jeudi 17 octobre 2013

Les Problèmes sont les rois du Garage rock !




Vous ne rêvez pas !
Ce rock furieux qui ne déparerait pas une compil Nuggets ou Peebles (collection des 45 tours obscurs conçus par les plus excités des années 60) est non seulement l'oeuvre d'un groupe franco-portugais (Lui Rego à droite sur la photo du disque) mais en plus ces gugusses qui ont longtemps accompagné Antoine ne vont pas tarder à se transformer en "Les Charlots" pour expérimenter des choses bien plus lourdingue que cette aimable fantaisie avant de conduire une carrière cinématographique sous le signe du désastre.



dodécaphonisme /dɔ.de.ka.fɔ.nism/ masculin
  1. (Musique) Technique de composition musicale sur les douze sons de la gamme chromatique, c'est-à-dire les douze notes contenues à l'intérieur d'une octave.
    • Le dodécaphonisme a été mis au point par les compositeurs Arnold Schoenberg et Josef Matthias Hauer.
  2. Style musical qui est issu de cette technique de composition.



mardi 15 octobre 2013

Le graphique boscop : vivre à Saint Ruper

Encore un extrait du "Graphique de Boscop"


On vous a déjà chaudement recommandé ce film fauché dans cet article de décembre 2012.
C'était à l'origine, rappelons-le, une pièce de Sotha et Romain Bouteille au Café de la Gare
Nous ne résistons pas à en remettre une couche en vous envoyant les sept dernières minutes dont le générique final qui est rythmé par cette danse, ode à St Rupert (le pays des gens pas fiers) constitue un petit régal de poésie vulgaire et réjouissante.


Le graphique boscop saint ruper par susacacon

samedi 12 octobre 2013

Le Bestiaire de Paris

    Le Bestiaire de Paris *, long poème en alexandrins de Bernard Dimey, est sans doute une des oeuvres les plus ambitieuses du chansonnier. Il en existe deux versions.

    La première fut enregistrée en 1962 et interprétée par Juliette Greco et Pierre Brasseur (il faudra attendre 1995 pour que ce chef d'oeuvre soit enfin édité !). La seconde le fut en 1974 avec Marcel Mouloudji, Magali Noël et Dimey lui même comme récitants. La musique est de Francis Lai (le fameux futur compositeur de musique de films) qui, tout juste débarqué de Nice et louant un appartement  au-dessus du Pichet du tertre, s'était lié d'amitié avec Dimey. Dimey s'était fixé au Pichet** en 1958 (comme il se fixera plus tard, pas bien loin de là, au Gerpil, voir ici) quelques temps après sa "montée" à Paris (le bougre venait de Haute-Marne et avait vivoté quelques temps à Troyes).

   Le Pichet géré par un certain Oberto Attilio fait déjà figure de relief de la grande tradition cabaretière montmartroise, sur une butte déjà salement carte-postalisée. L'endroit fait à la fois office de galerie de peinture et de cabaret accueillant les jeunes premiers :  le lieu devînt incontournable et on pouvait y croiser entre autres :  Brel, Mouloudji, Monique Morelli, Cora Vaucaire, Nougaro, Pierre Barouh, René-Louis Lafforgue, Catherine Sauvage, Guy Béart, Aznavour, Michel Simon, Serrault et Poiret, Jean Yanne...!!
  

Greco et l'artiste en jeune homme imberbe      
    
    On pourra écouter avec profit  ici   la version quelque peu sarcastique que Dimey donne de l'émulation artistique qui régnait dans la fameuse (fumeuse ?)  taverne...                                           
    Dimey et Lai composèrent des dizaines d'autres chansons au Pichet : " Bernard avait une faculté d’écrire à une vitesse incroyable. Au Pichet on a passé des nuits invraisemblables pendant lesquelles le challenge était d’écrire le plus de chansons possibles..." ***
                                      
Mais revenons au Bestiaire... 
                                                                                     
    " Le Bestiaire, se souvient Francis Lai, c’était notre récréation au Pichet, on se mettait au fond dans une petite salle réservée pour nous ; et, là, tous les soirs Bernard Dimey déclamait ses quatrains sur Paris ; je jouais derrière, improvisant la plupart du temps ; le Bestiaire est né comme ça au fur et à mesure."
" Au bout de deux ou trois mois, confie Francis Lai, il y avait une musique qui s’était composée par l’improvisation mais qui collait au texte. " 


