mardi 9 mai 2017

En mai, des lendemains qui (dé) chantent

George Grosz : Les piliers de la société.
Le 7 mai fut un bien bel anniversaire car il parvint à couvrir la rumeur d'une élection pathétique.

Grand merci à Léo et Éléonore, aux Lauren Bacalao, à Skin & Wire, aux Modest Lovers, aux Ex Tatas et à tous et toutes pour coups de mains et chaleur humaine.

Et c'est une équipe au grand complet qui se pencha dès le lendemain sur un futur radieux ou irradié, selon le cas.

Détail important, la technique nous ayant trahis, les moult occupants du studio n'avaient pas de son. Ce qui explique le côté décousu ou quelques variations sonores. L'ampli incriminé devrait prochainement revenir au bercail.

Voici malgré tout notre petit florilège de la chanson d'espoir et de désespoir :





OTH                                           Quelle sacrée revanche
Chorale Populaire de Paris       Au devant de la vie
Margueritte Bervoets                Lettre
Claude Channes                         Mao, Mao
Lise Médini                                Charognes
Maxime Le Forestier                 Honte à qui chante
ZEP                                            Sans la nommer
La Cliqua                                   Un dernier jour sur Terre
Fontaine / Arezki                       Le bonheur
Les Poppies                               Rien n'a changé
Les Wriggles                              Plouf !
Bulldozer                                   Oh yeah, oh no
Vanessa Hachloum                    Paris s'éveille
Markos Vamrakaris                  Premier ministre
Barbara                                     Les boutons dorés
Francesca Solleville                  On ne sera jamais vieux
Maître Gazonga                        Les jaloux saboteurs
Serge Reggiani                          Il suffirait de presque rien
Fabe                                           Changer le monde
CPP                                            La jeunesse 

Cette émission se retrouve sur le site de la radio.
Et puis, puisqu'il faut toujours revenir à la Commune de Paris, cette chanson de Jean-Baptiste Clément interprétée par Armand Mestral, Francesca Solleville et les Octaves sur le sort que nous réservent nos maîtres dès qu'ils se sentent un tant soit peu remis en cause.


Président français, cuvée 2017

dimanche 7 mai 2017

Jacques Marchais chantait Dimey

Voilà un trop long moment qu'on n'avait pas évoqué notre cher disparu, Jacques Marchais (1931-2006).
Alors, en guise de respiration en cette époque de brutes, il nous revient chantant un Bernard Dimey aux accents courtois, morceau édité dans le 30 cm BAM C 432 "Récital n°2" ou dans le maxi 4 titres BAM EX 624 "Jacques Marchais chante"...
Sortilèges avait également été chanté par Barbara.

À la guitare, on entend Jacques Marchais et Jean-François Gaël, à la basse, François Rabbath.

Merci à Dominique HMG pour cette pause.

 

Achtung ! Achtung ! Vu la riche programmation, l'émission radio du lundi 8 mai commencera à 17h30, qu'on se le dise ! (sur canalsud.net




jeudi 4 mai 2017

Prévert se reprenait lui-même

Gréco avec Joseph Kosma
Originellement, Prévert avait écrit "À la belle étoile" pour le film "Le crime de Monsieur Lange" de Renoir.
La chanson était alors interprétée par Florelle, on vous en avait causé à l'époque .
La guerre, l'occupation, puis la libération étant passées par là, le Jacquot éprouva le besoin de remanier et compléter son texte pour la parution de son recueil, Paroles.
Procédant par opposition, il y a dépeint un métro aérien à La Chapelle, un truand nommé Richard le Blanc sur le boulevard Richard Lenoir et un Espagnol sur celui des Italiens.
Ainsi qu'un aréopage de vieux tapins, vauriens du quartier, clodos affamés, incurables antisémites, et flics ratonneurs.
L'aimable rengaine du film devient un hommage sans espoir à ceux qui en bavent et à un certain Paris du populo.
Juliette Gréco la chanta en 1951.


Profitons de l'occasion pour insister sur le fait que Prévert ne fut pas que le poète un peu niaiseux qu'on nous apprit à l'école mais, à ses heures, un véritable teigneux. Démonstration : ce texte de circonstance très joliment dit par un Serge Reggiani très en verve : "Tentative de description d'un dîner de tête à Paris, France".


lundi 1 mai 2017

Démarrer la journée avec Makhno

L'auteur pond un tube (1917)

Prolétaires du monde entier, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez-la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs.


Nous n’avons rien à ajouter à cette phrase, testament de la Makhnovchina, citée par le camarade Piotr Archinov.
Si ce n’est cette chanson qui, selon la légende, aurait été écrite par le batko lui-même en 1917 (se trouvant en taule, il avait un peu de temps libre). Si certains termes semblent obscurs, on en précise plus à cet article.


Idéal pour démarrer la journée en cette époque bourrique.


