mardi 31 décembre 2013

Michel Simon chante Dimey

    Et en guise de cadeau de fin d'année ce classique interprété et écrit par deux de nos monstres favoris.
    La musique est de Daniel White.



lundi 30 décembre 2013

émission de décembre 2013 Tranches de vie

Qui s'écoule et qui s'enfuit, comme de bien entendu. On vous propose donc :

HF Thiéfaine        Tranche de vie
A Leprest             Joyeux Noël
G Brassens           De place en place
M Bernard            Les cinq étages
P Perret                Le métingue du métropolitain
B Lapointe            Revanche
Bulldozer               L'enclume des jours
Casey                    Le fusil dans l'étui
Karlit & Kabot       J'ai pas de sous !
R Barrié                 La servante du château
B Meulien              Le foin qui presse
F Béranger             Le tango de l'ennui
M Morelli               La chanson de Margaret
Dikès                      Petit âne
Actualité
Areski / Fontaine    C'est normal
Reprises
Honor Blackman                      Men will deceive you
Banda municipal de Santiago    Les passantes

Et une tranche de vie de Brian

Comme d'hab, vous trouverez ça à l'endroit habituel
Attention pour les amateurs de direct : à partir de janvier on passe le lundi à 18 h !!!

samedi 28 décembre 2013

En ces temps de frimats...



   ... Et à l'attention de nos amis parisii, même si le climat n'est guère plus clément de par chez nous, une petite merveille de Jacques Grello- évoqué ici- découverte au hasard de l'internet, et qui, j'en suis sûr, réchauffera leurs corps transis...

    Par les Frères Jacques





   Et par l'ami Georges, accompagné d'un certain Maxime Le Forestier,une interprétation sans doute plus tendre.

 

mardi 24 décembre 2013

DUO DE CHOC 

Anne Sylvestre et Bobby Lapointe 

C'est en 1969 qu'Anne Sylvestre ( malheureuse fille de l'adjoint de Jacques Doriot) enregistre ce duo, tout fait d'hommage aux rêves des petites filles, avec le Bobby de Pézenas, son vieux complice du cabaret Le Cheval d'Or où elle avait débuté.
Remarquons que de temps en temps la télévision avait quelques idées de mise en scène.



Et merci à Lolo pour cette exhumation ( Nun da Bobby ?)

lundi 16 décembre 2013

émission de novembre 2013 De la racaille militaire

Notre modeste contribution à la commémo de la grande boucherie


Bernard Dimey          La musique militaire
Juliette Greco            Friedland
Marc Robine             Le soldat mécontent
Marc Ogeret             Le déserteur
Nino Ferrer               Mon copain Bismarck
Marc Robine             Les conscrits
Montéhus                  Gloire au 17ème
Tonio Gémème          A Biribi
Parabellum                 Papa
Monique Morelli         Nelly
Catherine Sauvage      Tu n'en reviendras pas
Les Amis de ta femme La chanson de Craonne
Myriam Krivine           Les joyeux bouchers
Francis Lemarque       Quand un soldat
Les Frères Jacques     Général à vendre
Zao                            Ancien combattant

C'est toujours attrapable à cette adresse
T
Supplément : comme le sujet hante l'émission, on vous rajoute à cette adresse un entretien avec l'historien Mino Faïta sur les fusillés pour l'exemple.

dimanche 15 décembre 2013

On enregistre ! (2)  

  Initials B.B.






   Il ne fallait rien moins à Gainsbourg que la grandiose Symphonie du nouveau monde de Dvorak* pour parer de magnificence  sa rupture avec Bardot.
   On a dit  que le dandy s'inspira du fameux Corbeau d'Edgar Allan Poe**. Si le début de la chanson semble lointainement inspirée du début du texte de Poe -disons plutôt qu'il en a gardé l'atmosphère- c'est bien plus la structure du poème que Gainsbourg reprend : "Initials B.B.", répété inlassablement évoque la défunte Lénore du texte, et l'"Almeria" qui clôt le texte appelle irrésistiblement le fameux "Jamais plus" du corbeau... Almeria, le mot de la rupture, où Bardot rejoignit son troisième mari, Gunter Sachs, ce qui marqua la fin de leur relation.

    Le texte de la chanson est par ailleurs une succession de références plus ou moins sibyllines à sa relation à Bardot : de l'accoutrement qu'arborait la femme fatale à cette époque, en passant par le roman de Louis Pauwels*** qu'elle avait conseillé à Gainsbourg, et jusqu'au "platine [qui] lui grave d'un cercle froid, la marque des esclaves à chaque doigt" où d'aucuns ont vu les alliances héritées de ses différents mariages.

   Avant d'en venir à l'objet de cet articule, un petit mot de Claude Dejacques, directeur artistique, à propos de l'enregistrement de l'album Initials B.B. :

    "Nous sommes partis à Londres enregistrer l'album Initials B.B. pour lequel Gainsbourg n'avait rien préparé comme d'habitude, hormis la chanson principale. Mais il travaillait selon une méthode infaillible : pour chaque chanson, il démarre avec un titre, parce qu'il a compris depuis longtemps que le titre doit être la phrase principale du refrain et le thème de la chanson. Pour qu'il ait le temps d'écrire, au lieu de prendre l'avion, nous avons pris le train et le ferry boat : au moment d'embarquer à la gare du nord, il s'est tapé deux bourbons, il a écrit pendant tout le trajet les paroles des trois chansons et, le lendemain, il était prêt."
        










_______________________________________________


Notes

* Un papier sur Gainsbourg et le classique ici.
    Le premier mouvement de cette symphonie : 




** Gainsbourg était un grand lecteur de Poe, qu'il cite dans Ford Mustang, la Bise aux Hippies... et a fortiori de son traducteur, Baudelaire.
   Pour mémoire le début du Corbeau
"Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus."
La suite du texte, ici.

