mardi 6 octobre 2015

Octobre érotique et sensuel (on fait s'qu'on peut)

Lumière vaginale

Tout ce que vous avez voulu savoir sur le sexe : voilà l'émission pour galopins que vous attendiez.
Bref, on a tenté de démontrer que gauloiserie et bon goût, sensualité et amoralisme pouvaient se côtoyer. Y sommes-nous parvenus ? Un peu et un peu pas, comme d'hab.
Allez zou :
Les frères Jacques             En revenant de Charenton
Sylvain Richandot              Le mot et la chose
Les 4 Barbus                     À l'auberge de l'écu
Colette Renard                   La puce
Pierre Perret                      Celui d'Alice
Bobby Lapointe                  Comprend qui peut
Suzy Solidor                       Ouvre
Robert Fenneck                  Les nuits d'un damoiseau
Lionel rocheman                 Gaillardise
Bashung                             SOS Amor
Gnawa Diffusion                  Je voudrais être un fauteuil
Jean Guidoni                       Viril
Cazoul                                C'est Hesstra
Nono Deslaurier                  Le Père Thibodeau

On peut écouter ou télécharger à cette adresse

En supplément, une autocritique d'Hubert-Félix 

PS en guise d'excuses : par faute d'une table de mixage capricieuse,une partie de l'émission, celle des communications  téléphoniques, est devenue inaudible. Ce qui donne un certain moment de dialogue absurde et...du silence.

dimanche 4 octobre 2015

Marcel Aymé, les chansons et les faits divers


Le camarade Wroblewski nous communique :
Je suis tombés sur deux articles de Marcel Aymé en annexe de ses romans dans
la Pleïade (...) 


Ces deux articles n'ont rien de transcendant, mais ils sont amusants, ont un charme désuet (tout en gardant une grande part d'actualité : par exemple la chanson crétinisante qui n'a cessé de proliférer jusqu'à nos jours, avec des moyens bien supérieurs à la TSF et au cinéma), et surtout ils évoquent des personnages déjà entendus sur DLHT : Béranger, Marianne Oswald*, et puis un certain Jules, un certain Octave, un certain Raymond... des poteaux quoi.

 En ce qui concerne le père Marcel, on se contentera de rajouter cette anecdote :
à un président de la République voulant lui remettre la Légion d'honneur, il écrivit : « Je vous laisse à vos plaisirs élyséens. Votre Légion d'honneur, vous pouvez vous la carrer dans le train. »

CHANSONS
Notre siècle est décidément celui de l'image (...), la chanson n'illustre plus, comme autrefois, les grands faits divers. 
Avant les perfectionnements du cinéma et de la reproduction phonographique, il n'y avait pas de crime un peu important, d'escroquerie de haut vol, qui ne fussent mis en couplet. Le drame de Chatou, les chèques de Panama, le coffre-fort de Thérèse Humbert et tant d'autres affaires excitèrent, à l'époque la verve satirique ou l'imagination des chansonniers. Pour ma part, je me souviens d'avoir entendu célébrer, sur l'air de La valse brune, les exploits de Bonnot, Garnier, Raymond la science et les autres :
La terrible bande
Laisse un frisson de légende
Et tout Paris se demande... 
Mais j'ai oublié la suite qui valait peut-être mieux que le début.Comme on le voit, ces rimes étaient confortables et le ton des premiers vers à la hauteur de l'épopée. Le temps avait probablement manqué pour composer une mélodie originale et on avait adapté les paroles à un air connu.
c'est que le public d'alors était exigeant, il le pressait de pouvoir fredonner son indignation ou sa pitié. Un beau crime, un beau scandale qui ne fussent pas accompagnés d'un refrain étaient, pour lui, comme une cérémonie sans Marseillaise.
Concert du Bonnot's Band, 1911

