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| Orwell milicien du POUM, qui dépasse un peu au fond à gauche. On comprend mieux comment le bougre se prit une balle dans la gorge dans une tranchée du front des Monegros |
Curieuse postérité que celle d'Éric Arthur Blair !
Se retrouver ainsi cuisiné à toutes ces sauces nauséabondes après défendu, sa vie durant, un socialisme anti-stalinien, professé le plus souverain mépris pour l'impérialisme britannique (et donc tous les autres, par extension) et avoir tenu des positions politiques au nom de la lutte de classe et de l'éthique.
Partant du respect que nous inspire l’œuvre et la pratique de l'homme, nous ne pouvons que déplorer un autre malentendu persistant : celui entre Orwell et la musique.
Généralement, on l'a réduit au roman 1984 et ça a donné un certain nombre de chansons (ou de films d'ailleurs*) grandiloquents, pour ne pas dire grands guignols, généralement pourvus d'une esthétique douteuse.
David Bowie n'est en la matière qu'un exemple parmi tant d'autres avec son Diamond Dogs assez maladroit car trop caricatural.
Une exception de taille restera celle du premier 45 tour du Groupe Passion Fodder (jeu de mot sur "canon fodder", en français, chair à canon) intitulé Freedom is slavery qui nous avait ému tant par sa sincérité que par la pertinence de son propos replaçant l'écrivain dans le contexte de sa Guerre d'Espagne jusqu'à la chasse aux sorcières menée par les dogues de Mac Carthy.
Ok, c'est chanté en anglais mais ce groupe parisien, né sur les ruines du défunt Orchestre Rouge, était à notre goût, un des seuls à proposer une new wave écoutable (ou était-ce du post folk ? On s'en fout !) d'où leur place ici.
Né en 1985, ce groupe était formé du romantique américain Théo Hakola au chant, de Lionel Dollet à la guitare, de Pascal Humbert à la basse, de Nicolas Magat à la batterie et de Bénédicte Villain au violon. Ils se sont séparés en 1992. Depuis, Hakola poursuit sa carrière en solo.
Autre belle chanson de ces jeunes gens assez littéraires : "Heart hunters", hommage au roman de Carson Mc Cullers, The Heart is a Lonely Hunter publié en 1940.
* La seule adaptation intelligente de 1984 étant à notre humble avis, Brazil de Terry Guilliam (sorti en...1984, comme par hasard.)