*** "Lis ça ! Tu pourrais le méditer, c'est un ouvrage tout à fait pour toi ! Il est écrit à coups de fouet : ça claque à chaque page !"


vendredi 13 décembre 2013

Le trou de mon quai



     Une chanson d'Armand Ménard dit Dranem, une vedette du caf-conç du début du siècle dernier. On n'est pas prié de trouver ça drôle.
     Où l'on voit qu'une animation bien troussée réhausse une paillardise un brin faiblarde.
     Nous vous laissons méditer ce jugement d'un maître de la fantaisie, Boris Vian, sur ce comique troupier :
    "Comment Dranem peut-il avoir le toupet de débiter devant un public hilare les inepties de son répertoire ? La bêtise volontaire poussée à ce point confine au génie."






mardi 10 décembre 2013

UN VRAI LIVE DE GAINSBOURG avec BIJOU 

Certes, Gainsbourg n'aimait pas la scène (trop timide, le bougre) mais là, en 1978, les petits gars de Bijou se voient obligés de calmer le jeu puis de ralentir pour ne pas laisser le Serge farceur partir à la dérive.


Le Lucien flippé avait crée ces "Papillons Noirs" en 1966 pour Michèle Arnaud.
Voici donc la première version : 



jeudi 5 décembre 2013

émission d'octobre 2013        Les petits métiers

Gainsbourg                      Le fossoyeur
Brigitte Fontaine               La concierge (j'suis décadente)
Béatrice Moulin                Les pirates
Les Frères Jacques           Le moucheur de chandelles
Monique Morelli               Les compagnons du tour de France
Marc Robine                    Les Terre Neuvas
Les Beth Cops                  Lo boier
Gérard Pierron                  Le fondeur de canons
Raoul de Godewarsvelde   L'accordéonneu
René Binamé                     Djil Compiche
Pigalle                               L'éboueur
Richard Desjardins            La chanson du bum
Bernard Dimey                  Le chauffeur de taxi
René Binamé (2)               Vocations
Karlit et Cabot                  La moustafette
Philippe Clay                    Les voyous        
Patrick Denain                  L'éclusier


Peut-on vraiment toujours appeler ça des métiers ou abusons-nous ?
En tout cas, on vous a mis ça...

L'émission est donc disponible et téchargeable
à ce lien


lundi 2 décembre 2013

Un petit détour par le bayou (1)   

 


  Cette série vous proposera de découvrir quelques titres et interprètes marquants de la musique cadienne. Pour l'inaugurer, nous vous proposons aujourd'hui une présentation succincte mais bien foutue qu'on a piqué à Bayou Prod. Et comme on vous sait un tantinet feignasse comme nozigues, Lectrice, Lecteur, Hannibal (copyright Le Moine Bleu ), nous vous avons agrémenté la lecture de quelques vidéos fort distrayantes que l'on doit à un certain St Brice's Day, notre archiviste  préféré du tube.




La Musique cajun

    Arrivés en Louisiane dans un dénuement quasi total *, les premiers immigrants Acadiens n'ont évidemment pas dans leurs maigres bagages d'instruments de musique, trop coûteux et trop fragiles pour supporter l'exode.
     Dans un premier temps, c'est donc a capella qu'ils pratiquent la musique, qu'il s'agisse des chants traditionnels, berceuses et chants à boire, ou des hymnes religieux du dimanche. Les danses sont rythmées à la voix, accompagnées de frappes des mains et de battements de pieds. A partir de 1780, des violons sont signalés dans des inventaires et il est probable qu'à cette époque, des veillées ont lieu, où l'on danse au son de cet instrument, aussi bien que l'on chante et que l'on conte des histoires. Dans la deuxième moitié du 19ème siècle apparaissent les fais-do-do, des bals où les familles se réunissent au complet chez l'un ou chez l'autre, les jeunes enfants ou les bébés étant mis à dormir (faire do do) à l'écart, sous la surveillance d'une aïeule experte en berceuses et…trop vieille pour danser !… Les danses pratiquées à l'époque sont les rondes et contredanses, les reels, gigues, polkas, mazurkas, cotillons, galops, les one-steps et two-steps et la valse.
    C'est vers 1870 qu'intervient la première grande révolution dans la musique cajun avec l'introduction par les immigrants allemands de l'accordéon diatonique (bien qu'il semble que ce soit des noirs qui l'ait adopté en premier dès les années 1850, par l'intermédiaire de missionnaires blancs). Plus puissant que le violon, plus robuste et d'un usage plus facile, l'accordéon fait rapidement de nouveaux adeptes, mais, pour des raisons de tonalités, fait dans un premier temps mauvais ménage avec le violon. Ce n'est qu'après la Première Guerre mondiale que l'importation de nouveaux types d'accordéons accordés en mi ou en fa permettra des duos avec le violon, ce dernier se trouvant alors relégué dans un simple rôle d'accompagnement.