La vérité, ou ce qui en tient lieu habituellement ne lui suffisait pas, il voulait pouvoir en disposer à tout instant. La chanson comblait précisément ce qui reste vacant aujourd'hui.
elle est, en effet, un moyen d'information beaucoup plus sûr que la presse et la TSF. Les journaux renseignent avec plus d'abondance mais ils ne sollicitent guère la réflexion que dans l'instant où on les lit. La chanson a sur eux cet avantage d'être toujours présente à la mémoire, ou au moins disponible.
Elle résume encore un événement deux ans après qu'il s'est produit et, dans les meilleurs cas, en restitue l'atmosphère. La complainte de Fualdès en est un exemple fameux : elle a permis que le souvenir d'un assassinat crapuleux mais, après tout assez banal, traverse tout un siècle.


Le proverbe qui dit qu'en France tout finit par des chansons est une ânerie, comme la plupart des proverbes. 
Au temps où il avait cours, les chansons empêchaient, au contraire, l'oubli de se faire trop vite sur une affaire scandaleuse.
La presse n'osait pas étouffer un scandale avec une discrétion trop précipitée alors que le public en avait encore les échos en écoutant les chanteurs de rues ; les consciences mal assurées sentaient une certaine résistance, d'ailleurs illusoire, chez les naïfs qui reprenaient au refrain et la tentation de les plumer était moins pressante. Le fait est qu'à l'époque où on chantai encore, les grands krachs étaient plus espacés qu'aujourd'hui. Ainsi, la chanson, en dépit d'une injuste réputation de légèreté fut-elle comme l'auxiliaire de la vertu.

Une chanson d'Eugène Pottier par Trois Lignes de Bling  


Le grand Krach. 

Elle était même bien souvent, au lieu d'une fin, un commencement. Au cours du XIXème siècle, la chanson a joué un rôle de premier ordre dans l'avènement et la débâcle de divers régimes qui se sont suc cédés en France. Les couplets de Béranger ont eu plus d'efficacité que les discours les plus habiles et c'est une mauvaise chanson qui a contribué à pousser Napoléon III à la présidence de la république. Et peut-être qu'à l'occasion de l'affaire Stavisky, un couplet habile et violent, chanté sur un air endiablé, aurait réussi à émouvoir l'opinion publique. Mais c'est bien improbable et d'ailleurs, le public est lui-même trop compromis dans cette saleté pour qu'une chanson lui rende le sentiment de la pudeur. et puis la chanson est morte et enterrée.
Chanson de Paul Burani et Antonin Louis (interprétée par Francesca Soleville) célébrant la chute de Napoléon III

Pourtant, il existe bien des chansonniers qui chantent dans les cabarets, sur la scène des petits théâtres spécialisés. Ils ne se font pas même faute de chansonner l'actualité et certains savent être mordants.
Malheureusement, ils font trop de bons mots qui sont difficilement transportables ; leurs saillies n'intéressent qu'un public restreint. Il leur manque la simplicité, la conviction naïve qui assuraient autrefois le succès des refrains populaires. Les chansons qui charmaient les foules avant la guerre ressemblaient beaucoup à des images d'Épinal, elles avaient les mêmes couleurs franches, un peu criardes. Les paroles étaient banales, souvent maladroites mais l'intention était sûre et le public avait beaucoup de bonne volonté. 
Il en a encore, la preuve en est qu'il accueille avec faveur les romances d'amour. Hélas ! Pauvres romances, triste sirop de cinéma ! Quand on pense que c'est avec ça que les mères bercent aujourd'hui leurs marmots, on se demande à quel degré d'abrutissement sera réduite la génération 1950. On voudrait croire que ces fadaises passeront de mode. Malheureusement, elles ont des moyens de s'imposer qui leur assurent à peu près l'impunité.
Ce sont le cinéma parlant, le phonographe et la radiophonie qui leur ont permis de concurrencer la chanson populaire et d'en venir finalement à bout. On ne peut rien contre ces puissances, il n'y a qu'à reprendre au refrain.   

