Vladimir Vissotsky Marseille
Jean-Roger Caussimon Ostende
Michel Colucci Le blues de Clermont-Ferrand
Henri Salvador Hénin-Liétard / New-York
Les Malpolis Paris, Paris
Jacques Higelin Paris / New-York, New-York / Paris
Alain Leprest D'Osaka à Tokyo
Olatundi Babatunde Le chant du cheminot
Claude Nougaro Y'avait une ville...
Roger Riffard Napoli
Catherine Sauvage Bilbao song
Bourvil Nénesse d'Epinal
Serge Reggiani Paris, ma rose
Parabellum Ilôt Amsterdam
Les VRP Alexandrie
Et c'est toujours écoutable, ou téléchargeable sur ce bon vieux lien
...Et y'a plus rien
mardi 4 février 2014
Et parfois Béranger passait à la télévision
Enfin, disons que cette version d'octobre 1971 du "Monument aux oiseaux" est un document exceptionnel par la rareté des passages du bougon Béranger au petit écran.
Voilà qui nous fait l'occasion de voir sa bonne bouille, à l'âge de 34 ans, pour ce titre tiré de son deuxième disque, "ça doit être bien..."
1937, 1938, 1939. Le temps du Front populaire et des premiers congés
payés. Dans les auberges de jeunesse déferlent des jeunes de tous
horizons. Pierre Jamet est de ceux-là. Avec son appareil photo, lui qui
avait « une tendresse particulière pour Doisneau » va saisir ces
instants de joie, de partage, d'amitiés.
C'était juste avant la guerre.
On croise dans ses photos des jeunes gens qui disparaîtront dans les
camps, d'autres qui entreront en résistance, d'autres encore qui feront
d'illustres carrières. Pierre Jamet, lui, sera surtout connu pour être
l'un des Quatre Barbus...
...Dont on vous repasse ce délice de Francis Blanche d'après "Tristesse" de Chopin
On pourra aisément constater sur ces photos que cette belle jeunesse là était bien moins prude que ce qu'on se plaît à nous en dire.
La galerie photo légendées se trouve dans un article de mediapart
mardi 28 janvier 2014
L'ultime casserole
En pensant à John Kennedy Toole
Il y a sans doute parmi nos aimables lecteurs, des "chanceux" ignorant encore tout de Pierre Billon et de sa fameuse Bamba triste. Cette chanson fit un carton il y a quelques années sur le net quand un habile archiviste la sortit des placards de l'INA. Ami d'enfance de Sardou, Billon collabora avec le chanteur du France dans les années 70 puis avec notre Johnny national. Jeté par Hallyday, il composa cette drôle de bamba amphétaminée pour consommer la douloureuse rupture.
On ne rappellera jamais avec assez de force les ravages que provoque la drogue.
Pierre Billon est par ailleurs le compositeur du générique de l'émission télé Des chiffres et des lettres et, ce qui ne gâche rien, le fils de Patachou et le filleul de Brassens... C'est aussi cela, l'histoire de la chanson...
On pourra retrouver une interview du zigue parlant de cette bamba ici-même .
samedi 25 janvier 2014
MAGALI NOEL se déchaîne
En mai 1956, Michel Legrand ramène des États-Unis quelques disques d'un
genre qui fait fureur : le rock and roll. Bien qu'hostile à ce nouveau
rythme, qu'il assimile à « une sorte de chant tribal ridicule, à l'usage d'un public idiot », Boris Vian décide de le parodier.
En octobre 1956, c'est au tour de Magali Noël d'immortaliser des
rocks « pionniers » de Boris Vian (musiques d'Alain Goraguer) : Strip-rock, Alhambra-rock, Rock des petits cailloux (un clin d'œil aux Petits pavés de Paul Delmet) et, surtout, Fais-moi mal, Johnny,
« le premier rock sado-maso », selon Georges Unglik, dont l'action est
jubilatoirement commentée par un voyeur, Boris Vian lui-même (« Il va lui faire mal, il va lui faire mal ! »). Géniale chanson qui permet d'apprécier l'interprétation toute en nuances de Magali Noël
Pour Boggio, «
Magali Noël et Boris se sont entendus pour produire une sorte de
contre-pied féminin au machisme du rock américain. En un sens, Fais-moi mal, Johnny est même un rock pré-féministe. Une femme crie son appétit. Cela change. »
Johnny : un prénom à la
mode dans les chansons du milieu des années 50, bien avant qu'un certain
Jean-Philippe Smet ne s'en empare... Édith Piaf le popularise dès 1953
avec Johnny, tu n'es pas un ange, puis c'est Johnny guitare, le thème du western de Nicholas Ray dont Peggy Lee fait un standard. En 1956, Boris Vian écrit Surabaya Johnny
pour Catherine Sauvage, d'après un song de Bertolt Brecht et Kurt
Weill. Le Johnny de la chanson de Magali Noël s'ajoute donc à cette
galerie de « mecs », mauvais garçons ou voyous au grand cœur...
C'est sur la scène de l'Olympia, à
l'occasion d'un mémorable Musicorama, que Magali se rend compte de
l'impact de ses chansons. Sa tenue conforte son image de vamp : «
J'avais une robe en dentelles, vert acide, tout à fait comme les robes
que portait Marilyn, des robes assez décolettées avec des petites
bretelles... Je portais des talons très haut et j'étais très rousse.
C'était démentiel ! »
Deux minutes avant d'entrer en scène, un responsable d'Europe n° 1 vient la voir, l'air désolé : «
Magali, les chansons de votre répertoire sont à l'index... Si vous
voulez les chanter, il vous faudra remplacer les passages osés par "C'est censuré", ou alors ne rien dire... » D'abord paniquée, Magali accepte le défi : « Je rentre en scène et j'attaque avec Le rock des petits cailloux. Ça ne se passe pas trop mal. J'enchaîne avec Strip rock et enfin avec Fais-moi mal, Johnny. Et là, au lieu de dire : "Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny / Envoie-moi au ciel, zoum !", je chante : "Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny / C'est censuré, zoum !" Et toute la chanson comme ça ! »
Il y a de l'électricité dans l'air... «
La moitié de la salle commence à me siffler, à m'envoyer des papiers et
même des tessons de bouteilles. C'était affreux, mais l'autre moitié
m'applaudissait ! Je me suis brusquement rendue compte que j'étais
devant des gens déchaînés et j'avais les jambes qui commençaient à
trembler... » De part et d'autres des coulisses, Gilbert Bécaud et Eddie Constantine l'encouragent : « Tiens le coup, Magali, tiens le coup ! »«
Alors, je suis restée jusqu'à la fin de mon tour de chant et j'ai même
quitté la scène en envoyant des baisers au public, sous une pluie de
hurlées... C'était extraordinaire ! »
Ce coup-là, que des reprises : en français de chansons d'ailleurs et le contraire avec des détournements aussi. On trouvera donc
Nino Ferrer Mao y yo
Danyèl Waro La mauvaise réputation
François Béranger Blues parlé du syndicat
Billie Holiday My man
John Guy Mitchell Fauché
Un chevalier des arts et lettres balbutiant "La javanaise"
Boris Vian Mozart avec nous
Nirvana Seasons in the sun
René Binamé L'heure de la sortie
Patrick Denain Les gosses rouges
Koshiji Fubuki Les amoureux des bancs publics
Nani Svampa La herba matta
Arno & BJ Scott Baltazarrrr