    Les années 1900 voient également l'apparition dans la musique cajun de la guitare espagnole, largement répandue au Mexique et au Texas, avec laquelle les premiers à se familiariser seront des soldats partis se battre à Cuba. Dans les années 1900-1920, la musique cajun connaît sa seconde révolution, conséquence de la première : sous l'influence grandissante de l'accordéon, le répertoire se limite dorénavant presque exclusivement aux valses et two-steps. On commence alors à mettre des paroles sur la musique de danse et des musiques sur les ballades autrefois a capella. Le triangle métallique, fabriqué à partir de pièces détachées de machines agricoles, devient un instrument rythmique à part entière de l'orchestre cajun. Non pourvus de micros, les chanteurs adoptent une voix criarde et aiguë pour couvrir le bruit des instruments et des danseurs. C'est à cette époque que l'on commence à construire de grandes salles de bals privées et que le fais-do-do perd peu à peu son statut de réunion strictement familiale. Le 27 avril 1928, Joseph Falcon (chant-accordéon) et son épouse Cléoma Falcon Bréaux ** (guitare) enregistrent pour Columbia le premier 78 tours de musique cajun à la Nouvelle-Orléans. Ce disque se vend tellement bien que Falcon, né dans une modeste famille de fermiers, peut abandonner son travail à la ferme paternelle et vivre de ses cachets de musicien.
    C'est au début des années 30 que la musique cajun va connaître sa troisième révolution. D'une part, le président Roosevelt, qui prône un certain interventionnisme sur la scène internationale, a besoin d'une nation unie et souhaite de ce fait éradiquer les particularismes culturels. Par ailleurs, la crise de 1929 ayant durement frappé la Louisiane, un vaste programme de modernisation y est réalisé, comprenant des constructions d'autoroutes, de ponts, de digues, d'usines, de ports et de raffineries. D'autre part, suite à la découverte de pétrole en Louisiane dès 1901, de nombreux yankees sont venus s'installer en Louisiane. Ces blancs arrogants et racistes, souvent originaires des Etats voisins, strictement anglophones, ne souhaitent pas s'intégrer à la culture cajun. Les cajuns, eux, également désireux d'améliorer leur niveau de vie grâce au pétrole, se voient progressivement contraints d'adopter la langue anglaise pour avoir accès au travail.




  Désormais citadins, propriétaires de maisons modernes, de voitures, de réfrigérateurs et de postes de radio, les cajuns et leur monoculture multicentenaire se voient envahis par la culture des autres Etats, notamment du Texas et de sa musique, le Western Swing, un mélange de Swing et de Country Music, qui va rapidement devenir à la mode dans le sud-ouest de la Louisiane.  Cette époque voit l'accordéon décliner rapidement au profit du violon et l'apparition de nombreux orchestres à cordes intégrant une batterie. La quatrième période marquante de la musique cajun commence dans l'immédiat après-guerre. Suite à la 2ème Guerre mondiale, les GI's ont soif d'amusement et ont besoin de retrouver leurs racines et la musique de leur enfance. Des bals et des fêtes sont à nouveau organisés et les accordéons ressortent rapidement des placards. Dès lors, les jours du Western Swing sont comptés. Par ailleurs, l'Amérique ayant à cette époque définitivement basculé dans la modernité, la télévision entre massivement dans les foyers US, au détriment des grands réseaux radiophoniques, qui laissent ainsi le champ libre aux petites radios de proximité, lesquelles réalisent vite qu'il peut être intéressant de séduire les communautés ethniques en programmant leur musique de prédilection. Les artistes locaux se mettent alors à enregistrer à profusion et une multitude de maisons de disques voient le jour en Louisiane. C'est aussi à cette époque que les Créoles noirs créent le style Zydeco en intégrant à la musique cajun des accents de blues et de jazz ***.
    Dans le même temps, de jeunes musiciens cajuns, désireux de s'ouvrir à un auditoire plus vaste et à un succès de plus grande ampleur, inventent le swamp-pop, un mélange de rock n' roll, de rockabilly et de rythm & blues, chanté le plus souvent en anglais sur des thèmes typiquement cajuns. Ce style est encore très prisé de nos jours.
    Les années soixante et leur vague de rock n' roll britannique, conduite par les Beatles, portent un rude coup au swamp-pop et aux autres genres en général. Paradoxalement, la musique cajun traditionnelle se sort plutôt bien de cette période : des musicologues venus effectuer des collectages en Louisiane poussent les organisateurs de festivals américains à programmer des artistes cajuns.
   C'est ainsi que Dewey Balfa se retrouve au festival de Newport en 1964, en compagnie de Joan Baez et Bob Dylan. C'est le signal de départ d'une nouvelle période pour la musique cajun.
    A partir de 1970, le rock n' roll perd de sa popularité un peu partout dans le monde. Inversement, une forte demande apparaît pour un retour aux musiques ethniques. La musique cajun n'échappe pas à ce mouvement et toute une génération redécouvre avec bonheur la musique de ses grands-parents, sous la houlette de jeunes musiciens comme Zachary Richard.
    Vers 1980 commence la dernière étape en date de la musique cajun, celle qui va finalement synthétiser près de 300 ans d'histoire, d'influences, d'assimilations et de métissage musical. La musique cajun prend alors de multiples directions et se teinte d'accents tantôt country, tantôt rock, reggae, rap, caraïbes, world, tex-mex ou jazz.
    Aujourd'hui, en Louisiane, des formations hyper traditionnelles côtoient des groupes rock dotés de solides sections basse-batterie. Toutes se réclament de la tradition francophone et cohabitent sans trop de problèmes. Finalement, la musique cajun est à l'image du peuple qui l'a créée : opiniâtre, dotée d'une étonnante faculté d'adaptation aux aléas de l'histoire et d'assimilation des autres cultures, mais surtout, fermement décidée à survivre, quoi qu'il arrive …




 Notes de l'Herbe : 

* Suite au Grand Dérangement .

** Nous reviendrons sur eux dans un prochain post...

*** Idem pour le Zydeco.

 

vendredi 29 novembre 2013

On a chanté les explosifs !

ou "Sache que ta meilleure amie, prolétaire...."