* Pour Marianne Oswald, on publiera très prochainement l'autre article.
Comme l'indique l'allusion brûlante à Stavisky, cet article est daté du 24 janvier 1934. 

jeudi 1 octobre 2015

L'Affaire des Quatorze (1)





    On entame une petite série sur le bouquin de l'historien américain Robert Darnton L'Affaire des Quatorze (Gallimard, collection nrf essais, 2014). Darnton qui est quand même directeur des bibliothèques d'Harvard (!) et éminent spécialiste des Lumières et de l'histoire de l'écrit sous l'ancien régime, signe un petit essai fort intéressant sur l'art de la chanson, de sa confection à sa réception à travers une étude de cas, "l'affaire des Quatorze".
 Allez, on vous livre sans plus tarder la quatrième de couv', suivie d'un extrait :

  C'est un étrange dossier des archives de la Bastille et l'un des plus fascinants, fait de paperolles, qu'ouvre, pour la première fois, Robert Darnton.
Au printemps de 1749, le lieutenant général de police à Paris reçut l'ordre de capturer l'auteur d'une ode moquant le roi et sa maîtresse. Le mot fut passé aux légions d'informateurs, ou mouches, et bientôt quatorze personnes croupirent dans les geôles – des prêtres, des clercs et des étudiants.
Griffonnés sur des bouts de papier, les vers circulaient de cabarets en dîners avec grand succès. Robert Darnton ne reconstitue pas seulement une affaire de création collective ; il tire les mailles d'un étonnant filet : celui de la communication orale, politique, dans le Paris populaire du XVIIIe siècle. La plupart des hommes et surtout des femmes ne maîtrisant pas la lecture, le moyen mnémotechnique le plus efficace était la musique. Les poèmes étaient composés pour être chantés sur des airs célèbres que l'on retrouve dans les recueils connus sous le nom de chansonnier.


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    Le dernier poème de l'Affaire des Quatorze, "Qu'une bâtarde de catin", était le plus simple de tous et celui qui toucha le public le plus large. Comme beaucoup de poèmes de circonstance à l'époque, il fut écrit pour être chanté sur un air populaire identifié dans certaines versions par son refrain : "Ah ! le voilà, ah ! le voici". Ce refrain, couplet entêtant, complétait les strophes composées d'octosyllabes aux rimes croisées. La versification se conformait au schéma le plus commun de la ballade française, a-b-a-b-c-c, et se prêtait à une extension infinie parce qu'il était aisé d'improviser de nouveaux couplets et de les ajouter aux anciens. Chaque couplet attaquait une personnalité publique tandis que le refrain rejetait l'invective sur le roi qui apparaissait comme la victime d'une plaisanterie ou comme le nigaud dans un jeu d'enfants où ses sujets auraient dansé autour de lui en chantant par dérision : "Ah ! le voilà, ah ! le voici / Celui qui n'en a nul souci" - comme s'il avait été la biquette que le chien finalement mord dans la comptine : "Ah ! tu sortiras Biquette, Biquette, / Ah ! tu sortiras de ce chou-là ! ". Que cette chanson eût ou non évoqué un jeu à son auditoire dans la France du XVIIIe siècle, son refrain faisait de Louis un imbécile incapable qui s'adonnait aux plaisirs alors que ses ministres tondaient ses sujets et que le royaume allait à la ruine. Des groupes de Parisiens entonnaient souvent des refrains de "pont-neufs", ces chansons sur les événements courants que vociféraient chanteurs des rues et colporteurs aux points de rencontre comme le pont Neuf lui-même. Il semble probable que l'ode "Qu'une bâtarde de catin" ait ainsi déclenché en écho des choeurs ironiques partout dans Paris en 1749.
    La moquerie s'en prenait pour commencer à Louis XV lui-même et à Mme de Pompadour :

Qu'une bâtarde de catin
À la cour se voie avancée,
Que dans l'amour et dans le vin
Louis cherche une gloire aisée,
Ah ! le voilà, ah ! le voici
Celui qui n'en a nul souci.

