samedi 28 octobre 2017

Gnawa Diffusion


Concernant les apports de la musique algérienne un peu plus au nord, il y eut, à la fin des années 60 puis 70, la vague des musiciens issus de l'immigration (Slimane Azem, Dahmane el Harrachi, Aït Menguellet, etc.) généralement restée confinée à la communauté concernée, à ceux qui y cultivaient des amitiés ou qui allaient mater des scopitones dans des bistrots plus ou moins kabyles. 
Dans les années 80, il y eut le succès de Carte de séjour et l'arrivée de  des cassettes de raï venues de l'autre côté de la mer. Ce raï qui fut recyclé par des producteurs ayant flairé le filon, remisé sous la stupide étiquette de world music pour donner naissance à une raya de nouveaux enrichis du show-biz de plus en plus gras et de moins en moins Chebs.
Et puis, parmi d'autres, en 1992, déboule un groupe qui mélange le châabi traditionnel, la musique gnaoua, le raï, le reggae, le rock, le hip hop, Gnawa Diffusion, basé à Grenoble et mené par le fils à papa Amazigh (Homme libre en tamazight) Kateb, enfant de l'écrivain Kateb Yacine. 
Amazigh chante en français, en arabe ou en anglais, la vie du quartier, l'africanisme, le deuil et l'exil et des critiques acerbes contre les forces de l'ordre d'ici ou de là-bas et un ordre mondial à gerber. Le tout avec un goût prononcé par les calembours en plusieurs langues ou d'élégants poèmes d'amour.


Comme il le dit lui-même Ce n'est que vers l'âge de 15 ans, en débarquant en France, que j'ai découvert les Gnawas*, les Aissaouas**, et que je me suis intéressé aux particularités, à l'Algérie, à l'histoire du Maghreb et à celle de l'esclavage. D'ailleurs, Gnawa Diffusion, c'était une petite réaction à l'exil, une volonté de me faire ma petite Algérie.

Leur album Algeria, de 1997 les fera remarquer par un premier tube d'un orientalisme goguenard, pas forcément représentatif de leur travail de  raggnawachaâbirock (sic).
Ouvrez les stores ( de l'album Bab el Oued - Kingston 1999) en pleine époque où l'État algérien avait ouvert les portes de l'enfer et où le commun des mortels ne savait pas forcément s'il se faisait égorger par des djihadistes déguisés en militaires ou des militaires déguisés en terroristes.


En 2001, en pleine révolte kabyle des arouchs, ils partent tourner là-bas.
Métropole est extrait de Souk System (2003) marqué par le désastre qu'est l'invasion de l'Irak et ce champs de ruine qu'est l'Algérie.

 

Puis le groupe se sépare de 2007 à 2012. Amazigh Kateb sortira un album solo, Marchez Noir.
Avec un personnel rénové, ils sortent Shock El Hal en 2012 en hommage aux révolutions arabes.

* Aussi appelés les "Maures Noirs", descendants d'esclaves d'Afrique du Nord. Leur musique particulière, à base de transe et possession attire l'attention des musiciens de rock dès la fin des années 1960.   
** Confrérie paysanne marocaine ou algérienne utilisant également une musique de transe dans ses rituels.

2 commentaires:

  1. Autre chose…

    Une curiosité de François Tusques (piano et chant) et Serge Utgé-Royo (chant) parue en 1975 sous le titre "Ça branle dans le manche !" (Le Temps des cerises – 005).

    http://inconstantsol.blogspot.fr/2013/02/francois-tusques-serge-utge-royo-ca.html

    à télécharger ici :
    https://1fichier.com/?12ojuo8vam
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  2. Merci Juan, la face 2 a l'air tout à fait surprenante.
    J.

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