Un jour de 1866, le père Afred Nobel eut l'idée de mélanger de la silice et de l'antigel à la nitroglycérine (trop instable) puis d'envelopper le tout dans des batonnets de papier. Il devint ainsi non seulement un des hommes les plus riches de la planète mais se permit le luxe de transformer cette fortune en une myriade de prix (rien que pour le Nobel de la Paix, citons en vrac Kissinger, Theodore Roosevelt, George Marshall, Menahem Begin, Lech Walesa, Yasser Arafat parmi les bienfaiteurs de l'humanité)
Ce que le philantrope suédois ignorait c'est qu'il venait de fournir aux pauvres du monde (à commencer par les mineurs) une belle arme pour la lutte des classes. Et, des Molly Mc Guire aux Asturiens, des rebelles de Shangaï aux expropriateurs argentins, on vit fleurir des explosions vengeresses ou offensives dans le (toujours) vieux monde.
Pour rendre hommage au produit, une chanson de 1892 qui serait parvenue au journal "L'insurgé" envoyée par un certain Martenot suite aux événements relatés dans cet article
Chantée par les Quatre Barbus dans le disque "Chansons anarchistes", elle est ici reprise par les Nancéens Les Amis dta Femme dans un disque hommage aux chants de lutte ("Noir...et rouge aussi un peu")





On ne résiste pas à une chanson italienne à la gloire des artificiers amoureux de leur tâche.
C'est Fabrizio de Andrè (1940-1999) grand adapteur de Brassens en italien (le gars chanta aussi en napolitain, en ligure, etc.) chanteur des exclus, des rebelles et des filles au rebus, troubadour anarchiste des "années de plomb" qui nous narre ici l'amour du travail bien fait avec toute son ironie. 
On vous la passe avec les paroles pour que ce soit plus clair :


"Dynamite !" est aussi le titre de l'indispensable livre de Louis Adamic (Un siècle de violence de classe en Amérique) édité par les éditions Sao Mai dont vous trouverez ici une recension.
Merci à eux d'avoir traduit et sorti ce livre qui raconte une des histoires de notre défaite.
Bientôt le match retour ?

mardi 26 novembre 2013

La bal musette du mois d'août

 (fainéants, va !)

Fréhel                     La java bleue
Damia                     Le grand frisé
Fréhel                     Un petit bal musette
Lucienne Delyle     Java qu'est ce que tu fais là ?
Charles Trénet        La java du Diable
Damia                     La guinguette a fermé ses volets
Le p'tit crème          Sur la grand route
Pierrot Noir            Le champ de naviots
Georgius                 La plus bath des javas
Albert Huard           La java des fatigués
Darcelys                  Une partie de pétanque
Simone Bartel          A la Belle de Mai
Renaud Séchan        C'est mon homme
François Béranger     Au bord de l'eau
Félix Leclerc            La chanson du pharmacien
Lisa Leblanc            Aujourd'hui ma vie c'est d'la marde
Igor Agar                 Javazooka
Andrex                    Chez Bébert
Gainsbourg  et Clay  Accordéon
Caussimon                Paris jadis
Fréhel                       La vraie valse des guinguettes
Jean Yanne               J'aime pas le rock
Bernadette Lafont     Une belle fille comme moi
Alain Schneider         La java des squelettes
Les 4 Barbus             La ceinture
TMESDM                  Tmesdm
Jean Constantin           Waterloo  
Les 4 Barbus              Soeur Marie-Louise



Venez prendre votre overdose de java ici (écoutable & téléchargeable)

dimanche 24 novembre 2013

La Révolution ne sera pas télévisée (reprise)


C'est Yves qui nous a fait connaître cette adaptation du classique de Gil Scott Heron, jouée par le groupe Electrod en 2009, à son avis (que nous partageons ) supérieure (ou du moins mieux "envoyée") que celle du groupe Expérience qu'on vous remet là
On l'avait passé en conclusion de l'émission de septembre.


Poète, musicien, chanteur, (un des 3500 pères du rap) et romancier, Gil Scott Heron (1949-2011) natif de Chicago sévit essentiellement dans le Bronx à New-York de 1970 à 2010 où il a fait une réapparition aprtès un séjiour à l'ombre.
Cette chanson, écrite en 1970, vite devenue une légende, a connu plusieurs orchestrations de la part de son auteur. 
Ma préférée est celle-ci dans le plus pur style des Last Poets (parmi les 3500 pères du rap)
Comme romancier, Gil Scott Heron a été hélas trop peu traduit en français mais ne ratez pas Le Vautour* (éd. de l'Olivier) écrit aussi en 1970 (son année de coups de génie) roman noir par excellence qui le place aux côtés de Chester Himes ou d'Edward Bunker.
Pour la route une superbe vidéo tardive (2001) de Scott Heron où on constate que le gars n'avait rien perdu de sa verve : 


*Titre original "The vulture"

jeudi 21 novembre 2013

Les Cornichons - Bellrays

THE BELL RAYS reprennent NINO


Joyeux mélange de soul, de garage et même de métal, ce groupe californien mené par le duo Lisa Kekaula (chant et toujours contente d'être là) et Bob Vennum (guitare, basse, claviers) avec ces temps-ci Justin Andres (basse) et Stefan Litrownik (batt.) a eu un jour l'idée pas si saugrenue de reprendre le tube qui rendit Nino Ferrer a) riche b) malheureux à vie ("Puisque je vous dis que je  ne suis pas qu'un rigolo!").
Quand une soul woman reprend du Nino phonétiquement, ça donne ce résultat plutôt délicieux:



Ps : Quand Lisa et Bob jouent en acoustique et en duo dans un bar du coin, précipitez-vous.

mardi 19 novembre 2013

Valérie Ambroise chante Francis Carco

Au petit conservatoire de Mireille

"Il pleut" (extrait de « Poèmes retrouvés » de Francis Carco )



Tiens ? Beretta au Petit Conservatoire de Mireille ? Voilà qui fait frémir...
Surtout lorsqu'on se souvient que le gars en question était une moitiée du duo déconnant Daniel Beretta / Richard de Bordeaux qui mérite un article à lui tout seul (bientôt...).
On peut retrouver la discographie de Valérie Ambroise sur ce site
Ci-dessous le sieur Francis Carco ( une cinquantaine de "romans" et autres souvenirs plus ou moins fantaisistes à son actif )
On reviendra sur sa carrière d'auteur et de chanteur occasionnel prochainement.

dimanche 17 novembre 2013

Madame Bonbon chante Fréhel



    Une parodie bienveillante et fort drôle de La vraie de vraie, dont vous pouvez retrouver la version originale ici. Le spectacle s'appelle "Quitte à pleurer sur son sort, autant le faire en rigolant..!" et la Dame s'appelle Bonbon. On pourra glaner d'autres vidéos du dit spectacle sur le tube...







mardi 12 novembre 2013

Emission de septembre 2013 Le bonheur dans le crime...

