mardi 29 janvier 2013

12°5  "NE LEUR JETEZ PAS LA PREMIERE BIERE..."

    Leurs débuts en 78 avaient secoué les corps et les esprits. Le groupe : 1 fille, Joss et 4 gars, Olivier EMERY et BUD aux guitares, Jean-Luc DELOVE à la basse et Frank GLIKSMAN à la batterie, une complicité étonnante, des textes qui frappaient au coeur et à l'estomac, qui n'avaient peur de personne et qui voulaient être entendu malgré l'enfer que les défourrailleurs de bruit faisaient tout autour.



     Ils se font une certaine réputation dans le milieu autonome parisien et provincial grâce à des textes à tendance anti-flics ou féministes tendance baston.Il n'a pas fallu longtemps pour que l'éditeur, Philippe CONSTANTIN (celui qui avait des oreilles), s'en mêle et les accompagne en 1980 vers leur 1er album «NANA MEC ».C'est leurs tournées… et ils éclusent l'hexagone et tous les festivals.Ils partagent les scènes avec tous les groupes rock de l'époque : TELEPHONE,TRUST, HIGELIN, LAVILLIERS, SAPHO, VALERIE LAGRANGE, LILI DROP,EDITH NYLON, STINKY TOYS, METAL URBAIN, MARQUIS DE SADE…              Leur rencontre avec le groupe anglais THE RUTS est fracassante et leur 2ème album «ENTRE TEMPS»  se réalise en 1981 à SEATTLE et à LONDRES avec le producteur John BRAND et le batteur Dave RUFFY de ces fameux THE RUTS. Album décevant, galères courantes des groupes français de l'époque, après ces 4 ans de rock intensif, ils se séparent en 82 en douceur et même pas fâchés et chacun vaque à de nouvelles aventures.Ils se retrouvent en 2003. Cela donnera un concert exceptionnel le 13 janvier 2004 à la Maroquinerie devant une salle comble



samedi 26 janvier 2013

François Béranger, tendre, bougon et libertaire


François Béranger, disparu en octobre 2003, était un des symboles de l'après Mai 68. Longtemps mis à l'index par les médias, il a su mener une carrière parallèle en ralliant un public fidèle et sensible à ses révoltes contre les injustices. 

   
    François Marie Béranger voit le jour le 28 août 1937 à Amilly, un village où vivent ses grands-parents maternels près de Montargis, dans le Loiret. Les parents de François habitent Suresnes, dans la banlieue Ouest de Paris, pas très loin des usines Renault de Billancourt. André, le père, y est tourneur et militant syndicaliste; Jeanne, la mère, couturière à la maison. Durant la guerre, les usines sont bombardées et André, quand il est démobilisé, emménage en famille dans un hôtel particulier de Boulogne où il dirige un centre de jeunesse et participe activement à la Résistance. Une ascension sociale consacrée à la Libération quand il est élu député à l'Assemblée Nationale. La scolarité de François Béranger se situe dans la bonne moyenne jusqu'à sa première dans un lycée parisien. Ressentant le besoin de se confronter à la vraie vie, il arrête brutalement ses études et devient ouvrier chez Renault, où son père, las de la carrière politique, est retourné, mais à la direction générale cette fois. 
    Mais on ne s'improvise pas prolétarien quand on a étudié le grec et le latin. François Béranger le comprend vite et il rejoint une troupe de théâtre amateur, La Roulotte, où il chante pour la première fois en s'accompagnant à la guitare. Ils tournent en France et, dès que la troupe a réuni assez d'argent, voyagent en Europe. Au retour d'un périple en Grèce en 1958, François doit rejoindre les drapeaux et, comme la plupart des jeunes hommes de sa génération, fait son service militaire en Algérie. Affecté aux transmissions, il est profondément marqué par les dix-neuf mois passés là-bas, n'ignorant rien des sévices longtemps cachés commis par l'armée française. De retour au foyer fin 1960 pour assister à la naissance de sa fille Emmanuelle, il souffre du retour à la vie civile. Grâce à des rencontres, il entre à la toute puissante ORTF de l'époque, où il est tour à tout régisseur, chef de production et réalisateur. François Béranger semble avoir trouvé sa voie, son fils Stéphane agrandit le cercle familial, mais bientôt l'heure de la contestation va sonner.
    Plus âgé que la moyenne des contestataires (il a 31 ans), François Béranger se retrouve dans l'esprit de liberté qui règne alors dans les rues de Paris. 




