jeudi 7 mai 2015

François Villon et la chanson (4) Monique Morelli

Voici un disque rare, jamais publié en cd, que notre cher collègue avait rendu disponible à tous dans le cadre de son grand œuvre de titan archiviste.
Depuis, Divshare ayant viré tous les pouilleux encombrant son espace, nous prenons le relais pour rétablir l'album sur l'internet.
Un disque pas facile : Monique a sa voix de fumeuse tardive, elle chante parfois à la limite du juste.
Mais quels textes !

Quand on songe aux merveilles qui nous sont parvenues de Villon, d'Omar Khayyam ou de Nezahualcoyotl*, pour ne citer qu'eux, on mesure la quantité de ce qui a dû se perdre.

Allez, trêve de bla-bla, voici l'objet :

Face 1 : Je plains le temps de ma jeunesse. La grosse Margot. Ballade du concours de Blois. Épître à mes amis. Ballade pour prier Notre-Dame. Mort.

Face 2 : Pauvre je suis. Ballade des menus propos. Au retour. L'an quatre cent cinquante six. Jean Cotart. L'épitaphe.
Il suffit de cliquer sur le lien de la face concernée. Pour télécharger, c'est la flèche en haut à droite.


 * Souverain de Texcoco, apparenté aux Aztèques, qui écrivit au quinzième siècle de notre ère "Toute la terre est une tombe et rien ne lui échappe".
On a donné depuis son nom à un des quartiers le plus pourri de Mexico. 
Sic transit gloria mundi....

mardi 5 mai 2015

Un petit tour chez Anasthasie

Église, armée, bonnes mœurs, autocensure, fausse censure.... On a tâché de faire un tour d'horizon.

Henri Tachan               La censure
Nathalie Solence          Le bijou de famille
Bobby Lapointe            Embrouille minet
Francis Blanche            Le complexe de la truite
Nougaro                        Sanguine, joli fruit
Lily Fayol                       La gavotte des bâtons blancs
La Rumeur                     L'ombre sur la mesure
Link Wray                       Rumble
Pierre Tisserand            Nous aussi nous marchions
JP Smet                          Jésus est un hippie
Germaine Montéro        Le bon dieu
Brassens not dead         Le gorille
Frères Jacques              La complainte des petits cabinets
Gerbia                           Ferme ta gueule
???                                 La sacem
Fernandel                      Fôlatrerie
Monty                            Un verre de whisky
NTM                              Police
Jacques Debronckart    Mutins de 1917

Comme toujours, l'émission est là.




samedi 2 mai 2015

En mai, on censure


C'est bien connu, il n'y a pas de censure en France.
Enfin, à condition de ne pas se frotter à....
...pour en savoir plus, la suite le lundi 4 mai à 18h sur les 92.2 de Canal Sud ou canalsud.net

En attendant et pour patienter, un classique de Gustave Nadaud qui fut interdit par Napoléon III, ce vil paranoïaque.


Et une autre, un peu plus récente qui fit scandale à l'intérieur. Cette chanson provoqua une plainte suivie d'un verdict délirant : en première instance, 6 mois d'interdiction d'exercer, 3 mois ferme (!) et 3 mois avec sursis (excellente pub)
Bien qu'en appel il ne restât « plus que » 2 mois avec sursis, le message était passé. Ce procès fut suivi d'une cascade d'interdiction de concerts.
Depuis, on a vu Joey Starr jouer au flic dans certains films.



mercredi 29 avril 2015

Gasoline, drôle de mélange

   
                                

A la base de cette histoire, il y a un drôle de personnage : Alain Kan (1944-1990 ???).
D'abord crooner de variétoche puis chanteur à l'Alcazar (ça ne s'invente pas) il se met à adapter du David Bowie en français avec plus ou moins de bonheur (la preuve !)
Il se lance alors dans le Glam rock avec deux disques franchement plus rigolos tournant autour de l'homosexualité et de la dope (dont le fameux Heureusement, en France on ne se drogue pas).



Avec Olivier Burger (guitare) Pierre-Jean Cayatte (basse) et Didier Laffont à la batterie, il monte Gazoline, qui deviendra Gasoline dès le premier 45 tour. 
Caractéristique : chant hargneux (et pas toujours compréhensible)  et pas mal de changements de personnel : Hugues Chichin à la batterie, puis son frère Fred (celui-là même qui cofonda Rita Mitsouko) à la guitare, Jean-Robert Jovenet ( futur Extraballe) à la basse, etc.  
La thématique est fraîche et légère : drogue, androgynie, homosexualité, cuirs noirs, cravaches, tapins, masturbation et sodomies, répression policière... 


Alain Kan a continué avec un album solo (Alain Z. Kan) qui se retrouvera interdit d'antenne pour cause d'omniprésence d'Hitler. 
Puis il commettra quelques compositions pour Christophe, un album solo underground chez New Rose avant de disparaître en fumée à la station Châtelet en 1990.
Faute de cadavre, il sera déclaré officiellement décédé dix ans plus tard.

dimanche 26 avril 2015

Les Étrangers familiers reprennent

Bien avant sa disparition, Georges Brassens avait été repris, parodié ou statufié. 
Ça c'est pas arrangé depuis. 
Du punk au hip-hop, ils sont une foule à puiser chez tonton Georges.
Toujours prête à attirer le touriste, la ville de Sète (que le bougre avait fui) en fit même un festival. 
Avec souvent le même problème : tout cela est terriblement respectueux. 
Comme si la statue du commandeur moustachu ou l'existence de ses ayants-droits paralysait l'honnête interprète.
Un cas bien intéressant dans ce marigot: les Étrangers Familier 

Deux exemples : La Guerre 14-18 et Le bistrot.

