vendredi 30 janvier 2015

Desproges sur Brassens


    Un extrait d'un spectacle de l'humoriste (si vous avez 1h30 à tuer, l'entièreté ici) nous causant de notre moustachu préféré, ça peut pas faire de mal.
En prime, le Desproges s'essayant à chanter le sétois. Un exercice d'admiration qui n'est pas sans nous en rappeler un autre, certes plus réussi.

    Merci au bougre qui a réalisé ce montage.






mardi 27 janvier 2015

Denain chante Mac Orlan (et Cartouche)

Patrick Denain est souvent allé mettre en musique des chansons de Mac Orlan.
Une fois de plus, l'écrivain adopte le point de vue d'une femme.
Il s'agit ici d'un amour de jeunesse de Louis-Dominique Garthausen, dit Cartouche (1693-1721), un des bandits les plus célèbres du Paris du XVIII ème siècle.

Fils d'un ancien mercenaire allemand devenu négociant en vin à la Courtille (de nos jours Belleville-Ménilmontant)
Cartouche a tout du délinquant juvénile (coupeur de bourses, cambrioleur, tricheur au jeu) ce qui lui vaudra longtemps le surnom de "l'Enfant".

Après avoir été envoyé en maison de redressement et et même avoir un temps exercé un tempsn le déplorable office de mouchard, Cartouche montera, grâce à ses talents oratoires, une des bandes les mieux organisée de l'époque et de l'Est parisien.

Intelligent, séducteur, acrobate, il deviendra un hors-la-loi aimé du petit peuple, ridiculisant les puissants pendant les brèves années durant lesquelles lui et ses complices (qu'on estime jusqu'à deux mille) pillèrent hôtels particuliers et carrosses.

Capturé en 1721, Cartouche restera muet malgré diverses séances de torture , allant jusqu'à refuser de décliner son état-civil. Par contre, il deviendra bavard sur le gibet : constatant que ses compagnons ne se sont pas risqués à venir le délivrer, il en dénoncera plus de 90 avant d'être finalement roué à mort le 28 novembre 1721.

Mac Orlan ne nomme jamais le brigand autrement que par le sobriquet de "Petit Louis", par contre, il cite Balagny, un de ses plus fidèles lieutenant.

Patrick Denain reprend ce titre dans son disque de 2007, "Du vent dans les voiles". Version légèrement inférieure à celle de son disque de 1982 "Chansons pour l'aventure immobile", où il n'était accompagné qu'à l'accordéon.
Voici donc À La Courtille.
(suffit de cliquer sur le titre)

dimanche 25 janvier 2015

La chorale Garnier dans ses oeuvres



    Tout récemment, le père Meyer nous faisait découvrir cette magnifique chorale avec une reprise bien troussée d'un classique qu'on vous remet au cas où vous l'auriez ratée : 



    
    Après quelques recherches rapides sur la toile, on est tombé sur cette deuxième merveille qui vous apprendra, en sus, qui se cache derrière ces reprises graveleuses . En tout cas, y'en a un qui à l'air plutôt réjoui : 



    



jeudi 22 janvier 2015

Philippe Val et l'apologie de terrorisme




En ces temps d'union nationale, où le moindre ivrogne, crétin ou simplement énervé se prend des mois de prisons fermes pour "apologie de terrorisme", on aura un malin plaisir à ressortir les archives, quitte à tirer sur une ambulance nommée Val.
Celui-là même qui, lorsqu'il perd tragiquement des potes, va publier ses larmes sur tous les plateaux médiatiques.
Celui-là même qui fut la voix de son maître, le grand éradicateur de France Inter*, le fossoyeur de Charlie Hebdo, qui passa de poil à gratter au statut de journal de la pensée, sinon tout à fait dominante, en tout cas d'une bourgeoisie "décomplexée".
A l'instar d'un bon nombre d'ex gauchistes, Philippe Val a entamé son virage citoyenniste d'abord, puis au service des puissants au cours des années 90, mettant les bouchées doubles après les emmerdes judiciaires de son ex collègue, Patrick Font**.
En cette occasion, Val déclara n'avoir eu aucune connaissance de la vie privée du type avec lequel il venait de tourner pendant la bagatelle de vingt-cinq ans, d'ailleurs il le connaissait à peine.
On ne se permettra pas de donner des leçons, mais entre le silence (voir le cas Noir Désir) et le reniement, il y a plus qu'une nuance. On trouve parfois plus de dignité dans... le milieu varois !
Alors bon, on ressort cette chanson rigolote (car ils surent l'être)  de 1978.
Pour mémoire, le 17 octobre 1977, Andreas Baader, Jan Karl Raspe et Gudrun Ensslin, membres du groupe de lutte armée RAF, sont retrouvés morts dans leurs cellules de la prison ultra-sécurisée de Stammheim. Les deux premiers se sont tirés des balles dans la nuque. Ils seront déclarés "suicidés".