    Il ressort sa vieille guitare de La Roulotte et compose des chansons dans l'air du temps qu'il fait écouter à ses amis. En 1969 paraît un 45 tours atypique, composé d'une seule longue chanson sur les deux faces, Tranches de vie, un réquisitoire contre la censure et le manque de liberté ressenti par la jeunesse de l'époque. Un premier album, Une ville, sort l'année suivante, avec un de ses plus grands succès Natacha et d'autres titres qui évoquent le printemps de Prague, ses années à La Roulotte et d'autres cris de révolte. L'accueil est excellent, tant par les médias que chez le public.
    En 1971, François Béranger apparaît en première partie de Gilles Vigneault à Bobino, puis il surprend tout le monde avec Ça doit être bien, un album déconcertant où il est accompagné par un groupe de musiciens expérimentaux américains, Mormos. Sa maison de disques n'apprécie guère et les deux parties décident de divorcer à l'amiable. Si ce deuxième disque ne connaît pas un grand succès, François Béranger est pourtant très sollicité pour ses spectacles. Un nouveau groupe, Electrogène, l'accompagne désormais pour ces prestations dans toute la France.
 

    Sous le label Escargot, il sort son troisième album en 1974 où les folklores du monde l'inspirent, comme le Tango de l'ennui ou Rachel, sur une musique tzigane. François Béranger rencontre le guitariste Jean-Pierre Alarçen qui ne le quittera plus pendant cinq ans. Avec Gérard Cohen à la basse et Michel Bonnet à la batterie, le quatrième album sort avec les photos et les noms des quatre nouveaux compères sur la pochette, Le Monde bouge. Avec eux, il a trouvé l'équipe musicale dont il rêvait. Plus d'une centaine de dates par ans, les tournées de François Béranger font salle comble, malgré l'absence de l'artiste à la radio et à la télévision. Ses chansons ont un goût trop protestataire pour les programmateurs de l'époque.
    Alternative est le titre du cinquième album de François Béranger, avec la chanson Paris-Lumière qui occupe les 19 minutes de la face B. La collaboration avec Jean-Pierre Alarçen fonctionne à merveille, avec un album en public enregistré en 1977 où les plus anciennes chansons sonnent beaucoup plus électriques, et un nouveau 33 tours en 1978, Participe Présent. Pourtant, après une dernière série de concerts à l'Elysée-Montmartre, le guitariste part bientôt fonder sa propre formation et de nombreux admirateurs de François Béranger le regretteront. 



    Joue pas avec mes nerfs, l'album de 1979, contient une chanson qui devient son plus grand succès populaire, Mamadou m'a dit. Dans la foulée, il participe à la création d'une association soutenant l'aide au retour créatif des travailleurs africains. L'intérêt des médias retombe l'année suivante avec un album aux titres-fleuves, Article sans suite. L'arrivée de François Mitterrand au pouvoir le déçoit bien vite et il le chante dès 1982, dans l'album Da Capo.
    Après le Printemps de Bourges en 1982, fatigué par les tournées qu'il a enchaînées pendant douze ans, François Béranger quitte le devant de la scène et traverse le désert à sa façon. . Il ne revient qu'en 1989, avec son dixième album en studio Dure Mère, suivi par sa première tournée depuis sept ans. François Béranger reste toujours un chanteur marginal, jamais dans le système qu'il a toujours dénoncé dans ses chansons. 
    En 1997, il fait sa rentrée parisienne au Trianon en novembre, après la sortie d'un nouvel album et reprend la route pour une nouvelle tournée qui donnera lieu à un enregistrement en public l'année suivante. 
    En 2002, il enregistre Profiter du temps, son dernier album composé de chansons personnelles et se produit pour la dernière fois à Paris au Limonaire. En 2003, il enregistre un disque, 19 chansons de Félix (Leclerc), qui sortira après sa mort.  