Orchestre (de percussions) makhnoviste

Et puisqu'on est chez les cosaques, un groupe de là-bas : "La horde anarchiste" :



Ainsi qu'un chant millénariste anonyme nous venant de France (1896 ?)



vendredi 28 avril 2017

On a chanté les Dalton

Coffeyville, 1892, Grat et Bob Dalton sont au milieu
Maintenant que nous voilà débarrassés d'au moins deux des quatre (Onze ? Vraiment ?) malfaisants pour subir, par défaut, les deux étrons restants (que par paresse, nous nommerons la Brute et le Truand), penchons-nous sur le cas d'une autre bande.
US marshall dans l'Arkansas, l'aîné de la fratrie Dalton, Frank, s'est fait abattre dans l'exercice de ses fonctions. Les frères restants, Robert "Bob", Emett, Bill et "Grat" vont se tailler une réputation, souvent calomnieuse, de bandits de grands chemins avec une prédilection certaine pour le pillage des trains et banques de la Southern Pacific.


Pas si méchants que ça et surtout pas du tout idiots, ces outlaws épongent les dettes des fermiers, se tissant ainsi un réseau de complicité dans une population qui les avertit des mouvements des forces de l'ordre.
Leur carrière criminelle s'arrête brutalement, lors du braquage des deux banques de Coffeyville (Kansas, 1892). Cernés par la population, Bob et Gratt Dalton sont abattus avec leurs complices Bill Powers et Dick Broadwell. Emett, truffé de vingt-trois balles, survivra pour partir vers quinze ans de prison, puis d'achever sa vie dans l'industrie du cinéma, scénariste à Hollywood, en 1937.
Le dernier frangin, Bill menait à cette époque une vie d'honnête fermier.
C'est par les chansons populaires que le gang des Frères Jesse et Frank James, belle bande d'assassins, a gagné une notoriété bien plus durable que ces bandits qui, eux, ne s'en prenaient vraiment qu'aux capitalistes. 

Le coup de génie du scénariste René Goscinny fut d'avoir créé, à partir de ces personnages historiques, quatre méchants, d'abord assassinés*, puis ressuscités sous forme de cousins, dans la série Lucky Luke (1957). Les lecteurs adoptèrent immédiatement la bande des quatre.
C'est à Joe Dassin, fils de Jules, excellent cinéaste exilé des États-Unis pour cause de "chasse aux sorcières", comme on appelait l'hystérie anti-communiste, qu'il revint d'écrire la chanson qui fit la joie des petits et grands en 1967, à partir des personnages de Goscinny.
Et tagada, tagada, voilà le scopitone...


La version de Morris et Gosciny

Curiosité amusante, un groupe, plus ou moins surf rock, du tout début des années 60, avait déjà adopté le patronyme des bandits d'honneur. Il s'agissait de Long Chris et les Daltons qu'on retrouve ici, en 1962, dans l'adaptation de ce classique du sauvage et regretté Gene Vincent, I'm going home.


Terminons cette tournée Dalton par une version d'un petit gars de Nancy sur le cas duquel nous reviendrons : King Automatic, certainement un des "one-man band" (homme-orchestre, quoi) les plus réjouissants de ce pays à la con (et on cause pas là de Nancy, ville aux recoins tout à fait agréable, mais bien de la nation). 

                                   *Comme le fait justement remarquer Wrob en commentaire, les quatre premiers Dalton sont de Morris seul. Gosciny créera les personnages des cousins qui connaîtront la gloire.

mardi 25 avril 2017

France Société anonyme (Actualités)

Jeune financier plein d'avenir
Si comme l'affirmait certain barbu en paraphrasant Hegel, l'histoire ne repasse jamais les plats sauf sur le mode de la farce, on peut affirmer que nous vivons une époque tout à fait hilarante.  

En ce qui concerne l'avenir, on ne peut qu'être rassurés, que ce soit pour celui du Bonimenteur de la jet-set ou de la Mère Fouettard.
Ces deux-là trouveront toujours suffisamment de lâches, d'opportunistes, de flics, de beaufs bien rassis prêts à se donner de l'importance, d'intellectuels organiques, de syndicalistes qui n'ont pas vu une pointeuse depuis des années, de journalistes cireurs de pompes, bref, de toute cette lie de l'humanité qui émerge dans ce genre de circonstance pour avoir le cul bien assis sur leur trône. Ça se bouscule déjà.
Pour notre part, nous persistons à penser que la vie est ailleurs. Et que tout se paye du moment qu'on ne se contente pas de s'abstenir.
Rien de bien neuf depuis 1984.

Patriotes décomplexés en costume folklorique

dimanche 23 avril 2017

Aznavour joueur

Tu t'laisses aller
On a parfois reproché à cet excellent acteur de cinéma qu'est Charles Aznavour de posséder une technique de chant irréprochable pour la mettre au service d'un déplorable manque d'émotion.
Sans pour autant négliger le fait qu'il est un auteur compositeur émérite.

Pour contredire cette opinion un peu injuste sur le petit homme aux huit cent chansons, voyez ce petit film de 1965.
Diction remarquable, piano swinguant en diable et œil goguenard dans ce petit bijou redécouvert grâce à la série consacrée à Guy Debord des Chemins de la philosophie sur (ce qu'il reste encore de) France Culture.