Catherine Sauvage                 La chanson de Mackie
Gérard Pierron                         La chanson du braconnier
Serge Reggiani                      Arthur où t'as mis le corps ?
Daniel Chenevez                    Je suis un meurtrier
Philippe Clay                          La complainte du noyé
Thomas Fersen                        Monsieur
Pigalle                                      Crime contre l'humanité
Juliette                                      Tueuses
Francis Lemarque                   Le tueur affamé
Le syndrome de Stockholm    Tu seras putain ma fille...
Julien Clerc                              L'assassin assassiné
Rip la Lune                             83 CSG 75
Gainsbourg                             Meutre à l'extincteur
Marcel Mouloudji                 Frédo
Les Frères Jacques                Le tango interminable des perceurs de coffre-forts
Bernard Dimey                      L'assassinat
Reprise
Expérience                           La révolution ne sera pas télévisée


"Ne m'accable pas, Lucifer, les hommes sont plus cruels que l'Enfer."
(La beauté du Diable. 1950 René Clair)

Comme d'hab on peut la choper ici même

dimanche 10 novembre 2013

14/18


    Un second bonus à notre émission de la semaine passée qui était consacrée à la guerre.
    Un film d'animation soviétique produit par Soyuzmultfilm Studio, avec comme bande-son, une reprise inspirée de Brassens par Alexandre Avanessov dont nous vous avions passé précédemment l'excellente reprise d'Hécatombes. Ce cher Alexandre a enregistré pas moins de six disques consacrés à Brassens !
    Quant aux dits studios d'Etat, ils nous prouvent que l'on peut faire un chef-d'oeuvre d'animation avec deux bouts de moquettes et quelques boîtes d'allumettes. A croire que les bureaucrates russes préféraient investir dans la guerre des étoiles que dans Soyuzmultfilm...







jeudi 7 novembre 2013

Encore du Couté

... et du meilleur.

LA PAYSANNE (premier supplément à l'émission sur la guerre de novembre 2013)

( Aux gars de Saint Ay)
 


Gaston Couté comptait dans son pays un fervent admirateur, Gustave Séjourné. Celui-ci devint maire de Saint Ay. et, peu porté sur les musiques et les flonflons militaires, il demanda au poète beauceron une marseillaise de sa façon. Ce fut La Paysanne (marseillaise fraternelle des gars de Saint Ay). Elle fut créée et inaugurée à Saint Ay le 14 juillet 1908.

La voilà chantée par Gérard Pierron

mardi 5 novembre 2013

 Trénet et Landru


    Henri Désirée Landru, dit "Le Barbe-Bleu de Gambais" ne fut pas qu'un assassin pour le moins mysogine (11 femmes avérées) d'avant qu'on n'invente l'appelation serial killer aoc.
En plus d'être aussi un escroc, il fut un "planqué" de la guerre 14-18 qui pratiqua artisanalement ce que les généraux réalisaient en même temps à l'échelle industrielle (ce n'est pas une excuse mais ça relativisera une époque sanglante) .
Il utilisa plus de 90 fausses identités pour attirer les femmes qu'il découpait ensuite.
L'horrible individu se révéla un humoriste consommé lors de son procès en 1921 avec des réparties comme « Moi ? J'ai fait disparaître quelqu'un ? Eh bien, ça alors ! Si vous croyez ce que racontent les journaux ! » ou bien « Vous pleurez Landru : vous éprouvez le besoin de libérer votre conscience ? » — « Oui, je pleure mes fautes, je me repens... j'ai des remords... je pleure parce que je pense qu'avec tout le scandale fait autour de mon nom, on a appris à ma pauvre femme que je l'avais trompée. »
Et pour finir  « Monsieur le curé, je vais mourir et vous jouez aux devinettes » à l'aumonier qui, au pied de l'échafaud, lui demandait s'il croyait en Dieu.
Il fallait donc tout le talent de Charles Trenet pour oser en faire cette joyeuse facétie en 1963.


dimanche 3 novembre 2013

Java ?


Le Bal des Quatre-saisons, rue de Lappe, vers 1932, par Brassaï.

    "Qu'est-ce que la java, cette quintessence du populo de Paris ? Dans Du bouge... au Conservatoire, Louis Péguri se moque des alphonses, de ces messieurs les souteneurs qui, après quelques tours de valse, le naturel reprenant le dessus, se refusaient à tout effort supplémentaire au grand dam de ces dames... Le patron du Rat mort à Pigalle, que Péguri ne cite pas, avait remarqué que la clientèle féminine prisait fort la mazurka Rosina *, que les habitués valsaient à petits pas entrecoupés. Aussi, dès que les ardeurs faiblissaient, le taulier réclamait Rosina à l'orchestre et, accent de là-bas à l'appui, demandait : "Alors cha va ? cha va?" Et, un beau matin, Paris apprit qu'une nouvelle danse était née, "une danse qui tenait de la valse mais avec un pas plus crapuleux, plus canaille.- Cha va! Cha va !.. Ainsi naquit d'une déformation du parler auvergnat le fameux pas de java". Une fois encore on se rend compte du goût prononcé de Louis Péguri pour le mythe.
   L'origine du  mot java est-elle réductible à cette historiette ? Au hasard d'une chanson écrite plus tard pour Fréhel, Soi-même java, Francis Carco semble apporter de l'eau au moulin de Péguri :

 "Quand l' gros Gégèn'
Soi-même
S'amène au bal musette
A petits pas il danse la java
Et tout's les poul's
Comm' saoul's
Lui riboul'nt des mirettes
Mais question de plat il leur répond
Ça va ! va ! va ! va!"



