vendredi 9 juin 2017

King Automatic

On l'avoue, on fut charmés. 
Ça faisait un bail qu'on entendait chanter les louanges de ce petit gars talentueux de Nancy. Et puis, avec son collègue, Mr. Verdun, (aaah, la Lorraine !) il avait réalisé la musique du documentaire de Nicolas Drolc, "Sur les toits" qui narre les mutineries des prisons de Toul et de Nancy en 1971. Le tout édité dans un joli vinyle de 25 cm à la maquette d'époque. 
On a enfin eu l'occase de croiser le King dans un minuscule bled du Gers dans lequel, chaque fin du mois d'août, une bande d'indigènes du piémont pyrénéen préfère s'adonner aux joies du rock n' roll plutôt qu'à la castagne rugbystique. Et ce fut un bel apéro. Comme ce sont les autres qui en parlent le mieux, ci-dessous, un article de Marc A. Littler dont le ton emphatique nous a fait sourire. Comme il dit lui-même "c'est le retour du crétinisme originel et sublime du rock n' roll, sa sauvagerie nonchalante, sa désinvolture brinquebalante." Alors, s'il passe vers chez vous... D'ailleurs il sera à Toulouse le 24 de ce mois.
Quel est le futur du Rock'n'Roll ?
Est-ce que nous allons continuer longtemps à recycler les vieilles recettes jusqu'à ce que mort s'ensuive -3 accords, boum tchak boum- à singer le passé et à s'agenouiller pour prier devant l'autel de Jerry Lee Lewis, des Ramones ou des Cramps ? Ou allons-nous plutôt aller de l'avant et introduire de nouveaux concepts dans le Rock'n'Roll ?
Allons-nous exclusivement nous borner à suivre les traditions musicales de l'Hémisphère Occidental ? Ou allons-nous fouiner et décloisonner la chose, trouver notre inspiration aux 4 coins du globe, jouer un Rock'n'Roll réellement transmondialiste ?
Il est temps de repousser loin nos horizons et de défricher de nouvelles terres, il est temps d'arrêter les conneries et de jeter les mouchoirs morveux de nostalgie... et si ce processus d' évolution prend la forme de King Automatic, bon sang c'est tant mieux.
Ce Gentleman puise son inspiration dans le Rocksteady jamaïcain le plus enfumé, le Rhythm'n'Blues pas net, le Bebop de Mingus et les percussions tribales d'Afrique occidentale pour ne citer là que quelques sources. 


Le King croqué par Jano dans "The Four Roses", scénario de Baru

En plus de cette diversité musicale, King Automatic libère le Rock'n'Roll des clichés lyriques et éculés du genre : "I picked up my baby in a '59 De Ville, we tore through the city seeking cheap thrills". Pas de niaiseries de ce genre, non Monsieur. Ici, un authentique travail de songwriter est à l’œuvre, ciselé comme au bon vieux temps du trafic de diamants bruts, diamants que l'on voyait ensuite sertis sur les bagues des jolies dames. Ceci ajoute un intérêt supplémentaire et plus que bienvenu à cette musique sur laquelle nous aimons tous boire, danser et faire des bébés.
Après avoir officié en tant que batteur dans le groupe garage français Thundercrack au milieu des années 90, King Automatic repart seul et prend un virage radical au début du nouveau millénaire en injectant une nouvelle dimension dans son répertoire. One man band atypique, il reste inclassable dans cette discipline.
Sur scène, il sample claviers, guitare, harmo, maracas, il chante, cogne tambours et caisse claire en assignant de frénétiques coups de cymbales à ses riffs de guitares, créant ainsi un paysage sonique inouï - en fermant les yeux tu jurerais entendre un big band primitif au grand complet, mon pote.

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