, Earl Hines ou King Oliver sans les gangsters qui les employaient ? Ces mobsters et ces racketeers, souvent juifs ou siciliens, n’étaient pas aveuglés par les préjugés racistes qui empêchaient l’establishment blanc d’apprécier et de soutenir les musiciens noirs. Dans les clubs qui proliférèrent pendant la Prohibition, ils assurèrent la sécurité de l’emploi nécessaire à la constitution d’orchestres stables et à la maturation d’un style. Et ce sont les politiciens conservateurs qui, en faisant de la Mafia leur bouc émissaire, ont mis fin à l’âge d’or du jazz.
À l’appui de cette thèse étonnante, Le Jazz et les gangsters propose une enquête et une documentation exceptionnelles, une peinture réaliste de la vie des premiers musiciens de jazz et du milieu de la pègre à la Nouvelle-Orléans, à Chicago, New York et Kansas City. Ronald L. Morris lève ainsi le voile sur un pan méconnu de l’histoire de la culture populaire. Les gangsters, conclut-il, se sont comportés avec les jazzmen comme les grands mécènes de la Renaissance : « Il n’y eut peut-être jamais, dans toute l’histoire de l’art, d’association plus ­heureuse. »


Ella Fitzgerald (1949)
On a un peu de mal à se représenter les crapules que furent Lucky Luciano, Al Capone ou Meyer Lansky en "Laurent le Magnifique ", en mécènes éclairés de la Renaissance. Encore qu'au niveau de l'utilisation des poisons et autres moyens de se débarrasser de leurs contemporains, on doit trouver quelques points communs.
Ceci posé, l'auteur brosse un tableau déplorable des tripots d'avant le jazz, assommoirs dégueulasses, où la violence et le racisme régnaient en maîtres. Les Noirs avaient des juke joints où, vu les projectiles, les musiciens jouent souvent derrière un grillage. L'histoire du jazz débutant à la Nouvelle Orléans, les diverses mafias feront du quartier Storyville, the place to be, prenant les musiciens sous leur aile. Suite au grand ménage de 1917, mené par la police, tout ce beau monde montera vers Chicago. Petit à petit les gangs juifs et italiens vont tenir 90% des clubs de la côte Est. Et comme ça représente une belle source de revenus, ces boîtes vont devenir de splendides lieux de fête et de création musicale. Posséder un club fut surtout une façon de cacher d’autres activités (jeu, alcool de contrebande, stupéfiants), de rencontrer des gens influents (pour les piéger ou les corrompre), d'étaler sa richesse, son statut social et de séduire les femmes.
Fameux mécènes

Les collaborations entre mafieux et musiciens se sont plutôt bien passées à conditions de respecter certaines règles de base. Les gangsters attendaient de leurs employés qu’ils soient loyaux, travailleurs, élégants, discrets et qu’ils ne se mêlassent pas de leurs affaires. Bien entendu, il y aura pas mal d'accrochages, l'auteur en narre quelques-uns et pas mal de musiciens, y compris des légendes d'époque, n'hésitaient pas à se trimballer un flingue.
La crise de 1929 sonnera le glas de cette fête. Les clubs coulent, les jazzmen retrouvent la dèche et des guerres de gangs vont achever le tableau. Rajoutons que les politicards n'hésiteront pas à utiliser les arguments les plus racistes ou prêcher le retour l'ordre moral pour nettoyer cette racaille.
Bien entendu les mafieux les plus sérieux feront carrière avec ces mêmes politiciens.
C'est assez passionnant, même si on reste parfois sceptique devant ce "bon vieil âge d'or".
Où on y retrouve, entre autres, le "Duke" (ici dans le train A en 1939) :


Et aussi le "Fats"




vendredi 22 décembre 2017

En hommage à Bruxelles

Un clin d’œil à une ville qu'on aime bien et qui, a elle aussi, pas mal morflé ces derniers temps.
Cette comptine en forme de légende urbaine est prétexte une salutation aux camarades de Bruxelles et de ses environs. Gezondheid !
Et le Maneken Pis par Loic Lantoine...