Bref ! A défaut d'autre explication, tous s'en contentent. Dans Images secrètes de Paris, en 1928, Pierre Mac Orlan consacre un beau chapitre à la java. Sur l'origine du mot, lui aussi n'avance qu'une hypothèse : "Cette danse fut consacrée par ceux que l'on appelait encore, il n'y a pas si longtemps, les apaches. Elle doit être un hommage à cet argot puéril que l'on nomme le javanais et qui n'est plus parlé que par des crétins incurables [sic!]." On le comprend, personne n'est en mesure de dire pourquoi la java s'appelle java. Il y a quelques années à Chamonix, un musicien d'origine rom avait une clé : dans une langue rom, dchjava est l'impératif d'un verbe signifiant aller. Donc "java" serait la transposition de dchjava, à savoir "vas-y". Pourquoi pas, d'autant que, dans Ils ont dansé le Rififi-Mémoires, Auguste Le Breton l'affirme : jadis, avec les Espagnols, les gitans étaient "les plus fins gambilleurs de la capitale."
    Sur cette danse, Péguri ajoute pourtant, sans rien apporter de précis : "Quant à sa dénomination elle peut être aussi une conséquence du retour à Paris de certains trafiquants de la route de Buenos-Ayres (sic), ayant ramené le pas glissé du tango Milonga qui a un certain rapport avec la marche glissée du pas de la java primitive, en réalité une valse au ralenti et à mouvement décomposé. Par évolution, la vraie java est devenue une valse musette et la vieille mazurka des faubourgs comme Rosina est restée cette vraie java dont Maurice Yvain a écrit musicalement le prototype avec Une petite belotte (sic) [...]Le succès de ce pas nouveau est extraordinaire. On danse la java même dans le grand monde." Incorrigible Louis Péguri et ses idées de grandeur !... Cela étant, Philippe Krumm me le confirme, la java est bien une mazurka massacrée. Après la guerre, Carco voyait en elle une "mazurka faite d'emprunts à toutes les danses" et la comparait à la belote qui, à l'image de la java sa contemporaine, "se complique de manille, de poker et d'inventions déterminées". La petite belote** d'Yvain, belote et java associées, est une photographie parfaite d'un certain Paris des années vingt. Mais attention, André Warnod l'a attesté au Bal des Gravilliers, la java date d'avant 1914 !

Claude Dubois, La Bastoche, Une histoire du Paris populaire et criminel.





  
   Concernant Claude Dubois, on pourra écouter ci dessous sa Nuit rêvée où l'on trouvera notamment une séquence sur le Balajo avec Francis Lemarque et Jo Privat en invités. Un grand merci à George qui nous a retrouvé cette archive.



  Concernant Philippe Krumm, spécialiste de l'histoire de l'accordéon, cité dans le texte de Dubois, nous vous conseillons vivement d'aller consulter son papier très fouillé (et richement illustré) sur les bals musettes et la rue de Lappe. C'est ici .




* Pour ce faire une idée de cette mazurka, un extrait par un groupe italien


** Le morceau en question, par Mistinguett






jeudi 31 octobre 2013

émission de juillet 2013 Le temps jadis

(et quelque peu médiéval)


Ricet Barrier          La java des gaulois
René Zosso           Seigneurs, sachiez qui or ne s'en ira
Cora Vaucaire        Pauvre Rutebeuf
Brassens                Ballade des dames du temps jadis
Little Nemo            La ballade des pendus 
Jacques Douai         L'amour de moy
Pierre de Grenoble   Le prince d'Orange
Générique d'une série ORTF à deviner
Brassens                   Le roi boiteux
Anne Sylvestre          La nonne par contrainte
Jacques Marchais     Ode au plaisir
Gabriel yacoub          Comprenez-vous ?
Monique Morelli        Complainte de Mandrin (version 1972) 
Pills et Tabet               C'est un vieux château du Moyen-Age

Ecoutable ET téléchargeable toujours là
Et un crobard de Villon...

mardi 29 octobre 2013

Germaine Montéro L'interprète géniale (3)

Attention, vos esgourdes !

Ce coup-là, nous sommes fiers et orgueilleux de vous présenter une chanson d'Albert Vidalie Albert Vidalie et Louis Bessieres enregistrée le 19 juin 1957 : La complainte du Bon Pasteur.