Merci à Ricky Banlieue

mercredi 23 janvier 2013

Le Valls à mille camps


Au premier camp d’manuel valls
Tous les Roms frémissent déjà
Au premier camp d’manuel valls
Je suis effaré et je l’aperçois

Et manuel qui bat la mesure
Manuel qui mesure notre effroi
Et Manuel qui bat la mesure
Les expulse et murmure tout bas


REFRAIN
Un valls à trois camps
Qui vire encore un camp
Qui vire encore un camp
Pour virer les gitans
Du côté de Sevran
Comme c’est fliquant
Un valls à quatre camps
C’est beaucoup plus fliquant
C’est beaucoup plus fliquant
Et tout aussi piquant
Qu’un valls à trois camps
Un valls à quat’ camps
Un valls à cinq camps
C’est beaucoup plus fliquant
C’est beaucoup plus fliquant
Et beaucoup moins craquant
Qu’un valls à trois camps
Un valls à cinq camps
Un valls à cent camps
Un valls à l’encan
Un valls c’est sanglant
Et chaque semaine
Chez manuel que la haine
envahit tout le temps
Un valls à mille camps
Un valls à mille camps
Un valls a mis le camp
dans un état désolant
Pour que tu vires vingt camps
et expulses vingt autres camps
Un valls à mille camps
Un valls à mille camps
offre aux fascisants
trois cent trente trois fois le temps
d’expulser un camp

Au deuxième camp d’manuel valls
On est mal et dans tous nos états
Au deuxième camp d’manuel valls
Nous pleurons encore une fois
Et manuel qui bat la mesure
Et manuel qui mesure notre effroi
Et manuel qui bat la mesure
Nous serine, serine déjà

Refrain

Au troisième camp d’manuel valls
Les fachos sont devenus rois
Au troisième camp d’manuel valls
Y’a la honte, y’a la haine et y’a moi
Et manuel qui bat la mesure
Et manuel qui mesure notre effroi
Et manuel qui bat la mesure
Laisse enfin éclater sa joie

Refrain
Zazate
(libre de tout droit)


trouvé sur indymédia Paris

lundi 7 janvier 2013

Histoire des musiciens et chanteurs de rue




Daumier, Le joueur d'orgue de barbarie, vers 1864-1865

  
 Notre joueur d'orgue de barbarie et sa petite chanteuse (pris en photo par Atget en 1898) vont se retrouver un peu moins seul sur notre site...

   Nous vous convions à aller découvrir sur "Ritournelles et Manivelles" l'intéressante histoire des ménétriers, bateleurs, escamoteurs, saltimbanques, joueurs d'orgue et autres faiseurs de tour... qui peuplaient -littéralement parfois : plus de 3 000 musiciens ambulants italiens en 1870 !- les rues de Paris.
   Oh ! La dive engeance !
   On y apprendra plein de choses surprenantes sur ces bien beaux métiers.
   On verra aussi que la préfecture de police n'est jamais trop loin... 
   ... Et que la situation de ces "cognes-trottoir" n'est guère reluisante en ces temps obscurs... On va quand même pas troubler la tranquillité du Bobo !  Ah ! Mais si vous payez une patente et que vous n'avez pas l'air trop roumain, c'est différent... on peut s'arranger ! On peut monter un spectacle subventionné qu'on sortira une fois l'an... ça vous va ?

    Pour l'histoire c'est donc par ici .
    Vous pouvez aussi consulter le site du Ludion, facteur d'orgues  : c'est par là.

    Et pour celles et ceux qui l'auraient ratés lors d'une de nos émissions radiodiffusées, voici Valérie Ambroise et son joueur d'orgue André Marié interprétants une chanson de Pierre Mac Orlan - qui n'est pas sans rappeler l'argot des Coquillards - Rue Saint-Jacques... chez Jacques Martin !






