Béranger avec la troupe La Roulotte dans les années 50
En 2004, un an après sa mort, parût un coffret de trois cds et un dvd consacré à François Béranger.
L'excellente sélection est déclinée selon les trois thèmes majeurs : la révolte, la poésie, l'amour.
En ce qui concerne le dvd, on y trouve un concert de 1998, un film de Philippe Worms, et l'unique clip,à notre connaissance, du bougon tendre et rieur : Chanson Folklo
Un autre extrait d'un entretien avec Jean-Pierre Alarcen (son guitariste attitré) et Béranger résume assez bien le bon gars.
On trouve aussi une jolie biographie du Monsieur, signée par Marc Robine en cliquant là.
Revenons sur le cas d'une chanson évoquée ici dans la version de Cher, de 1966.
En 1959, Georges Moustaki écrivit les paroles d'une chanson pour Édith Piaf, l'inoubliable musique en étant de Marguerite Monnot.
Succès foudroyant : grâce à cette histoire mélodramatique de la sempiternelle péripatéticienne au grand cœur accueillant un richard aux amours désespérés, la Môme vend 400 000 disques place la rengaine dans les hits parades de 11 pays.
Parmi moult reprises, celle de de la chanteuse hollandaise Corry Brokken créa de beaux remous. Dans le royaume batave de 1960, on se devait de ne pas évoquer la prostitution au pays d'Amsterdam et de Rotterdam.
Hypocrisie calviniste, quand tu nous tiens...
Un autre version fort populaire, fut celle de la rouge (dans les deux sens du terme) italienne Maria Ilva Bocalti, "Milva", chantée ici en duo avec l'auteur au piano, en 1983.
Quand il ne jouait pas encore le détective de Malet, Guy Marchand pouvait être marrant.
La preuve en est un extrait de son deuxième EP, L'Amoureux transi (EP RIVIERA 231.12) , la face B Tout en dansant la Rumba (novembre 1965) dans lequel il cabotine à souhait.
Allez, un peu de légèreté, c'est l'été.
Ringards et nostalgiques comme nous sommes, voici une chanson qui a fait et fera les beaux jours de quelques agapes et réunions arrosées.
Elle est d'un grand auteur du XIXème, Pierre-Antoine Dupont (1821-1870) poète, musicien et goguettier.
Orphelin, ce fils de forgeron lyonnais fut confié à un oncle curé dès ses quatre ans. Ne s'étant découvert aucun goût pour le séminaire, le jeune homme se fait ouvrier canut, puis employé de banque avant de rejoindre Paris pour y fréquenter assidûment les goguettes (futurs cabarets).
Il y rencontre Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Charles Baudelaire, tente, sans succès de solliciter un coup de main à Victor Hugo et copine avec Charles Gounod avec qui il créée le refrain Les bœufs ("J'ai deux grands bœufs dans mon étable, etc...").
En 1846, il écrit ce qui restera comme sa chanson la plus populaire, celle dont il est ici question, Le chant des ouvriers, hymne de la Révolution de 1848.
Retiré dans l'Essone, chantre de la vie rustique, cela ne l'empêche pas d'être membre du Comité central de résistance et de faire paraître, en 1849, son recueil Le Chant des paysans hostile au prince président Napoléon Bonaparte futur troisième.
Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, il se trouve sur la barricade du faubourg Saint-Antoine, ce qui lui vaut une condamnation à 7 ans de déportation.
Réfugié en Savoie, il se fait repenti pour obtenir sa grâce.
Aigri et alcoolique il retourne à Lyon en 1862 pour y mourir malgré le soutien de ses amis.
Pierre-Jean de Béranger disait de lui "Il est poète, plus poète que moi".
Ses chansons, Les carriers et Le chant des ouvriers (dit aussi la Marseillaise du peuple) accompagneront en musique de la Commune de Paris.
Marseillaise du peuple, peut-être, mais il s'agit bien ici de l'indépendance du monde, plus d'une quelconque nation. La version proposée ici n'est pas la plus répandue, par le récemment disparu Marc Ogeret, mais celle d'une chanteuse amie de Mac Orlan et de Dimey qui fonda un label pour chanter des chants révolutionnaires ou de maquis : Rosalie Dubois (née Jeanine Rolleau).
En conclusion, un peu de bon sens :
Après six années de loyaux service, il semble bien que la dernière émission de l'Herbe Tendre de la saison 2017 / 2018 soit... la dernière tout court.
Point de déception ou d'amertume là-dedans, juste, comme dans toute belle histoire d'amour, l'envie d'y mettre un terme avant que l'ennui ne vienne s'imposer.
