Et allez ! Encore une fois on sera pas foutus d'être là le 2 juin.
Par contre, le 9 étant férié pour d'obscures raisons, on fera notre première émission avec des invités et leurs instruments. Ce sera un chouette duo rencontré dans un sous-sol, Monte-à-regret et sa complice, Gigi qui jouera de son biniou et poussera sa goualante. A l'ancienne, quoi... Ne les cherchez point, ils n'ont pas enregsitrés.
Au répertoire, les chansons de rues et de malfrats comme on les aime. Rencard donc le 9 juin à 18h pour un programme un peu plus long que d'habitude.
Suite à de nombreuses demandes au sujet des chants staliniens disparus dans des collections particulières après l'ouverture des archives, le
camarade François Couillard nous transmet un fleuron culturel de la
Belle Province qu'on peut retouver et télécharger sur son blog.
Merci, camarade, encore quelques trouvailles de ce tonneau et nous hisserons ton portrait au portail de notre belle usine.
En guise de mise en bouche, un chant féministe "organisé"
Et une complainte prolétarienne qui rappelle quelque peu le GAM Belge :
En guise de conclusion, on se demande parfois si c'était vraiment mieux "avant" !
Encore une incursion dans cette variétoche Belge qui fit nos délices avec des nanars qui vont d'Annie Cordy à Plastic Bertrand.
C'est en 1980 que Jo Lemaire, accompagnée par son groupe, Flouze (voilà qui a le mérite de la franchise) réalise SON tube en reprenant une ritournelle de Gainsbourg dotée d'arrangements bien dans l'air du temps.
Au moins s'en dégae-t-il quelque émotion.
Depuis, Jo chante en français ou flamand et reprend du Piaf et du Brel avec un moindre succès.
Ça fait longtemps qu'on voulait rendre hommage aux cinq de Montpellier souvent attachants, parfois énervants mais qui nous auront fait passer quelques belles soirées plutôt agitées.
Et voilà que sort un documentaire, sans prétentions, de Marie-France Guiseppin qui nous épargne de rappeler la bio du groupe et qui, en prime, nous remet en mémoire la merveilleuse formule "sida mental"* sortie par cet abruti de Louis Pauwells dans le Figaro.
AAAARGGHHHH ! Le film vient d'être retiré, aplati, écrasé, censuré ou je sais plus comment on dit dans ce cas-là ! ( 28 février)
Du coup, un extrait de la cassette en public de chez Kronstatd de 1986 illustrée d'images parfois plus récentes et d'un personnage pénible en préambule
Et pour la route, la première chanson du premier disque
* Formule à l'emporte pièce censée définir la jeunesse qui fit les beaux jours de pas mal de chansons ou de fanzines. On y reviendra...
Chaque société produit les artistes qu'elle mérite.
Ainsi en ce week-end de fête qui voit la consécration une fois encore renouvellée -oh miracle !- de la Démocratie, de la Paix et du Marché dans cette vieille Europe qui connut tant de déchirements par le passé, nous proposons nous de vous faire (re)découvrir deux artistes qui portent haut les valeurs de l'Union.
Deux artistes plein d'allant, et deux européens convaincus, imaginatifs quoique pointilleux, sévères mais justes, gardiens et comptables des divers mérites de Bruxelles : la norme, la circulaire, et les Droits de l'homme, tout cela au service du libre-échange des idées et des biens.
Deux artistes engagés, à l'image de nos scrupuleux scribes qui oeuvrent, souvent dans l'ombre, à faire de ce monde un monde meilleur.
Deux artistes enfin, résolument artistes, dont le talent vrai fait l'indispensable liant à la bonne marche de notre Union qui peut parfois paraître bien lointaine aux yeux de beaucoup de nos concitoyens.
En effet, que serait donc notre Europe sans la Culture qui permet d'incarner les principes de liberté qui guident la construction du rêve européen ?
Que serait donc l'Europe, par exemple, sans son inamovible et néanmoins glorieux concours de l'Eurovision qui fait ressentir chaque année, à des millions d'européens captivés devant leur écran de télévision, ce frisson de l'appartenance à une grande Communauté ?
