vendredi 16 janvier 2015

Les aventures de Titine

On y fit une allusion appuyée dans l'émission de janvier 2015.
Voici donc les aventures d'une rengaine que tout le monde sait au moins fredonner.

Inutile d'essayer de compter les versions ou les interprètes de cette scie : il y en trop.

Cette fameuse Titine, ancêtre de la non moins célèbre Mirza, a beau n'être qu'un clébard, elle aura mis bas à une portée de parodies, de suites et surtout à une des séquences les plus fameuses de l'histoire du cinéma des années trente.

Comme on vous l'a dit à la radio, ils se sont mis à trois pour créer ces merveilleuses paroles : M. Bertal, B. Maubon et E. Ronn, la joyeuse musique est de L. Daniderf qui avait, entre autre, travaillé avec Gaston Couté. 
Hasard de l'histoire, la chanson date de 1917, soit l'année où les bidasses du corps expéditionnaire des Etats-Unis débarquent dans les tranchées du Nord-Est.   
Voici une version de 1924
  
Or, ceux que l'on n'appelle pas encore G.I.s mais plutôt "sammies" sont infoutus de retenir les paroles de "La Madelon", peut-être trop sophistiquées à leur goût. A moins que son côté "bourrée auvergnate" (binaire) ne soit trouvée trop vulgaire pour des oreilles américaines.
Plus facile à chanter, à siffloter, à reprendre à l'harmonica, au saxo ou au violon, elle sera adoptée par les soldats qui la ramèneront outre-Atlantique.
La chanson deviendra même un symbole de la France des années vingt. 

Et Charlie Chaplin s'empara du succès français pour son premier film sonorisé, "Les temps modernes" (1936) 
Mis au chômage d'une usine monstrueuse, après moult aventures, Charlot doit faire un numéro chantant dans un restaurant.
Ayant égaré son aide-mémoire, il doit improviser son numéro en yaourt.

 

Fait remarquable , ce fabuleux film de Chaplin est entièrement muet, exception faite de cette séquence, pour laquelle le monde entier s'est précipité au cinéma. On allait enfin connaître la voix du vagabond le plus populaire de la planète !
La Titine entamera sa deuxième existence à partir de là.
Elle en deviendra même sujet à moquerie dont voici une des plus connues, en 1964.


 Merci au site du temps des cerises aux feuilles mortes pour leurs tuyaux.

7 commentaires:

  1. Merci les gars !

    Une précision, cependant, car on ne voit pas bien la chose sur cet extrait des Temps modernes, à propos de "l'aide-mémoire égaré" : pour cette première prestation improvisée (dans l'histoire du film, s'entend), Charlot avait écrit les paroles de la chanson sur ses manchettes en carton, mais le brusque lever des bras qu'il effectue en entrant dans la salle fait que celles-ci s'envolent…

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  2. Merci surtout de m'avoir rectifié lors de l'émission et appris l'existence de Léo Daniderff.
    À ma décharge, j'avais entendu naguère sur France Culture une série (Les chemins de la musique ?) consacrée à la musique des films de Chaplin, où j'avais appris qu'il avait lui-même composé la plupart des B.O., comme Carpenter bien après.

    Mais à bien réécouter ledit morceau (de bravoure), je pense que c'est lui qui a eu l'idée d'intégrer les rires et les applaudissements dans le mouvement même de la chanson, enrichissant ainsi l'effet musical…

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  3. Certainement.
    Au risque de me répéter, le génie de cette séquence vient également du mixage.
    Quand on pense que c'est la seule sonorisée, du film (son plus beau, à mon avis).

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  4. Ouais, ben en fin de compte c'est pas très sympa de m'avoir remis cette rengaine en tête : j'arrête pas de l'écouter en boucle, je deviens dingue !

    Au passage, faut ajouter à Titine et Mirza ceci

    Sinon, j'ignore si quelqu'un s'est livré à une analyse philologique du yaourt de Charlot mais ça ne manquerait sans doute pas d'intérêt, vu qu'il avait dû préparer très soigneusement le truc, méticuleux comme il était : beaucoup de phrases à consonance latine (on entend presque du français), un peut de germanique et sans doute du slave, rien de très anglo-saxon.

    À rapprocher du discours incompréhensible qu'il éructe dans Le dictateur.

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    1. Et oui, jolie chanson du petit taureau, cong !
      Pour t'ôter cette foutue rengaine de la tête, j'ai pire. Mais attention, c'est à tes risques et périls.
      Ne me remercie pas.
      E.

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  5. Vas-y toi même, à tes roustes et pérouilles !

    Je te remercie de m'avoir répondu si philologiquement…

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    1. Ah salaud, tu me tues !
      Je me demande parfois comment on arrive à survivre à autant de connerie.
      Je crois qu'on a définitivement perdu Titine, là.
      Pour le sabir à Chaplain, moi i' m' semble entendre du françois et de l'italien... Mais y a sûrement des armées d'universitaires qui ont du s'étriper sur la question...
      E.

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