     Quant à  Dimey, il  se rappelait : " À l’origine, le Bestiaire devait être un livre orné de gravures d’un peintre aux dons éblouissants, Jean-Claude Dragomir. Hélas, il n’a pas su m’attendre ; il est allé s’éclater la tête sur une route de banlieue. J’ai su que notre livre ne se ferait jamais ; alors le soir à Montmartre entre deux verres, j’en disais de longs extraits à mes amis du Pichet du tertre ou d’ailleurs… Francis Lai prenait un accordéon et m’accompagnait « à la feuille » laissant glisser sa mélodie sous les mots avec le génie subtil qu’il détient sans le savoir ".                                                             Rue Saint-Vincent par Dragomir.

    Le Bestiaire**** brasse déjà les thèmes de prédilection de Dimey : le monde interlope de la nuit, sa voyoucratie, l'alcool et les débits de boisson, les prostituées et les travelos, la religion, la mort, et par dessus tout la disparition d'un certain monde et la dérive dans ces ruines.
    Mais trêve de palabre, quand on a rien à dire...
    Voici les deux versions du Bestiaire. Quant à nous, nous avons une petite préférence pour la version Brasseur/Gréco qui sonne plus sépulcrale encore...










* Ce texte n'est que la synthèse des belles recherches effectuées par Francis Couvreux accompagnant le disque  Bernard Dimey et ses premiers interprètes (1959-1961), publié chez Frémeaux et associés. Même s'il n'est pas dans l'habitude de ce site de renvoyer vers des liens commerciaux, on ne peut être qu'espanté par le travail effectué par Frémeaux... leur catalogue est insondable.
    
** C'est ce même Pichet qu'un groupuscule néo-fasciste aidé de commerçants du quartier tenta de "sauver" d'une transformation annoncée. L'enseigne de fast food Starbuck avait en effet jeté son dévolu sur l'endroit. Les médias nationaux se firent largement l'écho de cette brillante initiative; on se demande bien pourquoi...
    Bien évidemment, ces gens-là ne voit pas que l'identité qu'ils défendent n'existe plus depuis bien longtemps déjà et que Montmartre comme l'idée qu'ils se font du populo parisien n'est plus qu'une coquille vide. On ne doute pas que ce qui se servait dans feu ce Pichet devait être la même piquette mondialisée que n'importe où, quelle que soit l'enseigne... 
   Bien sûr , ces tarés accusent le cosmopolitisme, concept vague et creux mais bel et bien raciste.  Il ne leur viendra jamais à l'esprit que ce qui a tué l'âme de Paris (car oui il y en avait une, comme des campagnes françaises par ailleurs...) ce sont peut-être au hasard et entre autres choses, la place nette faite aux voitures, la vogue du tourisme, l'urbanisme et les diverses politiques de la ville qui ont littéralement vidé Paris de ses habitants pour les parquer à la marge, dans des clapiers. 
    Bon, ça a toujours été une caractéristique du fascisme de brandir des symboles plutôt que de parler de la réalité. Laissons là ces imbéciles.

*** Interview de Francis Lai par Francis Couvreux.

**** Des bestiaires à proprement parler, on en trouve à foison dans l'oeuvre de Dimey. On pense notamment au Bestiaire d'autre part dans Sable et Cendre (éditions Christian Pirot). Ou en musique,  à L'hippopotame, à Je ressemble aux poissons... et au Zoo interprété ici par Jehan  sur l'album Divin Dimey.







mardi 8 octobre 2013

émission de mai 2013 : Les pas français

Français, laissez-nous seuls avec les étrangers !