Il faut tout de même une certaine dose de génie pour oser chanter ça sans rigoler.

mardi 22 octobre 2013

Des pirates et des vautours




Trois "pirates" Somaliens (eux s'appellent plutôt "gardes côtes") viennent de prendre neuf ans fermes à Rennes dans le procés dit du Tanit. Précisons, au passage, que le skipper du Tanit a été flingué par les balles de nos vaillants marsouins français qui ne font pas dans le détail en attaquant.
Voilà quelques mois est paru un livre nécessaire pour comprendre ce que ces gars du bout du monde foutent dans un box de tribunal breton.
Iskashato (ceux qui mettent leur savoir et production en commun en somali) et les excellentes éditions l'Insomniaque nous font connaître les circonstances qui ont fait de la corne de l'Afrique un des multiples lieux du pillage orchestré par les vautours du capital (surpêche, épandage de déchets toxiques*, manipulations humanitaires, etc.) On y suivra aussi les gesticulations militaro-juridiques de la communauté internationale dans sa guerre aux gueux des mers ainsi que le sort kafkaïen réservé à la vingtaine de ces pêcheurs privés de gagne-pain, puis kidnappés par notre beau pays.
Mais n'hésitez pas à aller consulter une critique du livre par Claude Guillon sur ce lien
On trouve aussi un entretien radio avec un membre d'Iskashato
Voilà une centaine de pages superbement employées. 
Si ces gens-là passent par chez vous, courrez-y !...
* Un documentaire édifiant malgré son ton journalistique (supportez donc les 10 premières minutes) : Toxic Somalia

Et comme ceci est aussi un blog de chansons, une immortelle de Boris Vian interprétée par la chanteuse Suisse Marie-José Casanova (à retrouver dans l'émission d'octobre 2013 sur les petits métiers). A l'abordage !


dimanche 20 octobre 2013

Fréhel et Léon la Lune



Léon la Lune
 
Détour. Récemment a paru -aux éditions Le dilettante*- Le Peuple des berges de Robert Giraud, recueil de chroniques publiées dans l'hebdomadaire Qui ? Détective en 1956. Dans ce livre, on retrouve pas mal des personnages déjà croisés dans Le vin des rues, évoluant dans le monde interlope de la Mouffe, de la Maube et des quais de Seine. Clodos, margoulins, détrousseurs, verduriers, voleurs de chiens, de chats, de chèvres et autres braconniers de la Seine, bossant parfois aux Halles, resquillant plus sûrement, buvant du gros bleu toujours.
   On pourra peut-être s'offusquer de la fascination certaine dont les livres de Robert Giraud traitent de ce milieu de gueux, englués dans la misère la plus crasse. Mais ce serait mal comprendre le "propos" de Giraud. Il ne traite pas en sociologue, il ne dénonce pas cette misère révoltante pour y trouver des solutions idoines. Point d'assaisonnement prophylactique ou d'abbépierrisme ici.
   Point d'angélisme non plus. Giraud sait bien que ce bas peuple "paie d'une incommensurable misère une liberté toute relative".Un peuple de la marge assommé par le fatalisme d'une misère immémorielle mais capable de quelques coups d'éclats.
    Tout de même Giraud y va en copain, partage les "cheminées" de rouge et le bout de gras -ou de niglou- quand y a à briffer et les galères. Et nous conte par le menu les aléas de cette société qui n'est pas soumise à la folle marche du monde et aux assauts du moderne, c'est-à-dire la gestion toujours plus sophistiquée de ce qui résiste à la bureaucratie. Ce peuple refuse de vivre sous le joug du salariat et des conventions sociales putrides qui vont avec : et c'est bien cela qu'on ne lui pardonne pas.
    Ce qui intéresse Giraud, c'est de parler de cette engeance, de ses magouilles,ses rites, ses légendes, sa langue. Un monde dont Mac Orlan disait (si nos souvenirs ne nous trahissent pas) qu'il était à peu près le même en son temps qu'au temps de Villon. Et c'est sans doute la conscience que ce monde allait irrémédiablement disparaître qui fit que Giraud, Yonnet ou Clébert** livrèrent leurs écrits au tournant de cette modernité. Vinrent entre autres calamités la destruction des Halles, les constructions de périphériques automobiles et l'avènement de l'architecture fonctionnelle. Et Bercy devenait le siège de la pompe à phynance... Bref, ce qu'on a pu appeler le pompidolisme triomphant*** et qu'on pourrait résumer dans ses avatars passés et futurs en cimentisation du monde. Plus de place pour la débine et sa débrouille... Fini la Cour des Miracles.



    Tout de même on aimerait voir encore un de ces "Roi des clochards" se pavaner dans les rues de Paris ou des "Nénette" se balader sur le Pont Neuf dans son horrible accoutrement puant, fardée de mercurochrome, éructant un tas d'immondice à qui osait l'importuner. Les touristes se pâmeraient moins devant les charmes de Paris en présence d' existences aussi scandaleuses...

    Ce bas peuple disparut irrémédiablement avec sa propre ville. On a fait place nette : la misère est cachée, enfouie, les clodos harcelés par les assemblées de propriétaires, les rondes des flics, les mairies, les "maraudes" de la croix rouge : "Ne laissons personne au bord du chemin".



L'amiral, roi des clochards, sa reine Germaine, 
et leur bouffon, l'ancien clown Spinelly, Doisneau, 1953.

   Les armées du salut et leur hygiénisme tout militaire ont gagné ****  . il faut intégrer, soigner, sociabiliser les gueux même à leur corps défendant -du moins en surface- mais en fait bannir, mater, psychiatriser.... Et les braves gens de s'étonner que ces en-dehors refusent assistance d'un monde qu'ils ont toujours cherché à fuir parce car il les a trop cabossés. Les clodos se retrouvent seuls, ils ont froid, et le mobilier urbain leur fait mal au dos...
    Le travail est parachevé : les critiques mondains peuvent admirer le pittoresque des écrits de Giraud. Mais lui n'a jamais fait carrière.
    Reste plus qu'à fermer les derniers bistrots et la coupe sera pleine...