Font et Val Baader par susacacon

Ce rappel effectué, on peut tirer la chasse.

* Il fayotait depuis 1992 en chroniquant dans l'émission de Jean-Luc Hees. Il me revient, entre autre exemple, d'un billet dans lequel il fustigeait les fraudeurs de la SNCF en les rendant responsables des difficultés financières de l'entreprise.  

** Font avait un plan de carrière plus modeste. Il jouait au bouffon, à la mi-journée, sur les mêmes ondes que son collègue qui faisait nettement plus "sérieux".

mardi 20 janvier 2015

On avait mis les morts à table...

Aragon, ce "patriote professionnel", comme l'appelait à juste titre Jean Malaquais, nous gonfle souvent.
Il existe des exceptions, dont ce poème, souvent gâché par l'interprétation, (Lavilliers et ses bruits d'hélicos !) mais pour lequel Ferré composa une heureuse mélodie à tendance tropicale.
Il est fait ici allusion à l'occupation de la Rhénanie par les armées françaises dès la fin de la première guerre mondiale.
Cependant, bien des vers trouvent un écho qui nous évoque notre époque. Surtout la deuxième strophe.
C'est pour ça qu'on se l'envoie dans un heureux montage où on retrouve du Schiele, du Grosz, du Wiene, du Lang....





Heureusement, Aragon étant ce qu'il est, il ne peut s'empêcher de comparer les vers de Rainer Maria Rilke aux cacardement des oies. Si c'était pour rendre un hommage, c'est un peu raté.

dimanche 18 janvier 2015

Union Sacrée




    Une Marseillaise dans l'hémicycle ? Pas vu depuis 1918, paraît-il. Voilà qui n'aurait pas déplu au Père la victoire, croqué ci-dessus par le grand Aristide Delannoy.
    A l'heure où le premier sinistre ce déclare l'héritier de Clemenceau, et où des caricaturistes se font dégommer par des sectateurs de réducteurs de tête, il n'est peut-être pas inutile de mettre sous nos yeux fatigués ce magnifique crobard.  "Liberté d'expression, droit inaliénable à la caricature, bla-bla, bla-bla", on n'entend plus que ça pour l'heure, mais on se demande bien comment serait reçu un dessin comme celui-ci, avec disons, Manuel Valls en guise d'empiqueté... Sans doute de la même manière dont le fut celui de Delannoy.
    Ce chef-d’œuvre orna la couverture du premier numéro des Hommes du jour de Victor Méric en 1908. Une façon de répondre à la manière dont le premier flic de France traitait les grévistes : à coups de canonnade*. C'est peu dire qu'il mit Clémenceau en fureur. Mais voyez-vous, le Tigre, en bon démocrate, avait promis de ne point mettre de journalistes en prison. Il attendit donc patiemment son heure et profita de cette autre couverture des Hommes du jour pour frapper...



   ...Une couverture en hommage au magnifique travail de pacificateur accompli par le Général d'Amade au Maroc. Mais le sang et le tablier de boucher ne passèrent pas. Et l'armée, hier comme aujourd'hui est chose sacrée : un bon prétexte pour envoyer Delannoy et Méric en taule.
Ils furent tout deux condamnés à 1 an de gnouf. Delannoy, tuberculeux, ne fit que neuf mois. Ah ! L'humanisme républicain ! Il mourut un peu plus tard...