jeudi 3 janvier 2013

HECTOR ET LES MEDIATORS

Un Screaming Jay Hawkins à la française

Avec Screamin' Lord Sutch


    De son vrai nom Jean-Pierre KALFON ( à ne pas confondre avec l'acteur), HECTOR est né le 20/12/1946 à Paris.
    Dès l'âge de 16 ans, il devient un pilier du Golf Drouot où il recrute les Mediators pour l'accompagner. Ce groupe instrumental est composé, à l'origine, de trois copains du Lycée Voltaire à Paris: Marc Schleck (solo), Serge Mosiniak (basse) et Gilbert Krantz (rythmique) auxquels se joint William Roudil (batterie).
    Repéré et engagé par Philips, il grave en avril 63, un 1er EP sur lequel figurent, en face A, la reprise "Somethin' Else" d'Eddie Cochran et l'instrumental "Tchang" et , en face B, deux morceaux des Hots Kings !
    Iconoclaste du rock, Hector donne visuellement comme musicalement, dans la dérision, l'extravagance et la provocation la plus délirante. C'est en spectacle qu'il montre sa démesure. Il s'y produit en costume queue-de-pie avec un haut-de-forme, une cape, des gants blancs et un bouchon de lavabo autour du cou.  Ses cheveux incroyablement longs et touffus pour l'époque lui tombent sur les épaules et lui valent le surnom de "Chopin du Twist".
    Il exige toujours un piano bien accordé, non pas pour en jouer mais pour le démolir ! Il se déplace sur scène dans un cercueil, une baignoire, une chaise à porteurs, toujours accompagné de son fidèle valet Jérome qui lui apporte de l'eau, essuie son visage et parfois lui lave les pieds.
    Philips, voulant profiter de sa soudaine notoriété, sort dans la foulée un second EP avec, en face A, deux reprises enregistrées lors des sessions du 1er disque et, en face B, deux nouvelles chansons en français (Je vous déteste et T'es pas du quartier) signées Jean Yanne et Gérard Sire.

    Furieux de cet almagame concocté sans son consentement, il intente contre sa maison de disques, un procès qu'il gagne. En spectacle, il parodie Sheila en chantant "Le sifflet des boudins" ou Claude François en faisant du trapèze volant.
    En 64, il se sépare des Mediators et entame une carrière solo en sortant chez Ducretet-Thompson son 3e EP avec notamment "Alligator" et "Hong-Kong", deux morceaux adaptés de son idole Screamin' Jay Hawkins. Il se produit en 1ère partie des Animals et de Bill Haley.
    Il intègre Polydor en 66 pour graver son 4e et dernier EP "Abab l'Arabe".
    Après l'enregistrement chez Palette du SP "The Whammy", il part en 67 au Canada où il gère la carrière de Mike Shannon (le second chanteur des Chats sauvages) et de divers artistes canadiens comme Nanette Workman.
    De retour à Paris en 70, il devient directeur artistique chez Barclay puis Pathé Marconi. Parallèlement, il enregistre avec Tom et Jerry le SP "Le petit Beaujolais/La société" produit par Dick Rivers.
    Il joue dans les comédies musicales "Gomina" (73) où il tient sept rôles différents, et "Mariage"(75) avec Jeane Manson. En 76, il assure la programmation du Théâtre Dejazet puis, de 78 à 83, celle du Studio Bertrand, transformé en salle polyvalente.En 83, il achète une usine de construction de machines à emballage installée en Seine-et-Marne qu'il revend en 87.
Philips a sorti en 84 un mini-album regroupant les 6 titres de ses deux premiers disques (sources "Bide & Musique")



PS : Vous souvenez-vous de la BD de Vuillemin "Raoul Teigneux contre les Druzes" au temps de ligne crade lorsque cet auteur était encore drôle ? Et bien c'est Hector et les Médiators le groupe que Raoul écoute en boucle...

mardi 1 janvier 2013

MARIE-THERESE ORAIN 

L'habituée des cabarets


    On l'a revue grâce au documentaire de Yves Jeulans, "Il est minuit, Paris s'éveille". Marie-Thérèse Orain restera confinée aux cabarets de la rive gauche mais son humour, sa constance et ses fréquentations lui donnent toute sa place ici même.


    "Elle débute dans la chanson en 1961 à l'Echelle de Jacob, puis à l'Ecole buissonière, avec un répertoire plutôt humoristique. Elle passera dans tous les cabarets "rive gauche" (notamment à l'Ecluse et à la Galerie 55 dès 1966), s'orientant peu à peu vers des tonalités plus graves. Saluée par la presse comme une des valeurs montantes de la chanson, on la compare tantôt à Marie Dubas, tantôt à Odette Laure. Une grande interprète, dont la carrière perdure quarante ans après ses débuts." (G. Schlesser, Le Cabaret "vie gauche", éd. de l'Archipel, 2006).

    Elle était proche d'artistes telles que Gribouille ou Barbara. Elle est passée quatre fois à Bobino, et si elle n'a pas enregistré de disques personnels, elle a cependant contribué à des disques collectifs (un sur la Butte Montmartre, un autre sur les chansons gaillardes). Son répertoire était très étendu, avec comme points forts des auteurs tels Boris Vian et surtout Bernard Dimey.