    Ensuite la satire procédait en descendant, de la reine (représentée comme une bigote abandonnée par le roi) au dauphin (remarquable pour sa stupidité et son obésité), au frère de la Pompadour (ridicule dans ses tentatives pour se donner l'allure d'un grand seigneur), au maréchal de Saxe (fat se prenant pour Alexandre le Grand alors qu'il n'avait conquis que des places qui n'opposaient aucune résistance), au chancelier (trop sénile pour administrer la justice), aux autres ministres (impuissants ou incompétents) et à divers courtisans (chacun plus stupide ou dissolu que le suivant).
    À mesure que la chanson circulait, les Parisiens modifiaient d'anciens couplets  et en ajoutaient de nouveaux. Ce genre d'improvisation constituait un divertissement populaire dans les tavernes, sur les boulevards et sur les quais où des foules s'assemblaient autour des chanteurs jouant du violon ou de la vielle. La versification était si simple que tout un chacun pouvait insérer une nouvelle paire de rimes dans l'ancienne mélodie et la répandre alentour par la voix ou par l'écrit. Bien que l'ode originelle ait pu venir de la cour, elle ne cessa de gagner en popularité et couvrit un spectre toujours plus vaste de problèmes contemporains en s'étoffant de couplets. Les copies de 1747 ne sont guère plus qu'une moquerie des figures éminentes de Versailles, ainsi que l'indique le titre cité dans les rapports de la police, "Échos de la Cour". Mais, en 1749, les strophes greffées sur les vers originels couvraient toute sorte d'événements du moment  - les négociations de paix à Aix-la-Chapelle, l'administration impopulaire de la police par Berryer, les récentes querelles de Voltaire, le triomphe de son rival, Prosper Jolyot de Crébillon, à la Comédie française, et le cocufiage du fermier général La Popelinière par le maréchal de Richelieu qui avait fait installer une plaque tournante dans la cheminée de la chambre de Mme La Popelinière afin de pouvoir entrer par cette porte secrète pivotante.
    Le processus de diffusion laissa son empreinte sur les textes eux-mêmes. Deux copies de "Qu'une bâtarde de catin" ont survécu dans leur état premier - c'est-à-dire sur des bouts de papiers qui étaient transportés dans les poches afin d'être déclamés dans les cafés, échangés contre d'autres poèmes ou laissés en des endroits stratégiques comme les bancs des jardins des Tuileries. La première copie fut saisie par la police quand elle fouilla Pidansat de Mairoibert à la Bastille après son arrestation pour avoir déclamé des vers contre le roi et Mme de Pompadour dans les cafés. Avec elle, les policiers confisquèrent aussi un bout de papier semblable avec deux couplets d'une chanson qui attaquait la marquise. Ils appartenaient à un cycle d'odes connues sous le nom de Poissonnades parce que les paroles contenaient des jeux de mots infinis sur le nom de jeune fille à consonance vulgaire de la Pompadour, Jeanne-Antoinette Poisson.


(Chapitre X, Une chanson.)



...Car les poissons avalent tout... Comprenez-vous ?






lundi 28 septembre 2015

Émission d'octobre : Erotissimo

Allez, une petite leçon de grec ancien en préambule

Pornoï : ceux qui se livrent à l’inconduite sexuelle. Autre traduction prostitués.

Pornikon :  impôt prélevé sur les maisons closes par l'État Athénien antique qui, à l'instar du notre était déjà un sacré proxénète.

 Pornographie : marchandise comme une autre.

 Nous passons donc une majorité de notre existence à dormir, à nous nourrir et, pour pas mal d'entre nous, à bosser ou du moins à trouver de quoi se nourrir ou s'habiller.
On constatera que le temps laissé à la fornication est assez négligeable en regard de ce que cette (généralement) saine activité inspire les humains et laisse des traces dans les arts.
Assez tourné autour du popotin, donc, l'Herbe Tendre vous pose la question : une chanson érotico-leste doit-elle être obligatoirement vulgaire, beauf, lourdingue ?
On tâchera de prouver le contraire le lundi 5 octobre à 18h sur Canal Sud ou canalsud.net 