Au chant : Eric LAREINE, Loïc LANTOINE, Denis CHAROLLES, Claude DELRIEU.
Denis CHAROLLES
: percus, arrosoir, graviers, clairon, guitare - Julien EIL : flûte traversière, clarinette basse, sax baryton, synthétiseur - Alexandre AUTHELAIN : saxophone ténor, clarinette, synthétiseur - François PIERRON : contrebasse - Claude DELRIEU : accordéon
, guitares


Avis : Lectrices, lecteurs vous n'êtes pas sans avoir remarqué que suite à la "panne" de divshare, PUIS de Tilidom (que le séant les démange pour 1000 ans !) nous avons enfin trouvé un autre hébergeur pour le son.
Concrètement, ça signifie que les articles sur Vidalie, Pieds JointsMontéroLomaxDenainTramel, BerettaLa Gale, Igor Agar sont à nouveau écoutables. 
Merci, pour tes bons conseils, George.   

vendredi 24 avril 2015

Ceux du trimard

Livre, ô combien réjouissant, publié en 1928.

Autonome des lettres, le trimardeur Marc Richard, alias Stéphane (1870-1944), s'est payé le luxe d'inventer un langage. Son récit est un chamboulement linguistique quatre ans avant le Voyage de Louis-Ferdinand Céline.
On trouvera un bel article sur le sujet ici.

Son père mort en 1878 et ne supportant plus la tyrannie maternelle, Marc Stéphane se fait émanciper à l'adolescence, touche sa part d'héritage et quitte sa famille. Il parcourt la France à pied, devenant un chemineau parmi les coureurs de routes et autres trimardeurs, glanant ça et là expressions, anecdotes et personnages qu'il recyclera.
Après son service militaire, Marc Stéphane s'installe à Paris et publie à compte d'auteur en 1891 un recueil de poèmes "À toute volée".

C'est à 58 ans qu'il publie "Ceux du trimard". Entièrement écrit en argot de vagabonds à tendance picarde, ce bouquin rassemble les souvenirs décousus d'un vieux de la vieille sous lequel pointe l'auteur  
A ranger sur l'étagère des écrivains vagabonds entre Tom Kromer et Jean-Paul Clébert

 Un petit extrait pour mise en bouche :
 " Qu'est ce qu'un honnête homme ? Hein, je te prends sans verts, à ce coup pour l'définition ? Ben... te casses pas les méninges ilà-dessus, Batiss' te le va donner pour une fois et sans douleur, bon : un honnête homme, c'est un que les cognes ont pas ENCORE paumé sur le tas. Simp'ment." (...)
Et l'loi, qu'est ce que l'LOA, comme ils disent ceux qu'en ont plein le bec, sinon l'égoïsme collectif dressé contre l'individuel ? L'vacherie des repus qui s'efforce de prévenir l'révolte des vent' creux ?
Je dis prévenir, compagnon, et non pas apaiser, ce qui serait pas du tout l'même chose, faut pas confond'. Bon.
Toutefois, pour êt' équita', je dois ajouter que t'as qu'à remplir le vent' creux et le v'là qui passe de rif et d'autor dans l'catégorie des vent' pleins et qui crie, comme les aut' repus : l'lôa ! l'lôa ! Tu t'rends compte ? Bon."


L'auteur en journalier
En 1894, Marc Stéphane avait déjà pondu un roman autobiographique, sur sa courte expérience d'écrivain malchanceux et mal servi : L'Arriviste.

Puis, il a écrit une bonne douzaine d'ouvrages : contes, souvenirs, aphorismes, mémoires ou romans. 
Il a aussi rédigé un mémoire en défense de l'anarchiste Jean Grave, à l'époque du Procès des Trente.
Il a par la suite rompu avec le journal Le Libertaire, le jugeant trop doctrinaire.

À la fin de sa vie, il écrira également sur ses expérience de morphinomane ainsi que sur ses séjours en hôpital psychiatrique, à Saint-Anne.



Pour conclure, du Couté d'époque, patois de Sologne garanti.

mercredi 22 avril 2015

Parenthèse d'actualité : crever en mer

Longtemps, je me suis interrogé sur la signification de ce texte de Single Track  Le solitaire (tiré du mini Lp "Corporation" 1984) que je trouvais un chouïa trop ésotérique pour mon entendement de plouc.
Et puis, Frontex est arrivé.
Et tout s'est éclairé...


Quand se remémore que je ne sais plus quel dignitaire nazi préconisait de remplir des bateaux de juifs pour aller les couler au large, on est tout de même vachement soulagés d'avoir gagné la grande guerre contre le fascisme.
Ah mais non, t'exagères !
Ce massacre là, c'est pas la faute à notre politique migratoire de merde. C'est la faute à ces passeurs qui sont d'ailleurs tous des terroristes.

Petits propriétaires dont les biens ont été expropriés (utopie)