Que serait l'Europe, enfin, sans ces francs-tireurs isolés, tels les chansonniers que nous vous présentons aujourd'hui, qui, sans subvention aucune, soutenus seulement par leur foi inébranlable en l'idéal démocratique transfrontalier, labourent inlassablement nos terres confraternelles , pour en faire surgir le substantifique humus qui fera grandir le projet européen ? Je vous le demande, chers lecteurs !
Mais trêve de discours oiseux, laissons s'exprimer la fibre artistique :
Entre ici, Joseph Lhommeau avec ton sinistre cortège de grattes-papiers... Une chanson bien en avance sur son temps et résolument pro-européenne.
Nos auditeurs les plus avertis auront reconnu là une chanson que ce vieil entourloupeur de Serge nous infligea lors de notre émission consacrée à la variété.
Et toi, Michel Farinet, reprend le flambeau de ton illustre prédécesseur et défend l'instauration de cette généreuse idée qui a rendu les Européens sans conteste plus proches : la Monnaie Unique . Spéciale dédicace à Jacques Delors !
Et n'oubliez pas d'accomplir votre devoir citoyen !
On profite d'une pause médiatique et électorale (pouf ! pouf !) du match Russie / Ukraine pour vous envoyer le bon vieux tovaritch tristoune dans toute sa poésie.
J'vous vends pas des salades, ce n'est pas la saison
J'voyais pas une parade, mais mon exécution.
D'où me vient ce destin, ce triste itinéraire ?
Je ne sais que trop bien, mais j'ai promis d'me taire.
Mon commandant a failli me sauver, mais
Mon crime n'est pas de ceux qui se rachètent
Le peloton obéit sans traîner
Mais y'en a un qui n'a pas pressé la gâchette
Mon sort est tout tordu, d'ennui en anicroche :
J'ai la langue bien pendue mais je n'ai pas de poche !
Et notre commissaire, — un zélé communiste —
M'a mis dans ses affaires, m'a inscrit sur sa liste.
Puis il dévoila les faits fracassants
Dans des chemises reliées et des pochettes
Tout le monde y était impuissant
Sauf le p'tit gars qui n'a pas pressé la gâchette.
La main tombe dans le vide, un « Feu ! » déchire l'air :
Cette salve sera mon guide vers l'aut' côté d'la terre.
Mais j'entends « Il respire, soignez-moi cette enflure !
On fusille pas deux fois, même quand y'a une bavure. »
Et le docteur n'en croyait pas ses yeux
Il retirait les balles, secouant la tête.
Et moi en douce, dans mon délire fiévreux,
J'parlais au gars qui n'a pas pressé la gâchette.
Je soignais mes blessures, les léchant comme un chien
Malgré ça populaire chez le genre féminin
De tous les hôpitaux où j'étais d'aventure
« Hé, viens, l'inachevé, c'est l'heure de la piqure »
Notre bataillon écrasait les Prusses
Et j'envoyais mon glucose en Crimée
Pour que la guerre soit un p'tit peu plus douce
Pour qui ? Bah celui qui n'a pas tiré
Buvant de la soucoupe mon thé parfois corsé
J'ai pu rejoindre nos troupes, vu que j'n'ai pas clamcé.
Mon commandant me dit « Prends ton fusil mon gars
Et cette bavure mon p'tit, Je crois que j'm'en plains pas »
J'me plaindrais pas non plus, mais en sanglots
Comme une baleine, je mugis dans le pré.
Un allemand a achevé l'boulot
En tuant celui qui n'a pas tiré.
Titre original : «Тот, который не стрелял» (Владимир Высоцкий, 1973)
Puisqu'il nous tend des perches, un petit clin d'oeil amical à notre camarade Lexomaniaque qui a publié sur son blogue l'excellent album de Mouloudji, chantant, déclamant, chevrotant Bernard Dimey : Poèmes voyous. Un extrait.