Nous invitons donc tous et toutes les producteurs, productrices, les ex, ainsi que la chorale le Nez dans le ruisseau à venir ce lundi 2 juillet de 17 à 19h à Canal sud pour un thème qui sera, en toute simplicité Nos Indispensables.
Auditeurs, auditrices, à tout bientôt. Pour l'instant, ce blogue continuera en musardant de ci de là.
En avant goût, la grande Fréhel, un de nos amours de toujours, par laquelle advint cette émission, dans Comme un moineau.
Et puisque nous sommes tous destinés à crever au fond d'une impasse (Dead end street), nos estimés Kinks dans un film sur le destin de la working class qui fit son petit scandale en 1966
Des mazarinades aux poissonades, de Napoléon III au régime de Pétain, des grèves de la Belle Époque à la Guerre d'Espagne, de la Révolution de 1789 à mai 68, le détournement de chansons en vogue a toujours accompagné les mouvements sociaux ou émeutiers.
En ces temps d'idéologie libérale bestiale, le secteur de la Santé est un des plus frappé et il s'agit là, non seulement de mépriser patients ou personnel sous prétexte d'économies, mais purement et simplement de soumettre et de terroriser ce dernier.
Rien qu'à Toulouse, des mouvements de grèves se sont succédés ces derniers temps, en vrac, au CHR, brancardiers, transporteurs de plasma, secteur psychiatrique, ces jours-ci, les ASH de l'hôpital Joseph Ducuing (ex Varsovie) se battent contre leur privatisation.
Et voilà qu'une bande de soignants a pris l'initiative de tourner un clip un dimanche après-midi en reprenant un tube d'Orelsan (avec la bénédiction de l'auteur) en tâchant, selon leur termes "d'éviter tout corporatisme et de faire tourner cette parole de travailleurs".
Conformément à leurs vœux, on relaie volontiers. On précise aux non toulousains qu'une liste pas exhaustive des établissement hospitaliers se trouve dans la chanson et que la vidéo fut tournée sur la ligne du tramway qui circule devant le CHU Purpan (celui rebaptisé Pierre-Paul Riquet)
Ci-dessous, autre exemple d'initiative entre personnel, travailleurs et chômeurs du coin. À noter que la direction de cet hôpital "social" bien connu des toulousains n'hésite pas à employer les méthodes digne d'un patronat brutalement classique. Quand on pense que le salon de conférence de Joseph Ducuing s'appelle "Salle des guérilleros espagnols" , ça laisse rêveur.
Amis de la poésie, des villes qui ressemblaient encore à des villes, des bistrots et de la lutte des classes, bonjour.
Aujourd'hui n'est pas coutume, nous allons faire une petite virée ésotérique dans les recoins d'un Paris mystérieux et disparu.
Voici une émission du 4 juin 1964, de la série "la France insolite". Réalisée par Claudes Dagues, on y retrouve Armand Lanoux, Jean-Louis Bernard, Pierre Dérlon et, bien entendu, l'inévitable Jacques Yonnet.
Le Poème d'Apollinaire sur l'île est
récité par Jean-Marie Fertey.
Paris serait une ville "à sorcières, une ville à
maléfices". C'est ce que prétend démontrer ce documentaire qui
remonte au moyen-âge.
Le peintre et mage Baskin s'emploie à le confirmer : il y aurait des lieux maudits comme le pont, la rue de Bièvre, d'autres hauts lieux restés tels quels. C'était le
cas du haut de la montagne Sainte-Geneviève
ou la rue Clovis.
Pierre Derlon interprète un sort jeté par les gitans à un autre pont. Lui-même se revendique frère des
tziganes dotés d'étranges pouvoirs.
Pour Jean-Louis Bernard, Paris serait une pierre philosophale ceinturée de monuments mégalithiques alignés. Analysant des noms des localités françaises, il y trouve des parentés avec Isaurée et Isolde, adorés
par les anciens gaulois et leurs prédécesseurs. Les dieux égyptiens
étant cousins de ceux de la Gaule, les Égyptiens s'appelaient
Rômes c'est à dire des hommes qui avaient le sens de l'inconscient
et des pouvoirs magiques. Ben tiens, encore une confusion sur le peuple errant...
Après un détour par la
légende de la main de gloire, Armand Lanoux, qui a écrit
"Physiologie de Paris", souligne le fait que de nombreuses émotions populaires ont eu lieu au Faubourg Antoine dans le 12ème
arrondissement de Paris : forces telluriques, coups de rouge et peuple ouvrier se faisant arnaquer après chaque éclosion barricadière...
Un vrai régal pour l'amateur de vieilleries et de pittoresque social.