Vladimir Vissotski                          Plus rien ne va
Charlemagne                                  Finies les colonies
Daniel Waro                                   Ici la Réunion
Idir                                                 Pourquoi cette pluie ?
Baaziz                                             J'men fous
La Bolduc                                     J'ai un bouton sur la langue
Adriano Celentano                        Chi non lavora... (en vf)
René Binamé                                 Où l'on apprend que nous n'avons plus rien à perdre
Petula Clark                                   Java pour Petula
Balfa Bros.                                    Parlez-nous à boire
Tindersticks                                   Plus de liaisons
Marianne Oswald                          Surabaya Johnny
Monique Morelli                            ça n'a pas d'importance

Résidu d'un passé pas si vieux que ça

Faute de mieux, on peut écouter ou télécharger ça 
ps : L'écoute en podcast marche depuis le 11 octobre à 14h45 heure locale (on va finir par apprendre...)

dimanche 6 octobre 2013

Toulouse en chansons (1)

Nicolas Bacchus


   On inaugure la série avec Bacchus, qu'on a pu voir hier soir à la Chapelle à l'occasion de ses 15 ans de tournée.
   Le bougre est sur paname depuis quelque temps (où il passe bientôt en concert). Un répertoire varié, entre cul et politiquement incorrect, quelques reprises de bon goût (Vissotsky, Richepin...), des intermèdes bien sentis, un humour corrosif. Bref de quoi passer une bonne soirée.

Pour se faire une idée du répertoire du libertin...

Sur l'album la VerVe et la Joie





Un texte de Dimey, La Pierrette à Pigalle



Et un joli texte pour finir, D'Alain à Line  piqué sur son site:

Entre les draps de lin
On voit les bras de Line
Mêlés à ceux d'Alain
Dans des poses câlines

Dans les poses qu'a Line
On devine qu'Alain
Hier déflora Line...
...Ondée d'un blanc venin.

En cette nuit sans lune
Line est avec Alain
L'un ne va pas sans l'une
Et l'une sans câlins

Car Line sans câlins
Sans qu'Alain la câline
Est un corps orphelin
Alors qu'elle est fée Line

Quand sur le dos de Line
Passe la main d'Alain
C'est une messe à Line
Un massage félin

Et dans les yeux d'Alain
C'est une fleur, sa Line
Doux au pistil d'Alain
Sont les pétales qu'a Line.

Poussent des plumes à Line
L'ange Line aime Alain
Mais bonne pâte, Line
S'en va pourtant plus loin

Sourire sucré, maline
Sans rien dire à Alain
Et à son insu, Line
Va retrouver Colin...

...Gaillard de la Marine
Et preste au coup de rein
"Je serai ton mousse, Line
Viens dans les marais, viens !"

Mais dans la vase Line
Dérape sur Colin
Qui donne un aphte à Line
D'un baiser assassin

"Je te demande ô Line
Pardon en Italien
J'aime tant tes miches, Line..."
... C'est là qu'arrive Alain

Voyant son rival, im-
-puissant il dégouline,
Mais avisant Colin
Dit d'une voix sibylline :

"J'n'ai pas de dégoût, Line
Même, en voyant Colin
Je me sens si bi, Line
Partons tous les trois, viens !"

Là, le mousse tique, mais Line
Darde un regard en coin
Et sous sa capeline
Ils ne firent plus qu'un

Et le long des pipe-lines
Le vent emporte au loin
Le mousse, les mâts, Line
Et les voiles d'Alain.

Et le long des pipe-lines
Le vent emporte au loin
Le mousse, les mâts, Line
Et les voiles d'Alain.

(Tsoin tsoin)

samedi 5 octobre 2013

Louis Chedid, le cha-cha de l'insécurité

Puisqu'on vous dit que c'était pas mieux avant

La suite du patrimoine musical de notre beau pays. 
Après Caussimon en 68 et ses "Milices" , Louis Chédid qui en commit quelques-unes de pas mal du tout, explore la France de 1983, celle qui vivait entre traque d'Action Directe, agonie du mouvement antinucléaire, guerre lointaine contre Khadafi, grève chez Talbot provoquée par les islamistes, d'après le premier ministre (déjà à l'époque!) crimes racistes (entre autres Habib Grimzi défénestré du Bordeaux- Vintimille) et début de la " marche pour l'égalité" (tu parles !)

Aux dernières nouvelles, pas grand chose de neuf...
A part, peut-être, que le minitel n'existe plus.




mardi 1 octobre 2013

Et Dutronc lui aussi se convertit


Non sans avoir loué comme disciples quelques Forts des Halles rhabillés pour l'occase.
Encore un de ces coups de mode dont la pop française était coutumière.
Mais comme Jacquot a la classe et se fout de tout (de tous ?) c'est délicieux.
Malheureusement ces rapiats de l'Ina ne nous le laissent qu'en lien. 
Mais ça vaut le coup d'oeil juste là