 En apéro Higelin en forme en 1979
 

samedi 26 septembre 2015

L'incendie millénariste

Et treize mille belles en rab'

Non, contrairement à ce que d'aucun affirment chez wikipedia, le groupe affinitaire Os Cangaceiros n'est  aucunement issu du groupe affinitaire "Les Fossoyeurs du vieux monde".
Une plongée au cœur des archives nous permet d'affirmer qu'un ancien chantre de la Révolution Nationale*, l'immense André Dassary, avait viré voyou d'honneur brésilien longtemps avant que la fameuse revue incendiaire n'aille atterrir dans certains kiosques.
Comme notre éthique nous interdit de diffuser des pétainistes, même repentis et passés au banditisme ultra-gauche, nous vous envoyons cet hymne au pillage et à la rébellion interprété par le très besogneux Albert Bessout.

En saluant bien bas les Hobos du Val de Seine au passage.


* L'avait qu'a pas enregistrer "Maréchal nous voilà". Comme tant d'autres, d'ailleurs.

mercredi 23 septembre 2015

Parenthèse d'actualité : procès à Toulouse

Il y a 4 ans démarrait une longue histoire comme la justice sait les mener, faite d’enquêtes interminables, de détentions, de contrôles judiciaires... le 29 Septembre prochain aura peut-être lieu la fin de "l’Affaire de Labège".
Petit rappel historique et appel à la solidarité !

Affaire de Labège : épilogue ?

Rassemblement de soutien devant le TGI de Toulouse, le mardi 29 septembre de 12h à 14h

Tout commence par un week-end agité en mai 2011. A l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur, à 40 km à l’Est de Toulouse, les prisonniers décident de ne plus courber l’échine face aux surveillants de l’Administration Pénitentiaire et aux éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Des insultes en tout genre, le saccage d’une dizaine de cellules et sept départs de feu amènent l’Administration Pénitentiaire à qualifier la situation de « mutinerie ».
Face à cette « rébellion généralisée », les Equipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS), seules forces habilitées à intervenir sur le terrain carcéral, écrasent les détenus récalcitrants et prennent possession de la prison. S’en suit une grève d’éducateurs, dénonçant leurs conditions de travail, réclamant plus de moyens pour plus de bâton, défendant coûte que coûte leur corporation, comme n’importe quel maton.
Mais, à l’extérieur de la prison, la nouvelle tourne. Tandis que des personnes solidaires décident alors d’organiser le soutien, de se rendre à la prison pour rencontrer les familles de détenus, de convoquer à des réunions d’information au sujet des EPM et de la Justice des Mineurs, d’autres, le 5 juillet 2011, s’invitent dans les locaux de la direction régionale de la PJJ dans la commune de Labège, tagguent les murs et déversent du lisier, certainement pour rappeler à quel point leur travail pue la merde.



Durant quatre mois d’enquête, les services de la gendarmerie vont s’intéresser à ce qu’ils appellent « la mouvance ultragauche ». Après une opération coup de poing dans sept lieux de vie toulousains, l’enquête aboutit à la mise en examen de cinq personnes puis la mise en détention provisoire de quatre d’entre elles, la dernière étant placée sous contrôle judiciaire. Après deux à trois mois de détention, les inculpé.e.s ressortent sous contrôle judiciaire et ce, jusqu’à la clôture de l’instruction, en septembre 2014. Aujourd’hui, ces cinq personnes passent en procès pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations », « violences en réunion » et « dégradation en réunion ». Toutes nient leur participation à cette action.
Si nous appelons à un rassemblement devant le Tribunal ce mardi 29 septembre de 12h à 14h, ce n’est pas pour dénoncer une Justice disproportionnée. La Justice n’est ni disproportionnée, ni aveugle. Elle est l’outil nécessaire au maintien de l’ordre social et réprime celles et ceux qui ont décidé de déroger aux règles du jeu capitaliste ou de s’organiser contre elles. Si nous appelons à ce rassemblement, c’est pour partager avec le maximum de monde notre refus de l’isolement judiciaire et notre critique du système répressif, un système répressif qui sévit partout où les prolétaires disent merde à leur misère, des personnes fichées pour leurs activités subversives aux détenus qui foutent le feu à leur cellule en passant par les réfugiés enfermés sous prétexte qu’ils resquillent les frontières.
Venez nombreuses et nombreux pour discuter, chanter et manger devant ce charmant TGI de Toulouse à 12H, mardi 29 septembre.
Comité de soutien 

