samedi 4 novembre 2017

Extraballe. Ça aurait pu...


Imaginez un fier jeune homme, Jean-Robert Jovenet, qui, outre une ressemblance certaine avec Iggy, possédait le phrasé de Lou Reed et écrivait des textes ironiques et facile à retenir. Rajoutez que notre gaillard fit brièvement ses classes chez les Dogs, en 1975, puis monta Compartiment tueurs avec Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka (ceux-là même qui..) traîna dans Asphalt Jungle, puis chez Gasoline.
Ou bien ce gars était le rois des insupportables, ou bien on peut lui attribuer la palme d'or de la déveine, parce que le groupe avec lequel il a finalement fait sa brève carrière Extraballe, est généralement parfaitement oublié, excepté de quelques résidus de l'époque. Trois albums sortis entre 1979 et 1981 dans une indifférence polie. À cause d'un nom à la con ? Et Téléphone, alors ? Ça a empêché les ci-dessus cités de faire carrière, peut-être ?
Non, fort représentatifs des scoumounards de leurs temps, les petits gars ont eu à subir des producteurs ineptes, des labels méprisants et une musique qui aurait pu cartonner mais était peut-être trop à la croisée du punk, new-wave, cold... Trop indéfinis. "Novö" claironnait un artificiel concept, à coup sûr conçu par des apprentis publicitaires.
Et pourtant, à réentendre ce Je travaille à la mine, on comprend pourquoi certains prolos chantonnaient ...à chacun son héroïne, d'un air narquois.
Ça a plutôt moins mal vieilli que bien d'autres.

 

À vrai dire, c'est surtout leur premier album qui restera un coup de maître. Et puis, malgré une poésie assez légère, peu osaient faire allusions à un des plus beaux crimes de l'aviation alliée lors de la deuxième guerre mondiale. Good night Dresden est sur le premier album de 1979. Guitare : Lolita Carabine (également Bulldozer), basse : Murray Ward et batterie : Michel Peyronel.
Peut-être était-ce un poil trop gonflé pour faire guincher en boîte. D'autres l'ont fait peu après avec un tube portant le nom d'un bombardier atomique.


Une fois le groupe séparé, Jean-Robert Jovenet prendra divers pseudonymes et jouera un temps dans les Go-Go Pigalles. Il tournera en Irlande avec le batteur Fuzz Townshend pour un duo plus anecdotique : Interfaith.
Son décès, en 2011, lui a valu un paragraphe dans Rock & Folk.

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