    Revenons-en à notre Marseillaise. Et à Jules Jouy, la chanson faite homme, dont on pourra lire une biogaphie ici-même.
Une relecture à l'humour très hydropatique et quelque peu minimaliste de l'hymne national. A notre connaissance, et pour cause, cette version ne fut jamais enregistrée** :


LES MUETS (gueulant) :
Allons, enfants de la patrie !
Le jour de gloire est arrivé !

LES AVEUGLES :
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé !

LES SOURDS :
Entendez-vous dans ces campagnes
Rugir ces féroces soldats ?

LES MANCHOTS :
Ils viennent jusque dans nos bras
Égorger nos fils, nos compagnes !…

LES MUETS (gueulant) :
Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons !

LES CULS-DE-JATTE :
Marchons ! Marchons !
Qu'un sang impur abreuve nos sillons !

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* Méric racontait en hommage à Delannoy : "Nous étions assez inquiets. Il nous fallait, pour le premier numéro destiné au Grand Flic Clemenceau, un dessin vigoureux, acerbe, mordant. J’avais fait le possible pour le texte. Quand Delannoy, quelques jours après, revint avec son carton et exhiba la fameuse tête de mort, nous trépignâmes de joie. Avec un dessin semblable, c’était le succès assuré. Ce fut le triomphe. La Gueule de Clemenceau tirée à 25 000 s’enleva comme du petit pain."

** A un certain moment, Jouy se vautra -comme beaucoup à l'époque, ce qui n'excuse rien- dans un antisémitisme pathologique. Il pondit entre autre une horrible Marseillaise des juifs dont on peut retrouver la trace sur la toile...



vendredi 16 janvier 2015

Les aventures de Titine

On y fit une allusion appuyée dans l'émission de janvier 2015.
Voici donc les aventures d'une rengaine que tout le monde sait au moins fredonner.

Inutile d'essayer de compter les versions ou les interprètes de cette scie : il y en trop.

Cette fameuse Titine, ancêtre de la non moins célèbre Mirza, a beau n'être qu'un clébard, elle aura mis bas à une portée de parodies, de suites et surtout à une des séquences les plus fameuses de l'histoire du cinéma des années trente.

Comme on vous l'a dit à la radio, ils se sont mis à trois pour créer ces merveilleuses paroles : M. Bertal, B. Maubon et E. Ronn, la joyeuse musique est de L. Daniderf qui avait, entre autre, travaillé avec Gaston Couté. 
Hasard de l'histoire, la chanson date de 1917, soit l'année où les bidasses du corps expéditionnaire des Etats-Unis débarquent dans les tranchées du Nord-Est.   
Voici une version de 1924 par Léonce (Léo Daniderff)


 
Or, ceux que l'on n'appelle pas encore G.I.s mais plutôt "sammies" sont infoutus de retenir les paroles de "La Madelon", peut-être trop sophistiquées à leur goût. A moins que son côté "bourrée auvergnate" (binaire) ne soit trouvée trop vulgaire pour des oreilles américaines.
Plus facile à chanter, à siffloter, à reprendre à l'harmonica, au saxo ou au violon, elle sera adoptée par les soldats qui la ramèneront outre-Atlantique.
La chanson deviendra même un symbole de la France des années vingt. 

Et Charlie Chaplin s'empara du succès français pour son premier film sonorisé, "Les temps modernes" (1936) 
Mis au chômage d'une usine monstrueuse, après moult aventures, Charlot doit faire un numéro chantant dans un restaurant.
Ayant égaré son aide-mémoire, il doit improviser son numéro en yaourt. 


Fait remarquable , ce fabuleux film de Chaplin est entièrement muet, exception faite de cette séquence, pour laquelle le monde entier s'est précipité au cinéma. On allait enfin connaître la voix du vagabond le plus populaire de la planète !
La Titine entamera sa deuxième existence à partir de là.
Elle en deviendra même sujet à moquerie dont voici une des plus connues, en 1964.
 


 Merci au site du temps des cerises aux feuilles mortes pour leurs tuyaux.