samedi 17 décembre 2016

LA habanera par Arno


Allez, une question à la con. À votre avis quelle est la chanson la plus reprise au monde ?
L'Internationale ? Veni creator ? Let it be ? Évidemment, c'est introuvable.
Un sérieux candidat au titre est ce classique des baloches de notre enfance : 
La Paloma (en espagnol, la Colombe). On en recense autour de 5000 reprises !
Cette chanson, généralement signée (Traditionnel), aurait été composée, autour de 1863, par le Basque Sebastian Iradier qui revenait de faire un petit tour à Cuba, encore colonie espagnole et pas encore satellite des États-Unis, (ce qui n'adviendra qu'en 1898).
L'origine caraïbe de la chanson est attestée par cette musique, si populaire à la fin XIXème, la Habanera, dont Bizet et Ravel useront avec profit.
Dès 1865, on entend les premières traductions, en France et en Allemagne.
Les versions françaises ont divers auteurs et paroles au gré des adaptations (Jean Rodor, Jean Loysel, Reda Caire, Catherine Desage) 
Mireille Mathieu en fit, en 1973, une adaptation en allemand de Georg Buschor La Paloma Ade qui fut numéro 1 des hits dans les pays germanophones, puis une autre en français par Catherine Desage, La paloma adieu, numéro 1 dans les pays francophones. Puis, elle gravera encore deux autres versions : en anglais La Paloma Good-Bye et en espagnol La Paloma Vendra.
Même Elvis Presley s'y est frotté dans sa période crooner à Las Vegas.
Mais un des tout premiers enregistrements discographique fut celui de la Garde républicaine (France) en 1899.
Illustration plus moderne :
 

Cette réjouissante version tout à fait balocharde, est chantée par Arno sur son disque d'avril 1991, par ailleurs très bluesy, "Charles et ses Lulus".
Le groupe était formé de Arno, Roland, Adriano Cominotto et Piet Jorens. 

La Paloma fut également le nom d'un dancing de Barcelone, aussi charmant que populaire, du temps où il se trouvait dans un quartier pas encore ravagé par la spéculation, le modernisme, la bourgeoisie, la publicité, les épiceries bio, etc.
On pouvait y boire du mousseux catalan dans une salle rococo peuplée de couples endimanchés au son d'un orchestre qui devait déjà jouer du temps où Juan Garcia Oliver faisait le service. Lorsque les musiciens entonnaient La Paloma, il fallait songer à trouver un autre abreuvoir ou tituber jusqu'à sa piaule.
Un mien camarade, issu des rues de ce quartier, aimait tellement ce titre qu'il en faisait subir plus de quarante versions enchaînées sur une cassette au cours d'interminables trajets automobile.

7 commentaires:

  1. Bravo! En guise de parallèle à l'ère post-factuelle, soutenons l'ère post-chansonnière!

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  2. Ca alors ! Remarque ça corroborerait ta réponse hypothétique à la question du début : La Paloma fait partie des morceaux que nous déchiffrons actuellement dans le petit orchestre du petit conservatoire de ma petite ville de banlieue. Pour ma part je peine sur la partition que j'ai sous les yeux, la partie IV en Ut pour trombone. La partoche est bien signée Sebastian Iradier, avec des arrangements de Fabrice Lucato. Faudra que j'apprenne à poster sur Youtube, si on nous film le jour de l'assassinat musical (le concert), je pourrai le mettre en ligne.

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  3. N'oubliez pas que la Sacem habite au 21 (rue de la Sablière)
    J

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  4. Ça me fait penser que j'ai un pote, excellent guitariste au demeurant, qui y bosse. Toute la journée il écoute la radio, et à la moindre mélodie (dans une pub, un générique, une chanson...) qui ressemble à un morceau dépendant du code de la propriété, bing, il aligne. Enfin je schématise avec ce qu'il m'a expliqué.

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  5. Cela dit je ne pense pas que Radio Canal Sud entre dans sa fiche de poste, rassurez-vous.

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  6. Bah, comme toutes les autres radios, la station se fait racketter par voie de cotisation chaque année.
    J

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