Une chanson de Patrick Denain qui évoque "La petite Roquette" (prison pour mineurs 1830-1899). Chanson anonyme de 1906.

dimanche 20 septembre 2015

Vivre vite, mourir jeune et laisser une belle image

Scène de la transaction* démocratique espagnole
On profite de l'édition d'un livre consacré au groupe du Mans, Nuclear Device, coédité par nos camarades de Libertalia et de la Boite à Outil pour se pencher sur une chanson de ce groupe qui fit les beaux jours de nos années quatre-vingt.
Sans raconter notre vie, ça nous rappelle une anecdote.
C'était en 1985 (ou 1986, d'ailleurs). Lassés des concerts hors de prix et d'attendre que nos groupes chéris daignent avoir la faveur d'un tourneur, avec quelques potes du Mirail, on organisa un concert en banlieue toulousaine, une soirée avec le label Bondage : au programme Washington Dead Cats, Ludwig von 88, les Béruriers Noir et Nuclear Device.
Au cours de la conversation avec ces derniers, après les avoir gentiment moqués pour leur titre "Arriba España" (en cette ville qui se targuait d'être la deuxième capitale espagnole, l'utilisation de ce slogan franquiste en fit s'étrangler plus d'un) on causa cinoche. Et on leur conseilla chaudement d'aller voir un de nos films, préféré qu'on regardait alors en boucle, Deprisa, deprisa (en français Vivre vite) de Carlos Saura.
Non seulement nos sarthois ont suivi le conseil mais ils en ont tiré profit.
Deprisa, deprisa, c'est un peu l'apogée du film Quinqui**, genre spécifiquement espagnol des années 1976 / 1984.

Loin des frasques des branchouilles petits bourgeois de la Movida, ces films narraient les aventures de délinquants juvéniles (interprétés par de vrais voyous souvent payés sur la bête) dans leur quotidien au sein d'un pays d'après dictature où rien n'avait changé.
Des bagnoles, des braquages, de la dope, des filles et des garçons perdus dans leurs quartiers de clapiers en construction, des flics tortionnaires, voilà qui fit le quotidien des jeunes de Madrid, Barcelone ou Bilbao et le succès de ce sous-genre cinématographique (un million d'entrées pour Perros callejeros de Antonio de la Loma)    
On a même vu certains bandits célébres comme El Torete ou El Vaquilla y faire des apparitions.
Longtemps avant l'existence du gangsta rap, la bande son de ces films était constituée de beaucoup de flamenco à tendance rumbero, d'un peu de rock local et d'une pincée de disco.
Carlos Saura avait anticipé le genre d'une bonne décennie en réalisant Los Golfos (les voyous) en 1962.
En 1981, il récidive en contant l'histoire romantique et sans avenir de trois amis et d'une fille qui passent du vol de "bugas" (tires) au braquage. Le tout pour tuer l'ennui et s'insérer dans une normalité désespérante, devenant ainsi le reflet de cette société qu'ils rejettent.
Plusieurs acteurs don Jésus Arias ("Meca") ont eu une belle carrière carcérale et on en retrouvera même dans la COPEL (Coordination des Prisonniers En Lutte)
On vous envoie les premières minutes et on parie que la musique d'ouverture, écrite pour l'occase par los Chunguitos, ne vous est pas tout à fait inconnue.



* z'avez bien lu.
** Plus ou moins "ferrailleur" de l'argot gitan, systématiquement employé dans ces films.