vendredi 9 décembre 2016

Francis Lemarque, prolifique pacifiste parisien

Et voila le gars qui écrivit un bon millier de chansons, LE chanteur de Paris par excellence : Francis Lemarque (1917- 2002).
Né Nathan Korb dans une famille pauvre de la rue de Lappe, il commence à chanter dans les rues à huit ans avant de rentrer en usine à 11 ans.

Les Frères Marc
En 1932, il forme un duo avec son frère Maurice, les Frères Marc.
Le couple adhère à l'AEAR (Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires) groupe proche du PCF, dont le représentant le plus connu est le groupe "Octobre" (Maurice Baquet, les frères Prévert, Jean-Louis Barrault, Mouloudji, Marcel Duhamel, etc.)
Premiers à mettre Prévert en chanson, ils tournent avec Pierre Dac, Paul Meurisse et Joseph Kosma.
Mobilisé en 1939, il est « lieutenant-guitariste » aux activités théâtres aux l'armée.
En 1940, il passe en zone libre et s'installe à Marseille où il rencontre Jacques Canetti, son futur agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord avec le guitariste manouche Django Reinhardt.
Sa mère, déportée en 1943, disparaît à Auschwitz. Francis rejoint un maquis FTP avant de terminer la guerre dans l'armée de De Lattre.
En 1946, il entame sa carrière dans les cabarets et croise deux personnes qui changent sa vie : sa femme Ginny Richès et Yves Montand pour lequel il écrit plus de trente chansons  : A Paris, Je vais à pied, Ma douce vallée, Bal petit bal...
Au cinéma, il compose la musique de "Playtime" pour Tati.
En 1957, il fait un carton en adaptant une vieille rengaine allemande Der Treue Husar, en Marjolaine.
Pour le plaisir, la version de l'originale qui clôt le film de Kubrick "Les sentiers de la gloire" chantée par Susanne Christian, seul rôle féminin du film, que Kubrick épousa peu après lui avoir offert le rôle.



Fidèle au parti communiste, il fait des tournées en Pologne, URSS, Chine, etc. en centrant son tour de chant sur le pacifisme.
Quand un soldat est d'ailleurs une de ses chansons les plus connues qu'il ne se lassera jamais d'interpréter.
Cinq années à l'Échelle de Jacob, deux prix de l'Académie Charles Cros, une longue collaboration avec Michel Legrand, un Olympia avec Colette Renard jalonnent sa carrière jusqu'en 1960.
Il se met alors à écrire de nombreuses musiques pour le cinéma ou la télévision. Par exemple :



Au début des années 70, il monte la comédie musicale "Paris populi" où vont chanter à ses côtés Jean Guidoni, Marcel Amont, Juliette Greco, Michel Delpech, Mouloudji, Serge Reggiani, Catherine Sauvage, Francesca Soleville, entre autres.Rien que ça !
Il va ensuite continuer à tourner, à écrire et à rédiger quelques anthologies sur la chanson. 
On le retrouve ci-dessous, filmé en 1969, en compagnie de Chabrol (Jean-Pierre), Ferrat, Morelli et Brassens interprétant "Y'a trop de tout" de Paul Vaillant-Couturier. 



Il est mort le 20 avril 2002. 
Vous trouverez d'autres détails avec ce lien  d'un des sites qui lui est dédié.

6 commentaires:

  1. Que de beau monde ! Un bien bel article, et un artiste vraiment attachant, bien que trop fidèle.

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  2. La fidélité est-elle un défaut ?
    Jules

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  3. Parfois un bon traître peut-être sympathique, d'ailleurs les fusillés du film ci-dessus ont manqué de fidélité au drapeau.

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  4. Ni fidèles, ni infidèles, juste piochés au hasard.
    J

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  5. Ah. Et puisqu'on en est au film, le Kirk a cent ans aujourd'hui.
    C'est fou ce qu'on change.
    J

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