Robert Giraud et Léon la Lune au comptoir du Vieux chêne rue Mouffetard par G. Dudognon


Revenons-en à nos chansons. Donc Léon la Lune, immortalisé dans un film d'Alain Jessua, qu'on retrouve aussi, semble-t-il, dans Rue des maléfices sous le nom de l'Harmonica (nous n'avons pas cet excellent livre sous les yeux...), accompagna Fréhel lors de ses derniers concerts. Le fameux bal des tatoués organisé par Giraud et Mérindol dont nous avons déjà parlé ici.
Voici une autre version de ces derniers concerts, extraite donc du Peuple des Berges, où le père Léon tient le rôle principal :


   ...Et puis l'harmonica. C'est une musiquette de quatre sous, qu'il porte sans encombre dans une poche de son gilet. Elle lui suffit pour s'accorder quelques heures de rêve. Elle lui permet de régaler un quarteron de bons amis d'un concert improvisé à l'occasion. Quelquefois, Léon se hasarde à jouer un air ou deux dans un bistrot et il récolte quelques piécettes. Celles-ci transformées en verres de gros rouge, c'est encore du rêve et du bon temps que lui a procurés son harmonica...
   "J'ai jamais appris la musique, déclare fièrement Léon. Pourtant je joue tous les airs. Il me suffit de les avoir entendus une seule fois..."
    C'est vrai. Vous pouvez demander à Léon n'importe quelle rengaine. Comme par enchantement, le minuscule instrument jaillit de sa poche, brille un instant au creux de sa main, puis Léon semble l'avaler... Et, de derrière les deux mains jointes en coquille sur la bouche, le clochard laisse écouler en notes aigrelettes les "amours...toujours" des poésies du trottoir et du bal musette.
    D'ailleurs cet harmonica de gosse a valu son heure de célébrité à Léon, là-haut, place de la Contrescarpe. Il aime le rappeler.
    "Tiens, quand j'étais artiste, c'était la belle vie! ..."
    Et s'il devine un soupçon de scepticisme chez son interlocuteur, il s'enflamme :
    "Oui, artiste... Et comment ! J'étais "ensemble" avec Fréhel, dans un bal musette de la Contrescarpe. Je l'accompagnais..."
   C'était peu avant la mort de la grande artiste.
   Dans une misère noire, Fréhel terminait sa carrière, comme elle l'avait commencée soixante ans auparavant peut-être, en poussant la goualante dans un "musette". Ce n'était plus la gamine qu'on hissait sur une table, mais une pauvre vieille toute fripée, au corps douloureux, cassé, usé par la misère et trop de tentations de suicide - habillée en fille de la Halle : jupe noire plissée, socquettes rouges dans les pantoufles éculées. Mais la voix était restée la même.
    Quand elle disait à Léon "Vas-y, minet vert..." et que s'élevait la chanson banale et éternelle des amours de la rue, la salle chavirait. Tous, calicots en goguette, petites ouvrières trop jeunes pour avoir connu la Grande Fréhel, flambeurs, filles et maquereaux, tous, silencieux, écrasés, écoutaient la voix chaude, magnifique, vibrante de poésie.
    Fréhel savourait encore les applaudissements. On ne les lui marchandait pas. Pas de claque, pas de frime. C'était du sincère. Léon la Lune en prenait sa part.
    "Oui soupire-t-il, c'était le bon temps ! Quel succès on avait ! Il fallait que je rejoue, même quand elle avait fini son tour. Elle partait de bonne heure pour rentrer chez elle, là-bas, à Montmartre... Moi, je restais... Elle m'avait fait donner une belle musique toute neuve. On me l'a volée. J'ai pas eu de chance. Enfin, c'est la vie..."

  Léon la Lune rue Mouffetard, on aperçoit Giraud à l'arrière-plan

* De Giraud chez le même éditeur
Carrefour Buci
Faune et Flores argotiques
Les lumières du zinc
Paris, mon pote.

** Robert Giraud, Le vin des Rues
    Jean-Paul Clébert, Paris insolite
    Jacques Yonnet, Rue des Maléfices.

*** Voir Louis Chevalier, L'assassinat de Paris.     

**** Sur  l'armée du salut et le parcage des pauvres,  voir Jack London, Le peuple d' en bas et aussi Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell.



Post scriptum. Vous trouverez par ailleurs sur ce blog même une interview poignante de Fréhel à l'époque de ses derniers concerts.

    Signalons encore une fois l'excellent blog d'Olivier Bailly, Le copain de Doisneau, consacré à Robert Giraud et à sa galaxie. Vous trouverez notamment de plus amples informations sur Léon la Lune,sur le film que Jessua lui consacra (qu'on aimerait bien visionner...à bon entendeur) ainsi qu'une troisième version de ces derniers concerts de Fréhel d'après les souvenirs de Giraud (encore!) et de son complice Pierre Mérindol.
    Bailly signe par ailleurs la préface du Peuple des berges ainsi qu'une biographie de Giraud, Monsieur Bob. Qu'il soit ici vivement remercié pour tout le boulot fourbi !
  
  


Fréhel, La rue sans nom

jeudi 17 octobre 2013

Les Problèmes sont les rois du Garage rock !


Vous ne rêvez pas !
Ce rock furieux qui ne déparerait pas une compil Nuggets ou Peebles (collection des 45 tours obscurs conçus par les plus excités des années 60) est non seulement l'oeuvre d'un groupe franco-portugais (Lui Rego à droite sur la photo du disque) mais en plus ces gugusses qui ont longtemps accompagné Antoine ne vont pas tarder à se transformer en "Les Charlots" pour expérimenter des choses bien plus lourdingue que cette aimable fantaisie avant de conduire une carrière cinématographique sous le signe du désastre.



dodécaphonisme /dɔ.de.ka.fɔ.nism/ masculin
  1. (Musique) Technique de composition musicale sur les douze sons de la gamme chromatique, c'est-à-dire les douze notes contenues à l'intérieur d'une octave.
    • Le dodécaphonisme a été mis au point par les compositeurs Arnold Schoenberg et Josef Matthias Hauer.
  2. Style musical qui est issu de cette technique de composition.